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Les attentats déjoués de septembre 2016 font référence à une double-enquête ouverte par le parquet de Paris après la découverte d'une voiture suspecte dans un quartier touristique de la capitale et d'un attentat déjoué non précisé, manifestement en lien avec l'État islamique.

Le procureur de Paris François Molins explique dans une conférence de presse tenue le 9 septembre : « Cette organisation entend faire des femmes des combattantes. Si les femmes ont pu d'abord sembler être confinées à des tâches familiales et domestiques par l'organisation terroriste Daech, force est de constater que cette vision est aujourd'hui largement dépassée »[1].

Contexte Modifier

Depuis le début de l'année 2015, la France a été frappée par une série d'attentats islamiques meurtriers ayant fait pratiquement 250 morts, dont les plus sanglants ont été ceux de Charlie-Hebdo et de Paris. Depuis cette dernière attaque, l'état d'urgence a été mis en place et continuellement reconduit. Pendant l'été 2016, l'attentat de Nice a fait 86 mort et celui de Saint-Étienne-du-Rouvray a choqué par l'égorgement d'un prêtre dans son église pendant l'office.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé que 260 personnes ont été arrêtée depuis le début de l'année en lien avec le terrorisme.

Le patron de la DGSI avait prévenu que la voiture piégée deviendrait probablement un nouveau mode opératoire des djihadistes.

Déroulement des faits Modifier

Voiture aux bombonnes

Le dimanche 5 septembre, à 03h33, un garçon de café constate le stationnement d'une Peugeot 607 aux warnings allumés, sans passager et sans aucune plaque d'immatriculation, à l'angle de la rue Bûcherie et de la rue du Petit Pont, donc à proximité de la cathédrale Notre-Dame de Paris, dans le 5e arrondissement de Paris. A l'intérieur sont découvertes six bonbonnes de gaz dont une seule est vide mais sans qu'aucune ne soit reliée à un détonateur. Elle stationne depuis deux jours et plusieurs appels sans suite avaient été lancés[2][3].

Ouverture de l'enquête Modifier

Enquête sur la voiture aux bonbonnes Modifier

Entre le 5 et le 9 septembre, un réseau djihadiste de jeunes femmes radicalisées est démantelé. Elles prévoyaient un attentat téléguidé par des membres de l'État islamique basés en Syrie[4].

Le coffre de la voiture comprend cinq bonbonnes de gaz, trois bouteilles portant des traces de gazole et une cigarette à peine consommée à côté d'une couverture comportant des traces d'hydrocarbure. Si un incendie avait été provoqué par cette cigarette, l'explosion d'une seule bonbonnes aurait suffit à faire sauter le véhicule. Ceci motive l'ouverture d'une enquête pour "association de malfaiteurs terroristes criminels" par la section antiterroriste du parquet de Paris. L'investigation est confiée en co-saisine à la section antiterroriste de la brigade criminelle de Paris, à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et à la Sous-direction de l'antiterrorisme de la direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ)[5].

La vignette d'assurance du véhicule et l'investigation permettent de déterminer que le véhicule appartient à un père de cinq filles originaire Seine-Saint-Denis (93). Une des filles, Inès Madani, née le 15 mars 1997, est fichée S pour ses velléités de départ vers la Syrie et n'est pas rentrée à son domicile depuis plusieurs jours[6].

Le 6 septembre, Ornella Gilligman, née le 25 mai 1987, dont les empreintes papillaires ont été retrouvées sur la voiture, est interpellée avec son compagnon dans le sud et mise en examen pour "association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste criminelle" et "tentative d'assassinats en bande organisée". Son compagnon est lui relâché. Elle aussi est fichée S pour ses velléités de départ. D'après Le Journal du Dimanche, elle a cité la tour Eiffel comme cible de la voiture pendant son audition. Elle est mise en examen et écrouée le 10 septembre[7][8][9].

Enquête les trois femmes djihadistesModifier

Le 8 septembre, ayant été averti d'un violent projet d'attentat terroriste imminent par la DGSI, le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour "association de malfaiteurs terroristes". La DGSI et la Sous direction antiterroriste identifient et localisent avec succès plusieurs protagonistes du projet, notamment le domicile d'Amel Sakaou à Boussy Saint-Antoine (Essonne).

Sur place, des policiers en voiture banalisée voient sortir trois filles de l'immeuble : Amel Sakaou, Inés Madani et Sarah Hervouët. Sur le parking où est garée la voiture d'Amel Sakaou, elles tournent en rond avant que Sarah Hervouët ne coure en direction du véhicule banalisé et n'enfonce un violent coup de couteau de cuisine d'une lame de 20 cm à l'épaule gauche du policier par la fenêtre ouverte. Les trois femmes prennent la fuite et Inés Madani se jette avec un couteau à la main sur un policier arrivant dans l'autre sens. Le fonctionnaire se défend avec son arme, blessant Inés Madani à la cuisse et à la cheville. Les trois femmes sont interpellées et placées en garde-à-vue pour "association de malfaiteurs terroristes" et "tentative d'homicide volontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique", tous deux "en relation avec une entreprise terroriste". L'une d'elle est emmenée en même temps qu'elle crie « Allah Akbar! »[10][11].

  • Inés Madani détenait les clés de la Peugeot 607 du 5e arrondissement et un document manuscrit dans lequel elle prête allégeance à l'EI et à son calife (étant notamment écrit "A l'appel de Al-Adnani, je vous attaque dans vos terres afin de marquer vos esprits et de vous terroriser"). L'exploitation de son ordinateur familial révèle de nombreuses images de propagande de l'EI.
  • Sarah Hervouët, née le 6 août 1993, entièrement voilée au moment des faits, est une convertie connue pour ses liens étroits avec la mouvance djihadiste, étant notamment l'ancienne promise des terroristes Larossi Abbala et Abdel Kermiche, et fait l'objet d'un fichage S depuis qu'elle a tenté de rejoindre la Syrie en 2015. Le 8 septembre aux Mureaux, l'homme qui s'apprêtait à se marier religieusement à elle est interpellé : Mohammed Lamine A., né le 11 septembre 1993 et connu pour être radicalisé, étant aussi frère d'un mis en examen écroué de l'attaque de Mangnanville. Un testament à son nom est découvert sous son lit à son domicile[12].
  • La fille aînée d'Amel Sakaou, née le 23 septembre 2000 (presque 16 ans), est interpellée à Clichy-sous-Bois le 9 septembre. Elle est susceptible d'être impliquée dans l'attaque. Sept bouteilles en verre vides avec à côté ce qui peut s'apparenter à des mèches artisanales en papier sont découvertes à son domicile et des jerrycans de 5 litres avec des résidus de carburants le sont également dans sa voiture[13].

Conséquences Modifier

Le criminologue Alain Bauer souligne qu'il s'agit là d'un exemple de l'investissement citoyen dans la lutte contre le terrorisme. Selon lui, c'est la preuve que les Français sont conscient d'avoir un rôle à jouer[14].

Références Modifier

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