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Alternative pour l'Allemagne
Alternative pour l'Allemagne
Fondation

6 février 2013

Président

Frauke Petry

Personnages clés

Bernd Lucke
Frauke Petry
Björn Höcke

Positionnement

Droite

Idéologie

Euroscepticisme
Nationalisme
Conservatisme
Libéralisme

Adhérents

18 612


Alternative pour l'Allemagne (allemand : Alternative für Deutschland ; AfD) est un parti politique allemand fondé en 2013.

Bien que sa percée électorale dans les années 2010 corresponde à la situation générale en Europe, il s'agit de la première fois qu'une force politique de la droite radicale s'installe dans la vie politique depuis la fondation de la République fédérale d'Allemagne en 1945.

Histoire Modifier

Les premiers succès (2013-2015) Modifier

Alternative pour l'Allemagne est fondé le 6 février 2013 par Bernd Lucke, professeur d'économie de l'université de Hambourg. C'est à l'origine un parti eurosceptique s'opposant à l'euro mais pas à la construction européenne. Son discours trouve écho en période de crise économique européenne chez des contribuables allemands agacés de devoir transférer d'importantes sommes d'argent pour soutenir les efforts d'autres pays en crise dans la zone euro[1].

Pour son premier test électoral, les élections fédérales du 22 septembre 2013, le parti remporte 4,7% des voix, manquant de quelques 130 000 voix les 5% nécessaires pour entrer dans le parlement allemand. L'année suivante, avec 6,5% des voix, il parvient à faire élire sept députés au Parlement de Strasbourg lors des élections européennes. Son succès se poursuit dans les élections régionales de la même année qui lui permettent d'entrer dans les conseils de chaque länder où il présente des candidats : Saxe (9,7%), Brandebourg (12,2%), Thuringue (10,6%). En 2015, c'est dans Hambourg (6,1%) et Brême (5,5%)[2][3].

Revirement idéologique (2015) Modifier

Un conflit idéologique oppose le fondateur Bernd Lucke et l'aile national-conservatrice du parti, incarnée par Frauke Petry et soutenue par des retraités, des entrepreneurs en difficulté et des anciens militants d’extrême-droite. C'est cette dernière qui sort vainqueur de la lutte en étant élue présidente du parti par 60% au congrès d'Essen début juillet 2015, tandis que l'ancien chef décide de partir avec d'autres. Le parti, jusque-là assez modéré et soucieux de rester académique pour ne pas paraître populiste, prend un virage à droite en des accents plus identitaires[4][5][6][7].

Cette lutte qui aurait pu coûter son succès au parti ne l'affaiblit que provisoirement car la décision d'Angela Merkel d'accueillir 800 000 migrants (plus d'un million dans les faits) en fin d'année 2015 soulève l'inquiétude d'une partie croissante de l'opinion allemande. Cette politique d'immigration menée par la droite et soutenue par tous les partis du centre, de la gauche et de l'extrême gauche, laissant en proie la CSU à des convulsions politiques, et permettant à l'AfD d'émerger comme l'unique voix discordante et donc de renouer avec les succès sondagiers. « Un cadeau », reconnaît le vice-président, Alexander Gauland, ancien juriste et patron de presse. Quelques propos, comme Franke Petry suggérant aux forces de l'ordre de tirer sur les réfugiés dans le cadre de la loi, rendent le parti plus controversé, sans pour autant entamer son pouvoir de séduction puisqu'il progresse à 4% en septembre 2015, à 6% en octobre 2015, à 10% en décembre 2015 et enfin à 13% en janvier 2016 après les agressions sexuelles en Europe du 31 décembre 2015 commises par des migrants, faisant de lui la troisième force dans les sondages après la CDU et le SPD. Des voix politiques et médiatiques s'élèvent cependant contre l'invitation de dignitaires du parti sur les plateaux de télévision[8][9][10].

Scrutins régionaux de 2016 et 2017 Modifier

Lors des élections municipales de Hesse fin février, le parti s'impose troisième et obtient même 10,3% à Francfort. Encore trop récent, il préfère se cantonner à un rôle d'opposition plutôt que de former des coalitions[11].

Le premier scrutin qui marque l'installation durable du parti dans la vie politique allemande est celui des élections régionales partielles de 2016 où trois État-régions votent le 13 mars, sorte de premier test électoral pour la chancelière Merkel depuis sa politique migratoire avant les élections fédérales de 2017. Les sondages indiquent que l'AfD sortira comme troisième force dans chaque région avec des scores supérieurs à 10% partout, et même proche de 20% dans la Saxe-Anhalt, devant les Verts et le Parti libéral[12][13].

Le 13 mars, au terme d'une campagne où Franke Petry et l'immigration ont été marqué la cadence, les résultats s'avèrent meilleurs qu'annoncés puisqu'ils obtiennent 12,6 % en Rhénanie-Palatinat (troisième position derrière le SPD et la CDU), 15,1 % dans le Bade-Wurtemberg (quatrième après les Verts, la CDU et le SPD à 13%) et plus de 24,2 % en Saxe-Anhalt (deuxième position derrière la CDU) alors que la participation est en hausse par rapport aux précédents scrutins. Il siège désormais dans sept États-régions sur seize. Son pouvoir de nuisance a privé la CDU de victoires dans deux régions qui lui étaient promises quelques mois plus tôt et l'a affaiblit dans celle qu'elle conserve. De plus, dans Bade-Wurtemberg et la Saxe-Anhalt, CDU et SPD n'ont pas assez de sièges pour former une coalition et refusent de dialoguer avec l'AfD qui a de toute manière fermé la porte à des négociations[14][15][16].

Ces scores supérieurs à 10% font de l'Alternative un parti d'importance moyenne dans la vie politique allemande comparés aux scores à près de 30% que font chacun la CDU et le SPD, mais son émergence affaiblit de facto les partis traditionnels et rendent plus difficile la formation des coalitions de gouvernement à venir. C'est d'abord contre eux qu'est dirigé ce vote. L'Allemagne connait à son tour le phénomène du populisme qui s'épanouit ailleurs en Europe et, pour la première fois, un parti à la droite de la CDU, différent de la droite démocrate-chrétienne habituelle, apparaît en Allemagne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce succès est considéré comme la première vraie fissure dans la social-démocratie modérée allemande créée dans l'après-guerre[17][18][19].

Plus tard dans l'année, le 3 septembre, l'AfD fait de nouveau impression en se plaçant deuxième avec 21% des voix en Mecklembourg-Poméranie, un länder de moindre importance mais qui est la terre d'élection d'Angela Merkel dont la CDU est dépassée avec 19%, tandis que le SPD l'emporte avec 30%. L'AfD décroche ainsi des sièges dans un neuvième länder (sur seize) en devenant la principale force d'opposition. A Berlin, il fait son entrée au conseil municipal le 19 septembre avec un score de 11,50% à 12,50%, qui ne le place que cinquième mais qui affaiblie le SPD et la CDU[20][21].

En 2017, l'AfD entre dans deux nouveaux parlements régionaux en obtenant 6% des voix en Sarre le 27 mars et en récoltant 7,7% en Rhénanie du Nord le 14 mai[22][23].

Positionnement politique Modifier

Le parti est tiraillé en interne par plusieurs lignes ou sensibilités. Ainsi le fondateur, Bernd Lucke, est d'abord un professeur universitaire eurosceptique, tandis que son successeur à la tête du parti, Frauke Petry, incarne l'aile national-conservatrice plus à droite qui investit le parti sur le sujet de l'immigration, mais qui se trouve elle-même contestée par une aile modérée (ex : Jörg Meuthen). Björn Höcke est connu pour ses liens avec PEGIDA et des néonazis. Des politologues considèrent au contraire que Franke Petry a pérennisé le succès du parti en l'empêchant de n'être qu'une formation de témoignage sur un sujet unique qu'est l'Union européenne[24][25].

En politique étrangère, il est critique envers les États-Unis et favorable à la Russie de Vladimir Poutine. Il s'oppose au traité de libre-échange transatlantique[26].

Image publique Modifier

Classification académique Modifier

Le positionnement politique de l'AfD est sujet à une querelle académique. Il est généralement considéré comme un parti de droite, situé entre l'Union chrétienne-démocrate et l'extrême-droite, mais son évolution en 2015 le fait qualifier de « populiste ». Les cadres de l'AfD se définissent plutôt comme des « conservateurs de droite» ou des « libéraux de droite »[27].

Rapports à la classe politique allemande Modifier

La chancelière Angela Merkel les accuse d'« attiser les préjugés » à l'encontre des migrants et son ministre des Finances Wolgang Schäuble a parlé de « honte pour l'Allemagne ». Sigmar Gabriel, le vice-chancelier, considère qu'« il y a de quoi douter que l'AfD respecte les principes de la démocratie » quand Frauke Petry a parlé de tirer sur les réfugiés et que Beatrix von Storch, une de ses adjointes, a précisé « y compris les femmes et les enfants ». Tous les partis politiques ont exclu de former une alliance avec eux[28][29][30][31].

Rapports à l'extrême-droite et ses affiliés Modifier

Ses liens avec Pegida, mouvement déstructuré généralement qualifié d'islamophobe, sont questionnés et à l'évidence compliqués, certains souhaitant être l'antichambre électorale du mouvement, d'autres refusant de s'aventurer à nouer des liens avec un mouvement contesté[32].

La presse française qualifie presque unanimement le parti d'« extrême-droite » et convoque le Front national et Marine Le Pen pour le présenter dans ses articles. Mais l'étiquette est rejetée par les cadres de l'AfD et les liens avec le FN français sont inexistants, les deux partis siégeant dans des groupes différents au Parlement européen. C'est précisément pour éviter d'être affilié à des partis controversés que l'AfD soigne son image et instaure les blocages avec l'extrême-droite européenne. Björn Höcke a d'ailleurs été désavoué quand il a salué les résultats du FN pour les élections régionales françaises de 2015. Le parti français, quant à lui, sans être accessible pour eux, salue leurs scores des élections régionales de mars 2016 et assure avoir des liaisons très embryonnaires avec eux via le FPÖ autrichien[33].

Électorat Modifier

Un sondage Ifop de mars 2016 confirme que la crainte de l'immigration et de l'islam sont les principaux moteurs du vote pour l'AfD. La première motivation est, à plus de 70%, un lancement d'alerte en direction des partis établis[34][35].

Les chômeurs et les ouvriers sont les principaux électeurs du parti, suivis des employés et des indépendants, alors que les fonctionnaires et les retraités restent réfractaires. L'électorat est donc plutôt jeune, la principale tranche à voter pour eux étant celle des 30-44 ans, puis des 18-29 ans et des 45-59 ans, loin devant les 60 ans et plus, mais pas vraiment des sans-diplômes ou des peu qualifiés, plutôt des qualifications intermédiaires craignant le déclassement social. L'ensemble de l'électorat du parti est très masculin. Il puise essentiellement chez les abstentionnistes et chez les anciens de la CDU rebutés par la politique d'Angela Merkel, mais aussi de façon importante chez les partis de gauche et de centre-gauche. Cet électorat ressemble donc à ceux d'autres formations qualifiées de populistes en Europe[36]

Article Modifier

Références Modifier

  1. Allemagne: l'AfD, de la lutte contre l'euro au discours anti-réfugiés
  2. Allemagne: l'AfD, de la lutte contre l'euro au discours anti-réfugiés
  3. L’« Alternative pour l’Allemagne » : Le parti s’établira-t-il sur la droite de l’échiquier politique allemand ?
  4. Allemagne: l'AfD, de la lutte contre l'euro au discours anti-réfugiés
  5. Frauke Petry (Alternative für Deutschland): la Marine Le Pen allemande ?
  6. Le parti d’extrême droite AfD s’impose sur la scène politique allemande
  7. Allemagne : "C'est Frauke Petry qui a amené un nouveau vent dans ce parti"
  8. Allemagne: l'AfD, de la lutte contre l'euro au discours anti-réfugiés
  9. Le parti d’extrême droite AfD s’impose sur la scène politique allemande
  10. La percée de l’extrême droite en Allemagne
  11. L'Allemagne redécouvre l'extrême droite
  12. Allemagne: l'AfD, de la lutte contre l'euro au discours anti-réfugiés
  13. Merkel fragilisée après le succès électoral du parti populiste AfD
  14. Le parti d’extrême droite AfD s’impose sur la scène politique allemande
  15. La percée de l’extrême droite en Allemagne
  16. Frake Petry, la pyromane anti-Merkel
  17. Allemagne : élections régionales sur fond de crise des réfugiés
  18. L'Allemagne redécouvre l'extrême droite
  19. Régionales en Allemagne : percée populiste de l'AfD, revers pour la CDU de Merkel
  20. Régionale en Allemagne: les populistes deuxièmes, devant la CDU de Merkel
  21. À Berlin, un nouveau vote sanction contre Merkel
  22. En Sarre, Schulz ne fait pas trembler Merkel
  23. Élections en Rhénanie du Nord: une victoire de bon augure pour Merkel
  24. Le parti d’extrême droite AfD s’impose sur la scène politique allemande
  25. L’« Alternative pour l’Allemagne » : Le parti s’établira-t-il sur la droite de l’échiquier politique allemand ?
  26. Le parti d’extrême droite AfD s’impose sur la scène politique allemande
  27. Allemagne: l'AfD, de la lutte contre l'euro au discours anti-réfugiés
  28. Allemagne: l'AfD, de la lutte contre l'euro au discours anti-réfugiés
  29. Allemagne : élections régionales sur fond de crise des réfugiés
  30. Frauke Petry (Alternative für Deutschland): la Marine Le Pen allemande ?
  31. Le parti d’extrême droite AfD s’impose sur la scène politique allemande
  32. Le FN salue la percée de l'AFD, son faux-frère allemand
  33. Le FN salue la percée de l'AFD, son faux-frère allemand
  34. La percée de l’extrême droite en Allemagne
  35. Elections en Allemagne : "L'AFD, c'est un peu le Front national version Marine Le Pen" (Barbara Kunz)
  36. En Allemagne, l'électorat de l'AfD ressemble à celui du FN

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