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François Fillon.JPG
François Fillon
Informations biographiques
Naissance

François Charles Armand Fillon
4 mars 1954
Le Mans (Sarthe)

Décès

-

Nationalité

Française

Parti politique

RPR (1977-2002)
UMP (2002-2015)
LR (2015-...)

Conjoint(e)

Penelope Kathryn Clarke

Enfants

Marie
Charles
Antoine
Édouard
Arnaud

Diplôme

Université du Maine
Université Paris Descartes

Profession

Assistant parlementaire

Religion

Catholicisme

Résidence

Sarthe


François Fillon (4 mars 1954 - ...) est un homme politique français.

Diplômé en philosophie et en droit, François Fillon n’a pas envisagé de carrière politique. C’est le décès du député Joël Le Theule, pour lequel il travaillait comme assistant, qui lui fait reprendre les fonctions politiques du défunt. Encarté au RPR, son premier sillon politique se situe entre le gaullisme social de Philippe Séguin et le souverainisme de Charles Pasqua. Il évolue ensuite vers un néolibéralisme assumé et un européanisme raisonné, non sans conserver un conservatisme catholique et un gaullisme de diplomatie. Électoralement, sa carrière est faite de succès continus jusqu’aux élections régionales de 2004.

François Fillon est ministre de l’Enseignement supérieur dans le gouvernement Balladur puis ministre de la télécommunication dans le gouvernement Juppé entre 1993 et 1997. En 1999, il recueille 25% des voix à l’élection pour la présidence du RPR. Entre 2002 et 2004, nommé ministre des Affaires sociales, il réalise deux réformes majeures : l’assouplissement des 35 heures et la réforme des retraites. Il est ensuite ministre de l’Éducation nationale pendant un an (2004-2005). Après son soutien à Nicolas Sarkozy pour la présidence de l’UMP en 2004, il s’investie dans sa campagne électorale pour l’élection présidentielle de 2007.

Il est nommé Premier ministre par Nicolas Sarkozy après sa victoire et le reste jusqu’à la fin du mandat, cas unique dans l’histoire de la Cinquième République. Il s’agit du deuxième record de longévité à Matignon après celui de Georges Pompidou. A ce poste, François Fillon semble effacé par rapport au président de la République et doit souffrir d’être traité de « collaborateur » par ce dernier, formule demeurée célèbre. Démissionnant après la défaite de 2012, il est succédé par Jean-Marc Ayrault.

Il se présente à l’élection pour la présidence de l’UMP face à Jean-François Copé en 2012. L’élection, fortement contestée et entachée d’irrégularités, aboutit à la mince victoire de son rival. Il annonce ensuite sa candidature à la primaire présidentielle des Républicains de 2016 qu'il remporte au second tour avec 66,50% face à Alain Juppé, mais termine troisième à l'élection présidentielle de 2017 avec 20;01%, après une campagne marquée par une succession de révélations dans la presse qui ont conduit à le faire mettre en examen par la justice.

Jeunes années Modifier

Famille, études et jeunesse Modifier

Vie privée Modifier

Il est le père de cinq enfants : Marie (née en 1982), Charles (né en 1984), Antoine (né en 1985), Édouard (né en 1989) et Arnaud (né en 2001).

Carrière politique Modifier

Début en politique (1980-1993) Modifier

Gouvernements Balladur et Juppé (1993-1997) Modifier

Rapprochement de Jacques Chirac (1997-2002) Modifier

Gouvernement Raffarin (2002-2005) Modifier

Rapprochement de Nicolas Sarkozy (2005-2007) Modifier

Primature ministérielle (2007-2012) Modifier

Querelles à droite (2012-2014) Modifier

Au moment de cet échec, il s'imagine quitter l'UMP pour fonder son propre parti mais y renonce au nom de l'unité, ce qu'il regrettera ensuite.

Candidat à la primaire des Républicains (2014-2016) Modifier

François Fillon s'est déclaré candidat à la primaire UMP de 2016 pour être désigné par les militants candidat à la présidentielle de 2017. Il défend un programme de "rupture radicale", volontier néolibéral sur le plan économique, conservateur socialement, et offensif sur le plan de l'immigration. Il s'agit pour lui de réaliser 110 milliards d'euros par des mesures d'orthodoxie budgétaire (travail de 39 heures par semaines, retraite à 65 ans, suppression de l'ISF...)[1]. Il est cependant distancé dans les sondages par Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, mais considère qu'il quittera la vie politique s'il n'est pas élu en 2017. Il multiplie les déplacements en province et les prises de parole, déroulant progressivement son programme, en avance par rapport à ses deux autres concurrents[2].

Le 16 septembre 2015, il publie Faire chez Albin Michel, ouvrage de 320 pages qui mêle récit biographique et esquisse programmatique. Au total, il se vend à 87 000 exemplaires, ce qui en fait un des plus gros succès politiques de librairie lorsqu'on sait qu'une bonne vente se situe aux alentours de 10 000 livres[3][4].

Faisant sa rentrée habituelle à Sablé-sur-Sarthe le 28 août, François Fillon se fait remarquer lorsqu'il fustige indirectement Nicolas Sarkozy dans son discours : « Il ne sert à rien de parler d'autorité quand on n'est pas soi-même irréprochable. Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen ? »[5].

François Fillon AFP 2.JPG

Il dépose ses parrainages nécessaires à la Haute autorité de la primaire le 9 septembre 2016. Fort du soutien de 81 parlementaires, il en a obtenu le plus grand nombre après Nicolas Sarkozy. Il a cependant connu plusieurs défections au cours de sa campagne comme Éric Ciotti et Éric Woerth pour Nicolas Sarkozy ou Valérie Pécresse pour Alain Juppé. Il conserve cependant des soutiens proches : Jérôme Chartier, Valérie Boyer, Gérard Larcher, Gérard Longuet, Thierry Mariani,...

Les sondages montrent un frémissement autour du candidat après le premier débat du 13 octobre. Il reprend sa troisième place face à Bruno Le Maire qui entame une chute inexorable. Désormais, il progresse de 10% à 15%. Après une deuxième prestation réussite au débat du 3 novembre, Nicolas Sarkozy commente : « Quand je vois François Fillon, je comprend pourquoi je l'ai nommé Premier ministre ». Sa remontée devient significative au point que les observateurs commencent à spéculer sur son accession au second tour. Nicolas Sarkozy et Alain Juppé commencent dès lors à le cibler. Il semblerait que les attaques répétées de l'un contre l'autre autour de ses alliances avec les centristes aient détaché des électeurs qui auraient choisis une troisième voie. Il concentre ainsi l'attention au troisième débat le 17 novembre. Il reçoit alors le soutien de Valéry Giscard d'Estaing (mais il aurait été marchandé contre une renommage du musée d'Orsay à son nom)[6]. Dans les derniers sondages, il est donné à égalité en deuxième place et même en première place à 30% dans le dernier. Il tient un dernier meeting au palais des congrès à Paris qui rassemble 7 000 personnes[7].

Le 20 novembre 2016, à la surprise générale, François Fillon arrive largement en tête du premier tour avec 44,10% et se qualifie ainsi pour le second face à Alain Juppé (28,60%). Rapidement, il reçoit les soutiens de Nicolas Sarkozy (20,60%), de Bruno Le Maire (2,40%) et Jean-Frédéric Poisson (1,50%). Fort de 1 772 372 voix, il a remporté 87 départements. Plusieurs raisons sont invoquées pour expliquer cette percée foudroyante comme le vote catholique, la volonté d'écarter les deux favoris ou l'émancipation du candidat des seules questions économiques. Il avait ainsi publié Vaincre le totalitarisme islamique le 28 septembre.

Le début de l'entre-deux-tours est marqué par une offensive médiatique et juppéiste contre François Fillon. L'ancien Premier ministre est grimé en Margaret Thatcher en Une de Libération et dénoncé comme ultralibéral et réactionnaire par L'Obs[8]. Dès le lundi matin, Alain Juppé revient sur des propos anciens tenus par François Fillon au sujet de l'IVG en les exagérant[9]. 215 parlementaires des Républicains répondent par une tribune dans Le Figaro appelant à « élever le débat » en dénonçant des attaques déplacées[10]. Le parti dans son ensemble se range à 56% derrière sa candidature quand c'est moins de 25% pour son rival[11]. Celui-ci met alors l'accent sur quelques personnalités d'extrême-droite ayant exprimé une préférence pour François Fillon (Aymeric Chauprade, Carl Lang, Jacques Bompard)[12]. Patrick Buisson estime que « Fillon assume une droite conservatrice » face à Alain Juppé, représentant « de cette droite qui ne s'assume pas », ce qui lui fait dire que « dans l'histoire des idées, c'est un moment historique »[13]. Éric Zemmour admet que François Fillon incarne « une droite qui correspond à la [sienne] » tandis que le président russe Vladimir Poutine a des mots aimables à son égard[14][15]. Les deux rivaux se rencontrent dans le quatrième débat le 25 novembre, remporté par François Fillon selon un sondage[16]. Le lendemain, ultime jour de campagne des primaires, il visite Devialet, entreprise de haute-technologie en plein cœur de Paris, rencontre Mgr Petros Moshe, archevêque syriaque catholique de Mossoul et Qaraqosh, et tient un meeting le soir à la Porte de Versailles. Comme au meeting à Lyon le 22 novembre, d'anciens soutiens sarkozystes et lemairistes sont présents[17].

Totalisant 2 906 619 voix, il remporte le second tour avec un score 66,50% et reçoit le soutien de l'ensemble des anciens candidats, conformément aux engagements pris en début de campagne. Le succès de participation lui garantie un fonds financier important pour la campagne à venir. Il devient ainsi le premier candidat de droite non-coopté à une élection présidentielle française.

Campagne présidentielle de 2017 Modifier

Alors qu'il bénéficie initialement d'un effet de sa victoire dans les sondages en prenant la tête du premier tour, il est distancé par Marine Le Pen à partir du mois de janvier tandis que monte Emmanuel Macron. Son programme de santé est critiqué par le Front national et les candidats à la primaire socialiste. Sur les réseaux sociaux, des photos de sa présence à l'inauguration d'une mosquée à Argenteuil en 2010 resurgissent, fragilisant sa réputation lorsque des activistes de la "Fachosphère" le renomment « Farid Fillon ».

Après les révélations du PenelopeGate, des parlementaires comme George Fenech ou Henri Guaino demandent ouvertement à François Fillon de renoncer. L'intéressé se dit victime d'une cabale manigancée contre la droite et poursuit sa campagne, bien qu'elle rencontre de nombreuses difficultés sur le terrain. Le discours politique devient inaudible et plusieurs meetings sont repoussés ou annulés, ceux qui sont maintenus sont perturbés par des manifestations d'opposants. Le 13 février, George Fenech réunis 17 élus de son parti au restaurant le Bourbon pour évoquer la situation car beaucoup craignent les répercussions et attestent que des électeurs se tournent vers Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Le lendemain, une rencontre entre les parlementaires et le candidat se fait à l'Assemblée nationale. Le 14, François Fillon rencontre Nicolas Sarkozy. Dans les sondages, le soutien à François Fillon s'effrite tant dans les intentions de vote que dans la côte de popularité. Il cède la deuxième place à Emmanuel Macron pour le second tour et plafonne jusqu'à 17% puis remonte légèrement aux alentours de 20% mi-février sans reprendre le deuxième pôle. 65% des Français désapprouvent le maintien de sa candidature mais 70% des sympathisants LR la soutiennent[18][19][20][21].

Le 1er mars, il annonce lui-même dans une conférence de presse qu'il sera mis en examen lors d'une convocation le 15 mars. Il prévient cependant qu'il ne compte pas retirer sa candidature même s'il avait dit à maintes reprises qu'il se serait retiré en cette circonstance par le passé avant d'être mis en cause. « La France est plus grande que mes erreurs » se justifie t'il. L'ensemble des ténors de son parti le soutient mais l'UDI suspend sa participation et Bruno Le Maire démissionne de la campagne. Sa mise en cause de l'indépendance de la justice suscite la réprobation de François Hollande. L'après-midi, il visite sans incidence le salon de l'agriculture comme il devait le faire le matin. Le Journal du Dimanche publie quelques jours après le contenu des 19 interrogatoires par la justice auxquels il a eu accès[22][23][24][25][26].

Fillon Trocadero 5 mars 2017.JPG

Le 5 mars, il prend la parole à un rassemblement de soutien au Trocadéro. Les chiffres varient mais l'affluence est nombreuse. Luc Chatel, François Baroin et Malika Sorel sont présents sur l'estrade. Le soir, il établit un record d'audience au 20 heures de France 2 avec 7,8 millions de téléspectateurs pour le voir confirmer qu'il ne renonce pas à sa candidature. Le lendemain, Alain Juppé, évoqué comme recours, s'incline définitivement. Le soir, le bureau politique des Républicains apporte son soutien à l'unanimité au candidat[27].

Le 26 mars, plusieurs figures de la droite remettent leur dossier juridique à Eliane Houlette, patronne du Parquet national financier, et à François Molins, procureur de Paris, au sujet d'un cabinet noir, révélé quatre jours plus tôt dans un livre de journalistes, que François Hollande a utilisé pour espionner plusieurs de ses adversaires politiques. François Fillon n'est pas cité mais juge probable qu'il ait été mis sur écoute. Ils invoquent l’article 40 du code de procédure pénale et citent plusieurs infractions commises dont celles d'"association de malfaiteur", "corruption", "corruption des autorités judiciaires", "trafic d’influence", "atteinte à la vie privée", "atteinte au secret des correspondances", "abus d’autorité"," complicité de fraude fiscale", "violation du secret professionnel", "violation du secret de l’enquête"[28].

Positionnement politique Modifier

Pour le politologue Alain Duhamel, François Fillon et Alain Juppé sont du même sérail : la droite néo-gaulliste. Pour distinguer les deux finalistes de la primaire, il déclare que « Fillon est au point d'équilibre exact de la droite française alors que Juppé est au point d'équilibre exact de la société française »[29]. Son positionnement est néo-libéral économiquement, conservateur socialement et indépendantiste diplomatiquement. Autrefois proche de Philippe Séguin, qu'il cite encore comme son mentor, il fut classé parmi les gaullistes sociaux en début de carrière. D'abord opposant au traité de Maastricht, il s'est rallié à un européanisme raisonné, toujours favorable à une Europe des nations respectant leurs souverainetés, mais défendant une Europe resserrée en zone euro.

Il a cité Charles de Gaulle, Margaret Thatcher et Gerhard Schröder comme références. Henri Guaino parle alors de « synthèse immonde » entre gaullisme et thatchérisme. Le journal de gauche Libération a grimé François Fillon en Thatcher dans son édition du 22 novembre 2016. Pourtant, Jean-Louis Thiériot, auteur d'une biographie sur la Dame de fer, le juge plus proche du modèle allemand : « c'est l'ordolibéralisme qui permet de comprendre la cohérence du projet de François Fillon : synthèse de rigueur économique et de libertés tempérées, de solidarités naturelles et d'enracinement provincial, d'héritages assumés et de patriotisme serein »[30].

Propositions économiques et sociales Modifier

Son programme propose de réaliser 110 milliards d'euros d'économie en cinq ans, en rétablissant les 39 heures, supprimant l'impôt sur la fortune, refondant le code du travail. Il promet de supprimer 600 000 postes dans la fonction publique et d'y rétablir le jour de carence. Il faut également baisser les charges sur les entreprises en compensant avec une augmentation de la TVA de 3,5 points et reporter la retraite à 65 ans. Les régimes des retraites seront harmonisés, tandis que l'indemnisation chômage deviendra dégressive[31].

"Je propose de réduire, en cinq ans, les effectifs de la fonction publique de 600 000 postes" (Les Echos du 20 juin 2015)

Dans un entretien pour Les Échos publié le 25 novembre 2016, Dominique Stoppa-Lyonnet, porte-parole de François Fillon sur la santé, explique que « la solidarité ne peut pas tout prendre en charge. L’optique, le dentaire, les audioprothèses n’ont pas à être financés par l’assurance-maladie de base » , ajoutant aussi « le désordre digestif temporaire [et] la grippe [...], encore qu’une grippe peut être dramatique ».

Immigration Modifier

Dans un entretien au Figaro magazine en novembre 2014, il appelle à une politique d'État vis-vis de l'immigration, au même titre que la Défense. Le but est de réduire le nombre de 200 000 entrées par an. Il considère qu'avec un taux de chômage "le plus élevé de tous les pays européens et une situation économique et sociale très dégradée, nous ne sommes pas en mesure d'offrir un travail, un logement, un accès à toutes les prestations sociales à tous ceux qui aspirent à s'installer sur notre territoire".

Il demande à inscrire dans la Constitution une politique d'immigration basée sur la capacité d'accueil, les compétences professionnelles et les lieux d'émigrations a privilégier, qui serait fixée par un débat annuel au Parlement. Il est partisan de l'"immigration maîtrisée", et estime qu'il faut autoriser les quotas, ainsi que les statistiques basées sur les nationalités et les origines. Il évalue à presque la moitié des entrées sur le territoire celles liées au regroupement familial. Il veut donc rendre "plus sévère" ses conditions d'accès, et cible les ressources, le logement, la durée de résidence du regroupement, et la maîtrise de la langue par l'ensemble de la famille. Il propose de supprimer l'accès à l'aide médicale d'État deux ans après l'arrivée régulière sur le territoire, "insupportable" avec son coût de "presque d'un milliard d'euros de dépenses". Concernant l'immigration illégale, il appelle à signer un nouveau traité de Schengen, et à créer un corps de gardes-frontières européens.

"Disons-le clairement : c'est un leurre et une démagogie sans nom que de prétendre rétablir les frontières nationales" (p.58 de son programme)

"Je préconise que l'Etat crée des centres d'accueil pour les migrants. C'est la seule voie raisonnable" (sur France Inter le 26 septembre 2016)

Union européenne Modifier

Bien qu'il se déclare souverainiste en octobre 2016, François Fillon n'est pas partisan d'un véritable retour de la souveraineté française. A ses yeux, le grief à faire au traité de Maastricht rétrospectivement est d'avoir réalisé la monnaie unique avant l'harmonisation fiscale[32].

Affaires étrangères Modifier

François Fillon a dénoncé à plusieurs reprises l'alignement de la France sur les positions néoconservatrices des États-Unis. L'affaire de la BNP Paribas, lorsque la banque française s'était vue infliger une amende mirobolante par le droit international opportunément retourné par les États-Unis, il avait appelé à la réciprocité[33].

Il défend aussi le rééquilibrage des relations françaises en faveur de la Russie. « Au premier abord, il est fermé, réservé mais, malgré ses manières très européennes, il est capable de défendre son point de vue » considère Vladimir Poutine, qui le décrit également comme « grand professionnel, négociateur ardu » et « personne respectable ». Pour le président russe, qui rappelle qu'« il y a eu beaucoup de rencontres, nous avons développé des très bonnes relations », François Fillon « se distingue fortement des hommes politiques de la planète »[34][35].

En décembre 2016, François Fillon ne donne pas suite aux demandes de rencontre exprimées par le prince Mohammed Ben Salman, en voyage privé en France, alors que l'Arabie saoudite n'a pas signé les contrats promis à la France en échange de son alignement diplomatique sur Riyad. Sa victoire à la primaire un mois plus tôt a embarrassé l'Arabie qui préférait les positions moins hostiles d'Alain Juppé envers l'influence islamiste du royaume sunnite en France. Un diplomate observe qu'il est plus courant de voir les Saoudiens humilier les Français dans ces situations, comme le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault ignoré par le prince dans ce même voyage[36].

Sujets sociétaux Modifier

Front national Modifier

Après avoir appelé à voter pour le moins sectaire des candidats entre un socialiste et un frontiste pour des élections locales, il assure qu'il appellerait à voter pour le candidat socialiste dans une présidentielle face Marine Le Pen dont le programme est "une sorte de mélange entre l'extrême-gauche et l'extrême-droite"[37].

Polémiques et affaires Modifier

Soupçons d'ingérence judiciaire contre Nicolas Sarkozy Modifier

Le 6 novembre 2014, deux journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, publient Sarko s'est tuer, livre dans lequel ils affirment que François Fillon a demandé à Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de l'Elysée, lors un dîner au restaurant Ledoyen le 24 juin 2014, d'intervenir dans le processus judiciaire autour des affaires de Nicolas Sarkozy pour empêcher son retour. François Fillon et Jean-Pierre Jouyet démentent cette version. Les deux journalistes révèlent dans Le Monde le contenu enregistré d'un entretien avec Jouyet le 20 septembre à l'Elysée, dans laquelle ce dernier confirme la version du livre. François Fillon fait savoir qu'il portera plainte contre Le Monde et ses deux journalistes. Puis Jouyet donne une autre version qui épargne François Fillon, et le troisième homme qui a participé au dîner, Antoine Gosset-Grainville, déculpabilise aussi l'ancien Premier ministre. Le 9, interrogé sur TF1, Fillon accuse Jouyet de "mensonge"[38]. Des voix à l'UMP s'élèvent pour demander la démission de Jouyet, comme Bruno Le Maire.

Soupçons d'emplois fictifs de son épouse Modifier

Fin janvier, Le Canard enchaîné affirme que son épouse Penelope a empoché 500 000 euros d'argent public au titre d'assistante parlementaire de 1998 à 2002 pour son mari, de 2002 à 2007 pour son suppléant Marc Joulaud et de 2012 à 2013 pour son mari. François Fillon dit l'avoir embauché « en 1997 » mais précise aussi qu'elle travaillait bénévolement pour lui auparavant. Le journal soutient qu'il s'agit d'un emploi fictif dans la mesure où Penelope Fillon s'est toujours déclarée femme au foyer, qu'elle ne dispose ni de badge ni d'adresse mail à l'Assemblée nationale et que la permanence du député est son domicile. Le 1er février, Le Canard réévalue la somme à 831 440 euros brut en faisant état d'une embauche comme assistante parlementaire de 1988 à 1990 et repousse la fin du travail de 2012, comme affirmé plus tôt, au 30 novembre 2013, soit un mois avant l'obligation de transmettre ses déclarations de revenu et les noms de ses assistants parlementaires à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. La semaine suivante, pour la troisième fois, le journal aggrave les accusations en affirmant que Penelope Fillon a touché 16 000 euros en 2002 et 29 000 euros en 2013, soit un total de 45 000 euros en guise d'indemnité de licenciement lorsque son époux fut nommé ministre et l'a renvoyé avant les déclarations à la HATVP. Parallèlement, Penelope Fillon a perçu 100 000 euros pour sa collaboration passée à La Revue des deux mondes, dont le rédacteur-en-chef d'alors est un ami, pour deux à trois notes publiées, ce qui ne correspond pas à un travail de conseillère littéraire comme indiqué[39][40][41].

François Fillon dit aussi avoir engagé deux de ses enfants « qui étaient avocats, en raison de leurs compétences » : Marie Fillon pour un total de 57 000 euros bruts (2005-2006) et Charles Fillon pour plus de 26 600 euros (2006-2007), mais ils n'étaient pas avocat à ce moment-là[42].

Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet national financier le 25 janvier pour les chefs d'accusation de "détournement de fonds publics", "abus de biens sociaux" et "recel de ces délits". L'affaire est rapidement diligentée en raison du calendrier électoral. Michel Crépu, ancien directeur de publication de la Revue, et Christine Kelly, biographe du candidat, sont auditionnés, François Fillon remet à la justice des documents devant attester du travail de sa femme et la Haute Autorité pour la transparence doit transmettre la déclaration de patrimoine de François Fillon. Aussi, le couple Fillon est entendu par la justice et, pour la première fois, une perquisition est menée à l'Assemblée nationale. Au journal de 20 heures de TF1, le député de Paris se dit prêt à renoncer à sa candidature en cas de mise en examen. Le parquet renonce à classer l'affaire sans suite le 16 février et ouvre une information judiciaire le 24 février sous pression d'une loi votée le 16 qui pouvait rendre prescriptibles les faits remontants à plus de douze ans (ce qui concernait les faits d'entre 1998 et 2005). Le 14 mars, comme il l'avait annoncé en conférence de presse le 1er mars, il est mis en examen pour "détournement de fonds publics" et "recel d'abus de biens sociaux". L'enquête est élargie le 21 mars à des faits d'"escroquerie aggravée, faux et usage de faux". Marc Joulaud est mis en examen pour "détournement de fonds publics" le 24 mars et Penelope Fillon pour "complicité et recel de détournement de fonds publics", "complicité et recel d'abus de biens sociaux" et "recel d'escroquerie aggravée" le 28 mars[43][44][45][46][47][48][49][50][51][52].

Ces révélations portent un coup politique à François Fillon qui dévisse de 4% d'opinion favorable pour s'établir à 38%. Elles font la Une de l'actualité par-dessus d'autres accusations comme la falsification de chiffres par le PS de sa primaire ou de la ponction de fonds de Bercy par Emmanuel Macron pour sa campagne. Ainsi, les intentions de vote en sa faveur diminuent au point de menacer sa présence au second tour de l'élection, ne dépassant Emmanuel Macron que d'un point. Lui-même dénonce une volonté politique clanique derrière les accusations en cascades qui pleuvent contre lui : « Jamais à moins de trois mois d’une élection présidentielle une opération d’une telle ampleur et aussi professionnelle n’a été montée pour essayer d’éliminer un candidat autrement que par la voie démocratique. Chacun en tirera les conséquences ». Il cible un « un coup d'État institutionnel venu du pouvoir et de la gauche », ce que contestent ceux-là. Il poursuit le 2 février : « Je ne suis pas dupe: ce n'est pas la justice qu'on cherche, c'est à me casser et, au-delà de ma personne, à casser la droite, à lui voler son vote ». L'affaire rencontre un écho international du fait de sa conséquence envisagée sur l'élection présidentielle, à savoir une victoire de Marine Le Pen. D'anciens tweets de Rachida Dati, écrits en juillet 2014, enjoignant férocement François Fillon à mettre au clair sa situation parlementaire, sont exhumés par les médias, alors que la députée européenne avait promit récemment de lui « pourrir sa campagne » après qu'elle n'ait pas obtenu sa circonscription parisienne pour les législatives[53][54][55][56][57][58].

Le 2 mai, Le Figaro révèle que François Fillon à porté plainte contre Le Canard enchaîné sur la base L97 du Code électoral réprimant la diffusion de "fausses nouvelles" et de "bruits calomnieux"[59].

Accusations d'un prêt non-déclaré Modifier

Dans son édition du 8 mars, Le Canard enchaîné révèle publiquement un prêt non-déclaré de François Fillon auprès de Marc Ladreit de Lacharrière. François Fillon l'avait lui-même révélé au parquet (qui le poursuit également pour "manquement aux obligations déclaratives") et ses avocats assurent qu'il a été remboursé[60].

Affaire des costumes offerts Modifier

En mars 2017, Le Journal du dimanche révèle que le candidat s'est fait offrir deux costumes par une marque pour 13 000 euros par une source alors inconnue au mois de février. Depuis 2012, François Fillon s'est fait offrir des costumes d'une valeur totale de 48 500 euros pour 35 500 euros réglés en liquide, ce que dément son entourage. L'intéressé confirme en parlant d'un ami, qui s'avère être Robert Bourgi, un avocat franco-sénégalais et pilier de la Françafrique. L'enquête concernant les emplois de son épouse est étendue à ces costumes le 16 mars[61].

Par ailleurs, le 25 mars 2017, il est révélé qu'il s'est vu offrir une montre d'une valeur de 10 000 euros en 2009 par Pablo Victor Dana, un homme d'affaires italo-suisse alors propriétaire de la marque horlogère Instruments et Mesures du Temps[62]

Soupçon de détournements de fonds publics au Sénat Modifier

Sénateur de 2005 à 2007, François Fillon est suspecté d'avoir touché 25 000 euros des 10 millions d'euros de fonds publics que l'UMP est accusée d'avoir détournée au Sénat de 2003 à 2014. Le groupe UMP du Sénat est accusé d'avoir reversé sous forme de chèques aux sénateurs un tiers des sommes d'argents non dépensées qu'ils transmettaient au fonds du groupe. L'information judiciaire en cours n'enquêtant encore sur les faits postérieurs à 2009, François Fillon n'est pas jugé dans cette affaire[63].

Suspicion autour de 2F Conseil Modifier

Quelques jours avant d'avoir été élu député en juin 2012, il lance 2F Conseil, une boîte de consulting spécialisée dans l'expertise en matière de mondialisation. Cette activité lui rapporte 40 000 à 60 000 euros par an lorsqu'il se trouve dans l'opposition (756 000 euros en tout). Cette entreprise suscite la curiosité des médias et de ses adversaires médiatiques qui suspectent des conflits d'intérêts et demandent à François Fillon de publier la liste de ses clients. Son soutien Bruno Retailleau précise cependant qu'il n'y a ni société ni État russes parmi eux.

Le 21 mars 2017, Le Canard enchaîné révèle que sa société de conseil aurait empoché 50 000 dollars (46 000 euros) parce qu'il aurait servit d'intermédiaire auprès d'un milliardaire libanais pour lui faire rencontrer le président russe Vladimir Poutine et le PDG de Total Patrick Pouyanné. Le porte-parole du Kremlin estime qu'il s'agit de fausses informations car les rencontre du président russe sont organisées par le protocole et il n'a pas besoin d'intermédiaire[64]

Carrière politique Modifier

Mandats locaux Modifier

Mandats parlementaires Modifier

Fonctions gouvernementales Modifier

Fonctions politiques Modifier

  • 1997 : secrétaire national du RPR, chargé des fédérations
  • 2004 - 2007 : conseiller politique à l'UMP
  • 10 juin 2014 - 2 décembre 2014 : Coprésident de l'UMP avec Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin

Liens externes Modifier

Références Modifier

  1. La bataille de l'UMP
  2. Fillon veut se "faire élire en 2017" ou quitter la vie politique
  3. Fillon y croit plus que jamais: "entre Juppé et moi, l'écart se réduit"
  4. Zemmour & Naulleau 20 Janvier 2016 (échange avec Bruno Jeudi en début d'émission)
  5. La charge de Fillon : «Qui imagine de Gaulle mis en examen ?»
  6. Giscard a soutenu Fillon notamment pour que le musée d’Orsay soit rebaptisé à son nom
  7. Primaire de la droite et du centre: derniers meetings avant le premier tour
  8. En une, Libération grime Fillon en Thatcher
  9. Femmes au foyer, avortement, islamisme : trois intox sur François Fillon
  10. Second tour de la primaire : les parlementaires de droite penchent pour François Fillon
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  12. Le conservatisme affiché de François Fillon séduit à l’extrême droite
  13. Buisson voit dans la victoire de Fillon l'avènement d'une «révolution conservatrice»
  14. Zemmour aux GG
  15. Le coup de chapeau de Poutine à Fillon
  16. Débat de la primaire de la droite : Fillon jugé le plus convaincant
  17. Primaire: dernière journée de campagne pour François Fillon
  18. Fillon: 70% des électeurs LR pour le maintien de sa candidature
  19. Fillon démine le début de fronde parlementaire
  20. Fillon a demandé à Sarkozy de déjeuner avec lui ce mercredi
  21. Les meetings de Fillon repoussés à Limoges et Clermont-Ferrand
  22. L'UDI "suspend" sa participation à la campagne de Fillon
  23. Quand Fillon assurait chez Bourdin que, mis en examen, il ne serait pas candidat
  24. Affaire Fillon: "il a songé à jeter l'éponge mais les principaux leaders de la droite lui ont dit de rester"
  25. Bruno Le Maire démissionne de ses fonctions
  26. EXCLUSIF. Les 19 PV de l'affaire Fillon
  27. L’interview de François Fillon regardée par 7,8 millions de téléspectateurs sur France 2
  28. INFO LE FIGARO - Les responsables républicains transmettent au parquet leur dossier juridique sur le «cabinet noir»
  29. "Fillon au point d'équilibre de la droite, Juppé à celui de la société", juge Alain Duhamel
  30. François Fillon et Margaret Thatcher : même combat, vraiment ?
  31. La bataille de l'UMP
  32. François Fillon est-il vraiment souverainiste ?
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  34. Vladimir Poutine salue les qualités de «grand professionnel» de François Fillon
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  36. François Fillon refuse de rencontrer le prince saoudien Mohammed Ben Salman
  37. En cas de duel FN-PS a la présidentielle, Fillon voterait PS sans hésiter
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  39. Penelope Fillon aurait reçu 900 000 euros au total, selon « Le Canard enchaîné »
  40. Les cinq affaires Fillon pour ceux qui n’ont rien suivi
  41. D'après Le Canard enchaîné, Penelope Fillon aurait touché 45.000 euros d'indemnités de licenciement
  42. Penelope Fillon aurait reçu 900 000 euros au total, selon « Le Canard enchaîné »
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  44. François Fillon défend son épouse mais renoncera à la présidentielle en cas de mise en examen
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  47. Affaire Fillon : le parquet national financier écarte le classement sans suite «en l'état»
  48. Affaire Fillon: la loi sur la prescription des délits financiers a poussé le PNF à accélérer
  49. Quatre questions sur ce qui attend François Fillon après sa mise en examen
  50. Affaire Fillon: l'enquête élargie à des faits d'«escroquerie aggravée, faux et usage de faux»
  51. Le suppléant de François Fillon, Marc Joulaud, mis en examen pour "détournement de fonds publics"
  52. Soupçons d'emplois fictifs: Penelope Fillon mise en examen
  53. Penelope Fillon aurait reçu 900 000 euros au total, selon « Le Canard enchaîné »
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  55. Affaire Penelope Fillon: les vieux tweets de Rachida Dati qui sèment le trouble
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  58. Pour les journalistes étrangers, l'affaire Fillon fait craindre la victoire de Le Pen
  59. François Fillon porte plainte contre le Canard enchaîné
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  61. Fillon: l'enquête sur les emplois fictifs présumés étendue aux costumes
  62. François Fillon s’est fait offrir une montre de plus de 10 000 euros par un homme d’affaires
  63. Les cinq affaires Fillon pour ceux qui n’ont rien suivi
  64. Pour le Kremlin, les révélations du Canard enchaîné sur Fillon sont de "fausses informations"

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