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L'exclusion de Jean-Marie Le Pen du Front national est votée le 20 août 2015 par le bureau exécutif au terme d'une crise interne commencée le 2 avril. Une série de déclarations du président d'honneur dans deux interviews conduit le FN à s'en démarquer. Marine Le Pen décide de sa suspension le 4 mai mais Jean-Marie Le Pen engage des procédures judiciaires pour restaurer sa place. L'affaire, considérée comme un point d'orgue de la dédiabolisation du parti, connaît un grand retentissement médiatiquement national et un écho international notable.

Contexte Modifier

Montée du Front national Modifier

Depuis qu'elle a été élue à la tête du Front national en janvier 2011, Marine Le Pen poursuit une stratégie de normalisation de son parti, qualifiée de "dédiabolisation" en réaction au surnom affublé à son père Jean-Marie Le Pen de "Diable de la République". Elle consiste à modifier le programme, notamment en matière économique avec un tournant étatiste, inspiré par son conseiller Florian Philippot, qui lui valent à partir de 2014 d'être comparée à l'extrême-gauche par la droite et au Parti communiste français des années 1970 par le président de la République François Hollande. Mais surtout, il s'agit d'écarter toute accusation de racisme ou de xénophobie en condamnant les propos de Jean-Marie Le Pen et d'exclure les membres et candidats sulfureux, de prendre ses distances avec les groupuscules identitaires, et de faire monter une nouvelle génération politique pour remplacer la précédente, à l'image de l'élection de Steeve Briois à la mairie d'Hénin-Beaumont en 2014. La nouvelle ligne conduite permet au parti de sortir de sa mauvaise passe des années 2000 qui a vu se succéder échecs électoraux et difficultés financières. Il obtient son meilleur score à une élection présidentielle en 2012, force les portes de l'Assemblée nationale et du Sénat en y envoyant deux élus dans chaque chambre malgré le mode de scrutin, accède à des seconds tours dans des législatives partielles sans jamais les gagner cependant, et surtout crée une onde de choc en France et en Europe en arrivant en tête des élections européennes de 2014 envoyant ainsi vingt-trois députés au Parlement européen. Aux élections départementales de 2015 toutefois, le parti n'arrive pas en tête comme l'annonçaient les sondages mais derrière l'UMP et avec une meilleure résistance des socialistes, et ne remporte aucun département au second tour malgré de réels espoirs comme dans le Vaucluse ou l'Aisne. Le chef du PS Jean-Christophe Cambadélis estime que Marine Le Pen se serait questionnée sur la stratégie de Florian Philippot, conseiller puissant et décrié par un frange du parti, qui l'accuse de saper l'Histoire du mouvement et qui tousse quand il tient son discours auto-gestionnaire[1].

Place de Jean-Marie Le Pen Modifier

Concernant Jean-Marie Le Pen, il s'est lui-même créé le poste de président d'honneur dans des statuts qui lui permettent de siéger dans toutes les instances du parti, des statuts qui ne peuvent être remis en cause que par un congrès. Les rumeurs ont enflé sur ses mauvaises relations avec des conseillers "chevénementistes" de Marine Le Pen, en particulier Florian Philippot, mais le parti a toujours pris soin d'afficher une parfaite union quand ses deux autres adversaires, UMP et PS, souffrent de divisions multiples voire de crises internes. Cependant, les apparitions médiatiques du patriarche se font plus rares, et l'entourage de Marine Le Pen a semble-t'il cherché à l'empêcher de prendre la parole dans les médias, notamment dans la campagne départementale où il a tenté de faire décommandé une de ses invitations sur France Inter pour le remplacer par la présidente. Cependant, c'est Jean-Marie Le Pen qui y est allé, et qui a aussi participé à une émission sur Canal Plus.

Interviews de Jean-Marie Le Pen Modifier

Bourdin Direct (2 avril) Modifier

Après un succès en demi-teinte aux élections départementales, Jean-Marie Le Pen est invité par Jean-Jacques Bourdin dans son émission quotidienne sur RMC et BFM TV le jeudi 2 avril 2015. Il est interrogé sur ses propos tenus il y a vingt-huit ans sur les chambres à gaz, lorsqu'il les avait qualifié de "point de détail de l'Histoire de la Deuxième Guerre mondiale", mais assure n'avoir regretté "à aucun moment" ses propos "qui correspondaient à [sa] pensée" et qu'il dit maintenir car "[il croit] que c'est la vérité et que ça ne devrait choquer personne". Il refuse de les décrire comme "une horreur absolue" selon les termes de Jean-Jacques Bourdin, répondant que "la guerre est horrible". Plus tard dans l'entretien, il se qualifie de gaullien mais refuse l'adjectif de gaulliste et, interrogé sur la présence d'un "fervent gaulliste" au FN en la personne de Florian Philippot, il assure qu'il y a aussi "de fervents pétainistes, de fervents patriotes". Il fait aussi part d'un divergence d'analyse avec sa fille car lui considère que les polémiques profitent au parti quand elle explique dans Causeur qu'elle freinent sa progression, et lui pense que le FN est encore contestataire alors que le voit comme un parti de gouvernement[2].

Rivarol (9 avril) Modifier

La semaine suivante, la presse se fait l'écho d'un entretien donné par le patriarche au journal Rivarol, classé à l'extrême-droite avec lequel le FN est en conflit, publié le 9 avril. L'interview s'est faîte en deux temps : une rencontre chez Jean-Marie Le Pen pendant l'entre-deux-tours des départementales et une conversation téléphonique après le passage chez jean-Jacques Bourdin. Seuls son majordome et sa femme Jany en étaient informés. Outre un propos réitéré sur le maréchal Pétain qu'il ne prend pas pour un traître, il prévient qu'il ne changera pas d'opinion sur les chambres à gaz, arguant "J'ai cessé de marcher à quatre pattes depuis l'âge de 18 mois. Je ne suis pas l'homo a plat ventrus". Il s'interroge sur la valeur du Premier ministre Manuel Valls, "Français depuis trente ans" tandis que lui l'est "depuis mille ans", et déplore que la France soit gouvernée "par des immigrés et des enfants d'immigrés à tous les niveaux" et cite des élus locaux d'origine italienne comme Christian Estrosi, Thierry Mariani et Éric Ciotti. Il propose aussi la création d'une "Europe boréale" avec la Russie pour préserver "le monde blanc", l'immigration musulmane étant "une menace" et le million de Chinois présent en France "des gens intelligents, actifs, discrets mais néanmoins puissants et redoutables". Il s'élève également contre les références très nombreuses à la République dans les discours de personnalités politiques de droite et de gauche mais précise ne pas être monarchiste pour autant. Concernant le FN, il confirme la présence de plusieurs personnes homosexuelles, ce qu'il explique par l'absence de responsabilités familiales et donc un temps plus libre, qui vivraient en internes dans une forme de "communauté". Il critique surtout la nouvelle ligne insufflée par le parti dont il tient responsable Florian Philippot qu'il vise à travers sa critique de Jean-Pierre Chevènement, un "homme tout à fait détestable" à l'influence "nocive", dont le patriotisme dissimule le marxisme, une idéologie qu'il conteste en rappelant qu'il est pour sa part libéral économiquement[3][4].

Conséquences Modifier

Réactions au Front national Modifier

Journal de 20 heures de TF1 du 9 avril Modifier

Défilé du 1er mai 2015 Modifier

Vote du 4 mai 2015 Modifier

En bureau politique, Marion Maréchal-Le Pen refuse de prendre part au vote mais son grand-père l'y force dans l'espoir probable qu'elle le soutienne mais elle soutient finalement la motion[5].

Jean-Marie Le Pen se répand ensuite dans les médias, comme sur Europe 1 et France 2 le 5 mai, sur Radio Courtoisie le 11 mai et sur BFM TV le 13 mai.

Poursuites judiciaires de Jean-Marie Le Pen Modifier

Impact politique Modifier

Traitement par la presse Modifier

La journaliste Catherine Nay pense que Jean-Marie Le Pen chercherait aussi à protéger sa fille en lui évitant d'avoir le pouvoir de peur qu'elle ne réponde pas aux attentes de ses électeurs, et penserait que les conseillers de sa fille ont tort de croire aux effets bénéfices d'une victoire ("Dieu nous garde d'avoir le pouvoir" dirait-il)[6].

Opinion publique Modifier

Brice Teinturier, de l'institut de sondages Ipsos, relève que le FN, depuis son demi-succès aux élections départementales, peine à progresser dans l'opinion, qui le juge d'extrême-droite à 78%, xénophobe à 61% et dangereux pour la démocratie à 60%, dans une étude réalisée aux alentours du 1er mai[7].

Résultat des élections régionales Modifier

Interventions médiatiques Modifier

Articles Modifier

Références Modifier

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