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Front national
Fondation

5 octobre 1972

Président

Marine Le Pen

Personnages clés

Jean-Marie Le Pen
Bruno Gollnish
Bruno Mégret
Marine Le Pen
Florian Philippot

Positionnement

Extrême-droite

Idéologie

Nationalisme
Souverainisme
Euroscepticisme
Interventionnisme
Anticapitalisme
Conservatisme

Adhérents

42 100 adhérents


Le Front national (FN) est un parti politique français créé en 1972.

Fondé en 1972, il s’agit à l’origine d’un rassemblement de groupuscules fort divers, menés par l’ancien député poujadiste Jean-Marie Le Pen, remarqué pour son éloquence. Les dix premières années ne lui permettent pas de dépasser sa condition de « petit parti ». A partir des années 1980, bénéficiant notamment du soutien implicite du président Mitterrand et de la fin de l’omerta médiatique à son encontre, le parti émerge et réunit des scores globalement situés entre 10% et 15%. Jean-Marie Le Pen le représente à cinq élections présidentielles, notamment celle de 2002 où il crée un séisme politique en se qualifiant pour le second tour à la surprise générale, non sans être largement battu ensuite.

En 2011, le parti change de dirigeant pour la première fois dans son histoire : Marine Le Pen est élue à 67% face à Bruno Gollnisch au congrès de Tours. Elle met en œuvre une politique de dédiabolisation visant à adoucir l’image de son parti et l’éloigner des provocations qui ont jalonné son histoire. Elle réalise le meilleur score du FN à l’élection présidentielle de 2012 (17,90%) puis engrange une série de succès électoraux, notamment en arrivant en tête des élections européennes de 2014 et en battant son record de voix aux élections régionales de 2015. Les sondages laissent présager qu'il accéderait une deuxième fois au second tour à l'élection présidentielle de 2017.

Tout en demeurant globalement un bloc monolithique, le FN a évolué dans son poids électoral et dans son corpus idéologique en plus de quarante ans d’existence. Il a commencé comme petit mouvement bloqué à des scores médiocres pour s’établir durablement comme parti d’importance moyenne du temps de Jean-Marie Le Pen, avant de connaître un reflux dans les années 2000, puis rebondir avec Marine Le Pen pour atteindre des scores proches de 30%. Sa taille actuelle lui permet de bousculer la bipolarisation politique française pour imposer un tripartisme. Cependant, le mode de scrutin en a toujours, sinon souvent, fait un parti sous-représenté dans les instances démocratiques. On distingue également une lutte interne entre un courant libéral-conservateur, adepte d’alliances avec la droite classique, et un courant gaucho-lepéniste venu supplanter la gauche dans ses bastions électoraux. Généralement classé à l’extrême-droite, l’immigration et la sécurité constituent des thèmes porteurs du discours et du vote frontiste, bien que Marine Le Pen pronostique l’avènement d’un autre clivage, celui qui oppose mondialistes progressistes et souverainistes antilibéraux.

Histoire Modifier

Débuts Modifier

Fondation (1972) Modifier

Le Front nation naît dans une période peut propice aux succès pour elle. Le gaullisme a eu raison de l'extrême-droite, le pompidolisme l'a enterré, le giscardisme l'a ignoré, comme l'explique Alain Duhamel.

Dix ans de marginalité (1973-1983) Modifier

Période de Jean-Marie Le Pen Modifier

Émergence (1983-1988) Modifier

Implantation et enracinement (1988-1998) Modifier

Crise mégretiste (1998-2002) Modifier

Séisme du 21 avril (2002) Modifier

Reflux électoral (2002-2011) Modifier

Les scores en baisse voire en chute libre aux élections et législatives de 2007, ainsi qu'aux municipales de 2008, rendent les comptes du parti mauvais, et l'obligent à licencier des permanents, tenter sans succès de vendre le siège historique. Des anciens partent compte-tenu d'une possible succession de Le Pen à Le Pen[1].

Période de Marine Le Pen Modifier

Nouveau souffle du FN (2011-2015) Modifier

La nouvelle stratégie est définie ainsi par un haut cadre du FN : "Le problème de Marine Le Pen est de se créer un socle électoral propre et solide. C’est le sens de la stratégie déployée depuis 2011, qui place gauche et droite dans le même sac pour viser le segment des électeurs anti-libéraux, économiquement et culturellement. C'est une bonne stratégie de premier tour, mais qui ne permet pas de l’emporter au second"[2].

Le FN lance un certain nombre de comités pour se développer : étudiants (Marianne), professeurs (Collectif Racine), les petits patrons (Audace), l'écologie (Nouvelle écologie). Il obtient le ralliement de personnes venues d'autres horizons politiques, comme le syndicaliste Fabien Engelmann, le Gaylib Sébastien Chenu ou encore le NPA Aurélien Legrand. Preuve du chemin parcouru, 56% des Français jugent le FN comme un parti normalisé en 2015. En 2016, un collectif plus extérieur au FN s'adressant aux juifs est créé, afin de contourner le CRIF hostile au parti, qui sera présidé par Michel Thooris, proche de l'extrême-droite israélienne[3][4][5][6].

En février 2016, le FN est cité comme une "cible de choix" par la propagande francophone de l'État islamique[7]

Après l’édification d’un socle solide à l’élection présidentielle, le Front national n’a de cesse de progresser aux scrutins suivants. Il fait son retour à l’Assemblée nationale en 2012 avec Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard, puis entre pour la première fois au Sénat deux ans après avec Stéphane Ravier et David Rachline. Les quatre parlementaires sont tous élus dans le sud de la France.

Le FN parvient à glaner une dizaine de mairies aux élections municipales de 2014. Celle de Hénin-Beaumont lui revient dès le premier tour. Une goutte d’eau sur les plus de 36 000 communes mais une aubaines pour le parti qui a besoin de faire oublier ses gestions municipales de 1995 qui avaient toutes été des échecs sauf à Orange mais Jacques Bompard est en rupture avec le parti. Deux mois plus tard, le FN réussit l’exploit de faire sauter le bipartisme entre droite et gauche en arrivant nettement en tête des élections européennes avec 24,85% des suffrages, devant l’UMP à 20,80% et le Parti socialiste à 13,98%. Forte de ses vingt-quatre députés, Marine Le Pen forme un groupe qu’elle co-préside au Parlement européen un an après, avec des alliés italiens, autrichiens, hollandais, polonais, belges, roumains et britanniques.

En 2015, le Front national confirme sa nouvelle position aux élections départementales puis bat son record historique de voix aux régionales avec plus de 6 800 000 suffrages. Malgré cette progression électorale, il échoue à obtenir un exécutif local, alors que le Vaucluse ou l’Aisne lui étaient promis dans un premier temps ou qu’on lui prêtait de réelles chances en Nord-Pas-de-Calais-Picardie avec Marine Le Pen, en Provence-Alpes-Côte d’Azur avec Marion Maréchal-Le Pen voire en Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine avec Florian Philippot. L’idée d’un « plafond de verre » électoral est souvent évoqué, même s’il est contesté, ou bien d’une force de premier tour en panne d’alliance pour l’emporter au deuxième. Ce blocage au deuxième tour fait écho aux nombreuses élections législatives partielles depuis 2012 où le FN a réalisé d’importants scores sans jamais l’emporter depuis 2012. Marine Le Pen prend acte de la résistance du « Front républicain » et ouvre un débat interne les 5 et 7 février 2016 sur les raisons du blocage et sur les pistes à suivre pour le faire mentir. Il n'en ressort pourtant rien de notable puisqu'elle conserve la même ligne économique malgré l'avis majoritairement libéral des cadres du parti. Elle entend consacrer la nouvelle année à des déplacements à travers la France pour confronter son projet aux doutes des Français[8].

Pourtant, le Front national n’a jamais compté autant d’élus dans son Histoire, ayant investi les parlements, les mairies, les départements ou les régions par dizaines, centaines voire milliers d’élus. Il compte 2 députés, 2 sénateurs, 10 maires et 2 autres alliés, 23 députés européens, 63 conseillers départementaux, 358 conseillers régionaux, 1 544 conseillers municipaux. Le nombre d’élus a été multiplié par onze depuis 2012, passant de 181 à 1992. Pour la première fois dans l’Histoire du mouvement, l’obtention de cinq-cents parrainages en vue de la présidentielle de 2017 n’est plus qu’une formalité. Cette progression est confortée par de nombreuses enquêtes d’opinions attestant de l’évolution d’une partie de l’opinion publique. D’une manière générale, le FN rebute environ 70% des citoyens mais parvient à fidéliser les 30% restants mieux qu’aucun autre parti. Il est néanmoins confronté à une hémorragie de plusieurs dizaines d'élus déçus. De 2014 à 2017, 28% des conseillers municipaux FN élus ont démissionné, ce qui représente 400 élus sur 1500, en évoquant de l'amateurisme, de l'autoritarisme (ex : 40% dans les Bouches-du-Rhône)[9][10][11].

Exclusion de Jean-Marie Le Pen (2015) Modifier

Déjà pendant la campagne des départementales, l’entourage de Marine Le Pen avait tenté d’empêcher les interventions de Jean-Marie Le Pen dans les médias[12]. Après les élections, le président d’honneur est invité par Jean-Jacques Bourdin dans son émission radiotélévisée, le 2 avril, et y déclare que se trouvent au Front national « de fervents pétainistes ». Quand à sa déclaration sur les chambres à gaz d’il y a vingt-huit ans, il assume : « Je les maintiens car je crois que c’est la vérité et que ça ne devrait choquer personne. On a instrumentalisé cette affaire contre moi en y introduisant un soupçon d’antisémitisme alors que je mets au défi quiconque de citer une phrase antisémite dans ma vie politique »[13]. Dans la journée, plusieurs associations portent plainte pour « contestation de crime contre l’humanité ». Du côté du FN, Marine Le Pen et Florian Philippot affirment rester perplexes face à de tels propos, expliquant qu’ils ont renoncé à comprendre les motivations de Jean-Marie Le Pen. La présidente du mouvement, dans un entretien donné au Figaro, explique qu’il s’agirait d’« une stratégie avouée » faite d’une « construction artificielle de polémiques », car « il pense que la polémique est positive pour le mouvement », ce qu’elle réfute par ailleurs[14]. Nombre de voix internes au parti s’élèvent contre ses propos, y compris sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen, qui lui était pourtant considérée comme acquise, qui du moins n’avaient jamais dénoncé les polémiques antérieures. La question de sa candidature en région PACA en fin d’année en remplacement de celle du patriarche est aussi considérée[15]. Sur les réseaux sociaux, Gilbert Collard s’offusque de la parole du président d’honneur, ce dernier lui répond par les mêmes ondes « Ferme donc la gueule, espèce de collard ! »[16]. Loin de regretter la polémique créée, Le Pen juge que cette dénonciation de l’extrême-droite permet de faire oublier les crimes du communisme « qui perdurent depuis cent ans ».

Puis, dans la semaine qui suit, Jean-Marie Le Pen accorde un long entretien à Rivarol, journal d’extrême-droite, que Marine Le Pen qualifie d’« ignoble torchon », et rappelle qu’elle l’a fait condamner plusieurs fois. Dans ce que le chef du Parti socialiste qualifie être « un best of des textes et des mots de toute sa carrière »[17], il évoque le maréchal Pétain, qu’il n’a « jamais considéré comme un traître », ses propos sur les chambres à gaz, disant qu’il n’est « pas homme à changer d’avis ni à ramper », les homosexuels au FN, qui sont présent « en assez grand nombre » car « ce sont des gens qui sont beaucoup plus libres de leurs temps que d’autres » et qui « forment une communauté » au sein du parti, la Russie, dont il faut se rapprocher « pour sauver […] le monde blanc », les Chinois, « intelligents, actifs, discrets mais néanmoins puissants et redoutables », l’immigration récente comme Manuel Valls, Christian Estrosi, Thierry Mariani, et Éric Ciotti qui lui fait dire que « nous sommes gouvernés par des immigrés et des enfants d’immigrés à tous les niveaux », la République, dont les références qui lui sont faites « commencent à le gonfler », et enfin la ligne politique du FN, « nuisible » et inspirée de Jean-Pierre Chevènement, homme « détestable » à l’influence « nocive »[18]. N’ayant pas été informée à l’avance, Marine Le Pen apprend l’existence de cette entrevue par la presse qui a recueillie les premiers morceaux, avant sa publication le 9 avril. Par un communiqué, elle fait savoir qu’elle s’opposera à la candidature de son père en PACA pour les élections régionales de fin d’année et la convocation du Bureau politique du parti le 17 avril, avec à l’ordre du jour les investitures pour cette élection[19][20]. Il s’agit, selon ses propres mots, d’« une crise sans précédent »[21]. Seuls Bruno Gollnisch et Alain Jamet soutiennent le président-fondateur[22]. Florian Philippot évoque clairement son possible départ[23]. Le Canard enchaîné croit même savoir que le vice-président a menacé de démissionner si le patriarche n'était pas renvoyé[24]

Le Pen Boulau 9 avril

Dans sa première prise de parole publique, Marine Le Pen apparaît au journal de 20h00 de TF1 devant sept millions de téléspectateurs[25], dans lequel elle parle de sa « lassitude » et de son « incompréhension » devant des propos « en rupture avec la ligne du Front national ». Considérant que son père s’est entraîné dans une « dérive personnelle », elle entend faire respecter les statuts du parti, lesquels mentionnent que tous les Français sont perçus comme égaux « sans distinction d’origine, de race ou de religion » par le mouvement, et donc annonce l’ouverture d’une procédure disciplinaire contre Jean-Marie Le Pen, à qui elle demande de se retirer de la vie politique[26].

Deuxième second tour (2017) Modifier

Positionnement politique Modifier

Ligne politique Modifier

  • Époque de Marine Le Pen : Portée par une nouvelle génération, elle se distingue essentiellement pour privilégier les domaines économiques et sociaux quand le FN se concentrait sur l’immigration et l’insécurité. Les thèmes de la sortie de l’euro et de la défense du modèle social français deviennent les principaux étendards de leur combat. Sur un plan idéologique, Marine Le Pen cite dans son livre Pour que vive la France une succession de références très hétéroclites venant de la gauche (Jean-Claude Michéa, Karl Marx, George Orwell, Georges Marchais, Pierre Mendès-France, Jean-Pierre Chevènement) et de la droite (Nouvelle droite, gaullisme, Marie-France Garaud). La dominance des références de gauche montre l’importance accordée aux sujets sociaux. L’ensemble recouvre des histoires et des idées très variées, parfois contradictoires (ex : les références socialo-communistes). On note la disparition de l’idéologie néolibérale de Ronald Reagan, auquel elle préfère Franklin D. Roosevelt qui a marqué par son New Deal interventionniste, et aussi la reconnaissance du gaullisme, dans un parti qui s’est construit en opposition à de Gaulle. L’ensemble de ces noms ont pour point commun un souverainisme net et/ou une politique sociale généreuse (gaucho-lepénisme). On note aussi l’absence de références à l’extrême-droite, sans doute pour des questions générationnelles comme la guerre d’Algérie. Le Front national a toujours été décrit comme un parti populiste, une critique qui se maintient avec Marine Le Pen du fait d’une générosité sociale opposée par les analystes à de possibles difficultés graves d’une sortie de l’euro. Aussi, sur la forme, il s’intègre à la « dédiabolisation » portée par la nouvelle présidente du parti (ex: Gilbert Collard se présentant en "mariniste"). Concernant les sujets d'immigration, des déclarations de Marine Le Pen en faveur des Juifs ont été notées après des déclarations jugées antisémites dans le parti, au moment où sa critique de plus en plus acerbe de l'islamisme lui a valu d'être taxée d'islamophobie.
    Ex : Florian Philippot, Gilbert Collard, Louis Aliot, Steeve Briois.

Sécurité et immigration Modifier

Économie et social Modifier

Alors que Jean-Marie Le Pen délaisse globalement les thématiques économiques au profit de sujets tels que l'immigration et l'ordre public, Marine Le Pen en fait un des sujets récurrents de son discours, ce qui est analysé par Raphaëlle Baqué du Monde comme un des points essentiels dans la voie de "normalisation" et de "crédibilisation" du parti. Elle favorise l'émergence d'un petit groupe d'experts économiques mené par Bernard Monot, issus des banques et de l'entreprise, avec parfois des diplômés des grandes écoles comme HEC et l'ÉNA[27].

Europe et international Modifier

Dans les années 1970 et 1980, le Front national perçoit l'Europe comme un rempart contre le communisme en Europe de l'Est et une défense de la civilisation européenne. Il appelle à une défense européenne et demande l'ajustement de l'économie française sur les normes de la CEE.

Son tournant souverainiste s'opère lors du référendum sur le traité de Maastricht en 1992. Jean-Marie Le Pen parle du "médiocre oui". L'effondrement du bloc communiste enlève son intérêt à l'UE aux yeux des nationalistes. Ensuite, le FN s'oppose à toute avancée européenne, qu'il considère désormais comme une atteinte à la souveraineté de la France et une dérive mondialiste. Le traité d'Amsterdam, la zone euro, l'espace Schengen et la constitution européenne sont tous dénoncés et refusés. La problématique européenne prend une dimension européenne, boostée par la venue du chevénementiste Florian Philippot. Son influence économique et migratoire devient un mantra du discours frontiste.

Écologie Modifier

Le FN est un des partis les plus pro-nucléaires de France. Il n'est pas défavorable aux routiers non-plus[28]. Jean-Marie Le Pen fait partie de ceux qui contestent le réchauffement climatique.

Fonctionnement du Front national Modifier

Défilé du 1er mai Modifier

1er mai FN 1988

A partir de la fin des années 1970, le Front national se joint aux héritiers de l'Action française qui défilent chaque deuxième dimanche de mai en hommage à Jeanne d'Arc. Mais en 1988, ce rassemblement devrait intervenir après le bon score du FN au premier tour de l'élection présidentielle (14,38%), alors Jean-Marie Le Pen appelle ses sympathisant à se réunir le 1er mai, pendant l'entre-deux-tours. Depuis, chaque 1er mai est l'occasion pour plusieurs milliers de militants de défiler dans les rues de Paris et d'écouter un discours prononcé à la tribune par le président[29].

Celui de 1999 est marqué par la crise interne que traverse le parti, et ne réunit que 3 000 personnes côté FN, autant que Bruno Mégret qui a organisé sa propre manifestation. Mais l'accession au second tour de la présidentielle en 2002 permet de renouer avec le succès. Dix ans plus tard, il en est de même avec le meilleur score jamais obtenu à cette élection, c'est-à-dire les 17,90% de Marine Le Pen, nouvelle présidente depuis 2011. Jean-Marie Le Pen reproche à sa fille d'avoir politisé son discours au détriment de la place qu'elle devrait accorder à Jeanne d'Arc. Ce dernier est privé de discours en 2013 et en 2015, Marine Le Pen craignant ses dérapages. Dans le deuxième cas, il n'est ni dans le défilé ni assis à la tribune[30][31].

En 2016, le bureau politique du Front national vote à l'unanimité l'aménagement du 1er mai, qui conserve l'hommage à Jeanne d'Arc et la fête du travail, mais devient un "banquet patriote". Jean-Marie Le Pen dénonce l'abandon de l'aspect chrétien de l'événement. Cette décision ne tient pas uniquement à la volonté de rupture avec le passé mais aussi aux menaces proférées par l'organisation terroriste État islamique qui a spécifiquement visé ce défilé comme "cible privilégiée" dans sa propagande francophone. Afin d'éviter Jean-Marie Le Pen qui organise so propre défilé place des Pyramides avec les composantes de l'extrême-droite radicale, le dépôt de gerbe devant la statue de Jeanne d'Arc pour le FN est déplacé à la place Saint-Augustin[32][33][34][35].

Fête des Bleu-Blanc-Rouge Modifier

Au lendemain des élections législatives de 1981, le Front national est une petite formation de quelques trois-cent adhérents qui se trouve en difficultés financières après son score de 0,18%. L'idée est alors envisagée de convoquer une contre-manifestation à la fête de l'Humanité du PCF tout en calquant son organisation sur celle-ci, en espérant que la vente de produits remplira les caisses du parti. La première édition de cette fête est annoncée le 2 juillet et se tient deux mois plus tard dans la vallée de Chevreuse (Yvelines). Elle prend la forme d'un rendez-vous festif et décontracté, animé de spectacles de stands et de points de ventes, et rassemble des militants du FN ainsi que des chapelles de l'extrême-droite (Rivarol, Tradition et Progrès,...).

Le succès du premier rendez-vous convainc le FN de poursuivre l'entreprise. La deuxième a lieu dans l'Oise et prend le nom de Bleu-Blanc-Rouge (BBR) avec l'affiche promotionnelle proclamant « Ni rose ni rouge, tous à la fête des Bleu-Blanc-Rouge. La contre-fête de L'Huma ». Avec une fréquentation multipliée par dix et des reportages télévisés sur les deux plus grandes chaines nationales, cette nouvelle édition est un succès.

Les BBR suivent chaque année et prennent une forme définitive : banquets, stands et ventes (cendriers, cartes postales, tee-shirts, etc). Ainsi deviennent t'elle un rassemblement collectif qui unifie les militants et donne une vie au mouvement. L'ancrage populaire de l'événement est aussi apprécié. Certaines éditions des années 1990 sont marquées par des polémiques liées à Jean-Marie Le Pen. Jusqu'en 2006, ce sont vingt-trois fêtes qui ont été organisées. Elles cessent après celle de 2006 pour des raisons financières et ne sont plus restaurées du temps de Marine Le Pen.

En 2015, pour lancer sa camapgne régionale, Marion Maréchal-Le Pen reprend l'idée dans sa présentation. L'année suivante, elle lance les BBR Grand Sud, identique à l'ancienne fête mais adaptée à l'échelon régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur, avec pour objectif d'unifier les neuf fédérations, vivier électoral primordial pour le FN et façon de se distinguer des autres partis en assumant la dimension populaire de l'événement[36].

Communication politique Modifier

Samuel Maréchal est l'inspirateur du slogan "Ni droite, ni gauche", tiré de l'intellectuel collaborationniste Jacques Doriot, lors des universités d'été du FNJ de 1995 et donc remis au goût du jour pour cette époque. Il s'agit de refuser d'entrer dans la querelle autour du plan Juppé qui suscite alors des grèves d'ampleur et de répondre à Bruno Mégret qui propose des alliances avec le Rassemblement pour la République (RPR)[37].

Communication numérique Modifier

Initialement boycotté par les médias, ensuite échaudé par son traitement médiatique, le Front national se lance tôt dans des pratiques parallèles d'accès aux citoyens pour court-circuiter les médias traditionnels et dominants. Pouvant compter sur la grande culture militante de Jean-Marie Le Pen, il lance sa première tentative avec "Radio Le Pen" qui diffuse quotidiennement des informations par téléphone. Ils essaient ensuite le "Minitel 3615 FN" et le "Minitel 3615 Le Pen" avant de distribuer des cassettes audio ou vidéo dans les boîtes à la lettres[38].

Le FN a était le premier parti politique français à saisir l'opportunité d'Internet. Il est le premier parti à créer un site web, devançant Les Verts de trois semaines, une "victoire dérisoire mais symbolique" pour Martial Bild. En 2012, une attention particulière est portée à l'activité numérique pendant la campagne présidentielle. C'est indéniablement sa marginalisation et sa couverture médiatique négative qui l'a intuitivement lancé tôt dans cette direction. Le FN se démultiplie sur les sites Internet et sur les réseaux sociaux, jusqu'à ce que Marine Le Pen devienne la personnalité politique française la plus suivie sur Facebook en 2016, battant Nicolas Sarkozy. Cette même année, la présidente s'essaie à plusieurs reprises à un exercice inédit pour un personnage politique en France qu'est la dialogue par webcam pour répondre aux questions. Le parti prévoit d'étendre cet exercice à d'autres de ses élus, toujours dans l'optique de contourner les médias traditionnels et de vouloir se présenter tel qu'il se veut être et non pas tel qu'il est montré dans la presse. Pour un dirigeant d'une société de communication digitale : "Marine Le Pen représente en ce moment une part dominante des conversations sur internet, mieux que certains présidentiables de très grands partis, alors qu'elle fait une diète médiatique et que son parti n'a aucune actualité particulière". Au moment où l'influence des médias traditionnels diminuent, notamment auprès des jeunes et que le FN est un des premiers partis jeunes sinon le premier, sa présence sur le web constitue un avantage politique non-négligeable. Selon un article de L'Observateur, il semblerait qu'il en tire plus et mieux profit que ses adversaires politiques, au point de donner de la visibilité à plusieurs de ses cadres anonymes ou nouveaux. Marine Le Pen déclare alors vouloir en faire une force de frappe pour l'élection présidentielle française de 2017. Par ailleurs, de nombreux sites d'extrême-droite contribuent à étendre les idées (Égalité et Réconciliation d'Alain Soral, Fdesouche, Novopresse, 24heures-actu, Salon Beige, Boulevard Voltaire, TVLibertés, le Parti des Indigènes de la République, Nouvelles de France)[39].

Politiquement, le Front national est favorable à l'inscription des garanties des libertés numériques sur internet dans la constitution française et promet d'abolir la loi Hadopi[40].

Financement Modifier

Le budget annuel du FN est d'environ 8 millions d'euros[41] :

  • 5 millions venant des subventions publiques
  • 2,3 millions des cotisations
  • 0,535 des contributions des conseillers régionaux
  • 0,150 de "ventes diverses".

Le Front national peine à trouver des financements en France. Les banques françaises refusent de prêter au parti. Une situation que le trésorier Wallerand de Saint-Just estime répandu à l'ensemble des partis. Mediapart révèle que le FN a emprunté 9 millions d'euros à une banque russe, la First Cezch Russian Bank, proche du pouvoir de Vladimir Poutine, fin septembre 2014, par l'intermédiaire de député européen Jean-Luc Schaffhauser.[42]. La présidente du FN rappelle pourtant que la banque est privée, qu'il ne s'agit donc pas selon elle d'un geste du pouvoir russe ni de Vladimir Poutine. Face à la polémique qui enfle, avec un questionnement sur une éventuelle ingérence russe, le parti publie en décembre 2014 les courriers de refus des banques françaises (BS, CIC, BNP Paribas, Crédit Agricole, LCL) d'accorder ledit prêt[43].

Relations internationales Modifier

En Europe Modifier

Le FN a des liens avec le FPÖ autrichien, à la Ligue du Nord italienne, le PVV hollandais et le Vlaams Belang belge. Cependant, le UKIP britannique de Nigel Farage refuse toute alliance avec un parti qu'il juge trop controversé.

Liens avec l'URSS puis la RussieModifier

Le Pen Glazounov 2003

A l'été 1968, Jean-Marie Le Pen rencontre l'artiste Ilya Glazounov, envoyé en France par le Kremlin pour séduire des personnalités politiques telles que Charles de Gaulle. Il a peint Jean-Marie Le Pen et sa femme Pierrette, et affirme même avoir tenu dans ses bras la très jeune Marine. En 1991, Jean-Marie Le Pen fait son premier voyage à Moscou et retrouve Ilya Glazounov, avec qui il est resté en contact, et sympathise avec le nationaliste Vladimir Jirinovski. Les deux hommes sont liés jusqu'à l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000, lequel mise sur le mouvement Rodina pour attirer les voix nationalistes. C'est à l'invitation de Rodina qu'il se rend à Moscou en 2003 et 2005, la première fois à l'invitation d'un de ses fondateurs Sergueï Babourine, en étant invité en haut lieu et rencontrant des proches du pouvoir comme le père Tikkon et Vladimir Krioutchkov, la seconde fois en étant même autorisé à visiter les appartements privés de Vladimir Poutine au Kremlin. Mais ces liens restent discrets pour ne pas déplaire aux présidents Chirac et Sarkozy. A partir de 2007, il propose une union avec les "grandes nations libres d'antique civilisation qui sont en butte aux mêmes menaces d'acculturation que nous, l'Inde, le Japon et la Russie" dans le but de créer une "sphère boréale de Brest à Vladivostok"[44].

Cette attitude semble être la même au départ avec Marine Le Pen. Elle ne peut rencontrer Vladimir Poutine lors de la présidentielle de 2012. C'est avec l'arrivée au pouvoir de François Hollande et l'étiolement des relations franco-russes que le Kremlin assume d'avoir des liens avec le FN, par l'entremise de l'ambassadeur Alexandre Orlov et son conseiller chargé des partis politiques français, Leonid Kadyshev. De l'été 2012 à avril 2014, ils s'allient pour la création et la diffusion de ProRussia.tv, chaîne de télévision pro-russe, remplacée par une chaîne francophone à plus gros budget. En décembre 2012, Marion Maréchal-Le Pen est l'unique député français convié à Moscou pour une rencontre interparlementaire, organisée par Sergueï Narychkine, le président de la Douma. En juin 2013, c'est Marine Le Pen qui est invitée par Sergueï Narychkine, pour un colloque "Morale et Démocratie" en Crimée et à l'université Mgimo, et rencontrer le vice-Premier ministre chargé de l'armement, Dmitri Rogozine, ex-fondateur de Rodina et ami de Ilya Glazounov. Le rapprochement se fait par l'intermédiaire d'Aymeric Chauprade qui s'est rendu au moins trois fois en Russie, et a accepté le rôle d'observateur pour le compte du Kremlin pour s'assurer de la transparence du référendum en Crimée. Le 12 avril 2014, elle rencontre à nouveau Sergueï Narychkine, ainsi que le président de la commission des Affaires étrangères Alexeï Pouchkov, à Moscou.
MMLP Darya Dougine 2014

Marion Maréchal-Le Pen à Paris en 2014 avec Darya Dougine, fille du théoricien russe Dougine

Les médias russes lui offrent une large couverture médiatique. Marion Maréchal-Le Pen se rend à plusieurs reprises à l'ambassade russe à Paris[45]. En 2014, la Russie annonce une alliance officielle avec le Front national en juin et deux figures majeures assistent au congrès du FN à Lyon en novembre : Andreï Issaïev, député et vice-président de la Douma, et Andreï Klimov, chef adjoint de la commission des affaires internationales du Conseil de la fédération russe[46]. En Russie, les interventions médiatiques de personnalités du FN, comme Marine Le Pen ou Florian Philippot, sont disponibles sur RuTube, version russe de Youtube, et connaissent un certain succès[47].

En 2014, le parti contracte un prêt de 9 millions d'euros à un taux de 6% à la First Czech Russian Bank, un établissement privé mais soupçonné d'être proche du Kremlin, faisant naître l'idée d'une sujétion de Marine Le Pen à l'égard de Moscou. Mais selon Jean-Yves Camus, « un contresens a prospéré ces dernières années sur l’idée que les liens financiers du [FN] avec l’un ou l’autre secteur du pouvoir russe dictaient ses positions vis-à-vis de la Russie. C’est tout le contraire. C’est parce que dans certains cercles proches du pouvoir on a compris que le FN voyait la Russie de Vladimir Poutine comme un modèle sociétal et un allié stratégique qu’il est possible qu’il bénéficie de cette aide ». Mediapart dévoile également, en avril 2015, plusieurs messages échangés entre de hauts responsables russes, piratés par des hackers, dans lesquels il est question du soutien financier du FN, mais aussi du soutien de sa présidente à la politique russe[48][49].

Après deux rencontres officieuses avec Vladimir Poutine en 2014 et 2015, démenties par l’intéressée mais confirmées par Mediapart et la diplomatie française, Marine Le Pen est reçue publiquement par le président russe au Kremlin le 24 mars 2017 en tant que candidate présidentielle pour ce qui est son quatrième voyage dans le pays. L'entretien d'une heure et demi souligne leurs convergences de vue sur le terrorisme et les relations internationales. « Les Russes jouent la carte qu’il leur reste maintenant que François Fillon semble hors jeu » commente un ancien conseiller anonyme[50].

Relations avec l'Afrique Modifier

Sur le plan politique, le Front national s’est déclaré partisan d’un soutien financier aux pays africains pour leur permettre de se développer et à la France de ne plus soutenir des régimes autoritaires et donc, par voie de conséquence, ne plus pousser leur population à l’immigration. En 1988 figure dans le programme un moratoire sur les dettes des pays du tiers-monde. Jean-Marie Le Pen s’est lui-même entretenu avec des dirigeants africains tels que Omar Bongo au Gabon et Hassan II du Maroc. Parmi les membres du FN se trouvent des anciens soldats et mercenaires qui ont été déployés en Afrique francophone ou bien, d’autres ont travaillés comme conseillers politiques ou militaires de chefs d’Etat africain et même parfois aidé à des coups d’État (ex : François-Xavier Sidos aux Comores en 1995).

Les liens du Front national avec l’Afrique doivent beaucoup à ses relations avec Guy Brice Parfait Kolélas, qui terminait un doctorat en économie à l’université de Dijon dans les années 2000 avant de devenir ministre puis opposant du président congolais Denis Sassou Nguesso. C’est avec l’aide de Parfait qu’ils construisent le programme de coopération avec l’Afrique de Jean-Marie Le Pen pour l’élection présidentielle de 2002. Pour cette même élection, il a aidé à l’organisation d’un déplacement avorté du candidat en Afrique du Sud pour rencontrer Nelson Mandela mais le président français Jacques Chirac serait personnellement intervenu pour empêcher la rencontre. Un accord entre le FN et l’ANC est signé. Si Jean-Marie Le Pen a qualifié l’ancien dirigeant de l’ANC de "terroriste" en 1990, la position du FN évolue et Marine Le Pen lui rend hommage à sa mort en 2013.

Le FN soutient le président Laurent Gbagbo dans la crise ivoirienne de 2010-2011, notamment grâce aux liens entre l’État ivoirien et Marcel Ceccaldi, conseiller juridique du parti. En 2015, le vice-président du FN Louis Aliot est un des seuls élus français à soutenir l’opposition congolaise après le référendum organisé 25 octobre par le président Denis Sassou Nguesso qui lui permettent de se représenter pour un troisième mandat. Cet acte et la critique de la Françafrique lui permettent de gagner la sympathie d’une grande partie de la diaspora locale et d’être contacté par des opposants gabonais.

Controverses et polémiques Modifier

Faux candidats et nombre de militants Modifier

A plusieurs élections, comme les municipales de 2014 ou bien les départementales de 2015, un certain nombre de personnes se découvrent candidats FN, alors qu'ils ne s'étaient pas manifesté. Par exemple, en 2015, une septuagénaire aveugle du Puy-de-Dôme apprend qu'elle est tête de liste. Marine Le Pen parle à leur sujet de "barbouzerie" de la part d'un ancien membre, Carl Lang, et annonce qu'elle porte plainte[51].

Marine Le Pen est réélue à 100% des voix en 2014 par 24 000 votants, or le parti revendique 83 000 adhérents cette année-là. Lors de la crise qui le pousse vers la sortie, Jean-Marie Le Pen laisse entendre qu'il pourrait faire des révélations sur ce sujet[52].

Considérations historiques Modifier

Dans son discours au congrès de Tours, après l'élection de Marine Le Pen à la tête du FN, Bruno Gollnisch rend hommage à ceux qui se sont engagés pour défendre les mêmes idées que le parti, en citant des militants et des membres du FN, mais aussi les "morts du 6 février 1934" et "ceux d’Indochine et d’Algérie"[53].

Avant même la création du parti, Jean-Marie Le Pen est le directeur de campagne de Jean-Louis Tixier-Vignancourt pour l'élection présidentielle de 1965, défenseur du maréchal Pétain. Le parti a été fondé sur des bases anti-gaullistes, tant liées à la Seconde Guerre mondiale, plusieurs membres comme Bruno Gollnisch défendant la mémoire de Pétain[54], qu'à la guerre d'Algérie, certains de l'OAS ayant adhéré au parti[55]. Invité à réagir à la polémique autour du journaliste Éric Zemmour sur une hypothétique réhabilitation du régime de Vichy, Jean-Marie Le Pen assure en 2014 que le régime est "bien sûr" "excusable" et qu'il "a fait ce qu'il pouvait pour essayer de défendre les Français contre un horrible malheur"[56]. Le 2 avril 2015, alors que le journaliste Jean-Jacques Bourdin lui rappelle qu'il y a, au FN, des gaullistes tels que Florian Philippot, il assure qu'il y a également "de fervents pétainistes"[57]. Il explique à Rivarol : "Pour ma part, je n'ai jamais considéré le maréchal Pétain comme un traître. L'on a été très sévère avec lui à la Libération. Et je n'ai jamais considéré comme de mauvais Français ou des gens infréquentables ceux qui ont conservé de l'estime pour le Maréchal [...]. Selon moi ils ont leur place au Front national comme l'ont les défenseurs de l'Algérie française, mais aussi les gaullistes, les anciens communistes et tous les patriotes qui ont la France au cœur"[58]. Au cours de la campagne électorale qui a précédé ces propos, quelques candidats du parti ont été épinglés par la presse pour leurs sympathies vis-à-vis du maréchal[59][60][61].

Théories complotistes Modifier

Après les attentats terroristes de janvier 2015 en France, Jean-Marie Le Pen accorde un entretien au journal russe Komsomolskaia Pravda dans lequel il déclare : "La carte d'identité oubliée par les frères Kouachi me rappelle le passeport qui était tombé de l'avion en feu le 11-Septembre. Tout New York brûlait et ce passeport était resté intact. On nous dit que les terroristes étaient des idiots et que c'est pour ça qu'ils auraient laissé le document dans la voiture. L'exécution de Charlie Hebdo porte la signature d'une opération des services secrets. Mais nous n'avons pas de preuves. Je ne pense pas que les organisateurs de ce crime soient les autorités françaises mais elles ont permis que ce crime ait lieu. Pour l'instant, ce ne sont que des soupçons". L'article parait avec en une du journal le titre ""L'attentat à Paris a-t-il été organisé par les Américains?". Tandis que Marine Le Pen dénonce le penchant communiste et donc suspect du journal quant à la fidélité de la traduction, Florian Philippot ironise sur un penchant supposé de Jean-Marie Le Pen pour la Vodka, ce qui lui vaut une réponse cinglante du patriarche sur les réseaux sociaux, qui rappelle qu'il ne boit pas[62][63].

Accusations d'anti-républicanisme et d'anti-démocratie Modifier

Depuis qu'il est devenu un phénomène de société, c'est-à-dire dans les années 1980, le Front national est souvent accusé par ses adversaires et en particulier par la gauche, d'être anti-républicain, en raison d'idées décrites comme xénophobes, racialistes et stigmatisantes. Cette critique est répétée par des associations antiracistes telles que SOS Racisme, dont l'ancien président, Harlem Désir, a reconnu qu'elle avait aussi pour but d'empêcher des alliances entre la droite et l'extrême-droite. Cependant, cette thèse d'un FN antirépublicain est moins partagée à droite, comme par exemple Charles Pasqua, mais intégralement reprise par Jacques Chirac qui, le soir du second tour de la présidentielle de 2002, s'exprime "Ce soir, nous célébrons la République". En réaction, le Front national engage un tournant "républicain" dans les années 1990 et 2000 en faisant de la République un élément central, en témoigne le discours prononcé à Valmy par Jean-Marie Le Pen en septembre 2006. Cependant, ce dernier a des avis fluctuants sur le sujet, lorsqu'il s'agace des références récurrentes à la République faîtes par la classe politique en avril 2015, une critique reprise par Marion Maréchal-Le Pen qui estime au même moment que "C'est un régime politique, et il y a des monarchies qui sont plus démocratiques que certaines républiques. Je ne comprends pas cette obsession pour la République. Pour moi, la République ne prime pas sur la France". La question se pose sur le terrain des idées et des valeurs mais pas sur le plan institutionnel, le programme ne demandant pas de supprimer la République et Jean-Maire Le Pen lui-même disant ne pas être royaliste[64][65].

Avec l'arrivée de Marine Le Pen à la tête du parti, le FN combat ces critiques, notamment à travers son bras droit Florian Philippot. A l'occasion d'un déplacement en Haute-Savoie le 7 février 2015, Marine Le Pen répond au président de la République François Hollande, qui a exclu le FN du champs républicain dans une conférence de presse récente : "Le FN défend une France une et indivisible, là où eux ne cessent de charcuter, de nous créer des déséquilibres territoriaux - les régions riches, les régions pauvres - là où eux envisagent de mettre la discrimination positive, qui fait que les Français ne sont pas égaux entre eux, certains plus égaux que d'autres, qui met en place une vraie politique de racisme". Elle lui reproche également de ne pas argumenter ses propos lorsqu'il lui conteste son républicanisme[66].

Accusations de népotisme Modifier

Liens avec les groupuscules identitaires Modifier

Rapport à la communauté juive Modifier

La volonté de Marine Le Pen de se rapprocher de la communauté juive remonte à 2004 au moins. L'Express parle même d'une "obsession". Elle s'inscrit à un voyage pour Israël lorsqu'elle devient députée européenne mais le refus des autorités israéliennes de rencontrer un représentant frontiste empêche le voyage. Eelle tente des rencontres parfois possibles (avec Gilles-William Goldnadel en 2004 qui dirige l'association France-Israël) ou pas (avec Roger Cukierman qui préside le CRIF). Elle tente également le rapprochement par des médias israéliens (Haaretz, Israël Magazine, Radio J) ou des déclarations (condamnation des propos de son père, affirmation du "pro-sionisme" de son mouvement). Marine Le Pen a pu rencontrer l'ambassadeur israélien auprès de l'ONU lors d'un voyage à Washington D.C. en novembre 2011 mais n'a pu se rendre dans l'État hébreux, tandis que Louis Aliot le fait plutôt discrètement en 2011. La position du FN sur le conflit israélo-palestinien n'est cependant pas clairement tranché[67].

Pendant la campagne présidentielle de 2017, l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), venue tracter à la sortie du meeting de Marine Le Pen à Lyon, filme plusieurs sympathisants FN tenant des propos antisémites, complotistes ou négationniste dans une vidéo devenue virale (250 000 vues en cinq jours). Quelques jours plus tard, Invités d'une organisation juive, Louis Aliot et Gilbert Collard reconnaissent qu'il persiste dans l'entourage de Marine Le Pen des fréquentations de l'université passées par le GUD aux positions compromettantes à l'égard des Juifs. Le CRIF répète à l'occasion son refus de dialoguer avec le mouvement frontiste. Au mois de janvier, Nicolas Bay s'était rendu en Israël et avait rencontré un ministre avec l'accord de Benjamin Netenyahu sans pour autant rompre le cordon sanitaire[68].

Rapport à l'homosexualité Modifier

Jean-Marie Le Pen a déclaré que l'homosexualité est "une anomalie biologique et sociale". Plusieurs de ses dérapages peuvent être qualifiés d'homophobes mais il entretient d'excellentes relations avec plusieurs homosexuels. Bruno Lemaire, conseiller à l'économie, au budget et à la fiscalité de Marine Le Pen, parle de "relation contre-nature". Pour Aymeric Chauprade (géopolitique), il existerait un "satanique lobby homosexuel"[69].

Les valeurs conservatrices et la vision traditionnelle de la société du Front national font de ce parti un des adversaires du mariage homosexuel. Cependant, lors du débat sur la loi Taubira, une polémique interne éclate, certains membres accusant un "lobby homosexuel" au sein du mouvement, qui ferait pression sur la présidente. Ces rumeurs sont relayées par Minute, journal d'extrême-droite qui a rompu avec le FN, jugeant Marine Le Pen trop policée. En décembre 2014, le magazine people Closer révèle l'homosexualité du vice-président du FN et eurodéputé Florian Philippot. Il est à ce moment-là soutenu par Marine Le Pen. Le même mois, Sébastien Chenu, ancien UMP et membre de Gaylib, est recruté au FN, choquant notamment Bruno Gollnisch et Marion Maréchal-Le Pen[70]. Jean-Marie Le Pen confirme ces présences, parlant d'un "assez grand nombre d'homosexuels au FN" qui "forment une communauté", leur engagement étant facilité par le fait qu'"ils n'aient pas de responsabilités familiales". Julien Odoul, homosexuel gagnant d'un concours d'un magazine gay, a fait sensation en déclarant son soutien au Front national[71].

Marie-Pierre Bourgeois, auteur d'un livre sur la question, voit dans La Manif pour Tous le point de départ de l'enjeu de la question dans le parti car la principale représentante du FN ne défile pas dans la rue alors que Marion Maréchal-Le Pen perce à ce moment. Elle relève la volonté de Marine Le Pen de dédiaboliser son parti sur l'homophobie comme elle a pu le faire sur l'antisémitisme. Elle observe la cohabitation des deux dans le parti puisqu'elle est entourée d'homosexuels et de Frédéric Chatillon, ancien du GUD aux sorties parfois homophobes. D'une manière générale, l'homosexualité est acceptée au FN du moment qu'elle ne tient pas compte de revendications communautaires. Le vote augmente significativement puisque 38% des hommes homosexuels votent pour le FN aux élections régionales de 2015 contre 30% pour les hommes hétérosexuels, ce qui peut s'expliquer par la montée de l'islamisme qui les menace[72].

Critiques de l'équipe de France de football Modifier

A plusieurs reprises, les cadres du Front national ont affirmé éprouver du désintérêt voire de l'irritation vis-à-vis de l'équipe de France de football. Ils critiquent la financiarisation de ce sport et ses atteintes répétées au patriotisme. Une polémique a éclaté sur les origines ethniques des joueurs, majoritairement issus de l'immigration, lorsque Jean-Marie Le Pen déclare, après la victoire de la France à la coupe du monde de 1998 dans l'euphorie nationale, qu'il est "un peu artificiel de faire venir des joueurs de l'étranger et de les baptiser équipe de France". D'autres propos de la même veine sont tenus par la suite au Front national.

Lorsque Marine Le Pen lui succède, les attaques ciblée sur l'équipe de France deviennent moins légions et dénuées de références aux origines des joueurs, pour se focaliser sur les controverses autour du comportement irrespectueux de certains joueurs ou des scandales financiers comme la tenue de la coupe du monde de 2022 au Qatar. Marion Maréchal-Le Pen se fait remarquer en mai 2016 en invitant Karim Benzema à jouer pour son pays d'origine, l'Algérie, lorsque celui-ci accuse le sélectionneur de l'avoir écarté en cédant "la partie raciste de la France", ciblant explicitement le Front national. La député faisait référence à une déclaration du joueur datant de plusieurs années, expliquant qu'il considérait l'Algérie comme son pays et la France comme une simple opportunité footballistique[73].

Affaires judiciaires Modifier

Enquête sur le financement par Jeanne et Riwal Modifier

Riwal et Jeanne sont deux micro-partis, l'un fondé en 1995 et l'autre en 2010, dirigés par des anciens du GUD. Le premier est soupçonné de vendre des kits de campagne au second. Les candidats reçoivent de l'argent de Jeanne, qui leur sert à acheter - à des prix surfacturés, parfois jusqu'à cinq fois leur prix initial - à ce parti les kits qu'il a reçu de l'autre micro-parti. L'état-major du parti aurait rendu obligatoire cette démarche pour obtenir l'investiture, et 99% des candidats y auraient souscrits. Jeanne, qui appartient à Marine Le Pen, emporte ainsi 6,5% d'intérêts sur le prêt et Riwal, tenu par ses proches, auraient ainsi reçu deux millions d'euros. De plus, l'État rembourse les campagnes des candidats.

L'affaire concerne les campagnes des élections législatives de 2012. Dans l'instruction en 2015, le chef de Riwal Frédéric Chatillon est mis en examen en avril, suivit de la société Jeanne en mai et du trésorier du FN Wallerand de Saint-Juste en septembre, puis encore de trois autres personnes[74][75][76][77]. Le 9 septembre 2015, c'est le Front national lui-même qui est mis en examen pour "recel d’abus de biens sociaux" et "complicité d’escroquerie" mais Marine Le Pen refuse de se rendre aux convocations comme témoin assisté les 14 octobre et 9 novembre, face aux juges Renaud Van Ruymbeke et Aude Buresi qu'elle a tenté de poursuivre pour "suspicion légitime" avant que la Cour de cassation ne rejette sa requête le 24 novembre. Elle est entendue le 5 janvier 2016. Le 22 juillet, le parquet demande le renvoi en procès. Frédéric Chatillon est à nouveau mis en examen le 25 février 2017 pour "abus de biens sociaux"[78][79][80][81][82][83][84].

Enquête sur le financement des élections régionales de 2015 Modifier

Le parquet de Paris décide, le 9 novembre 2016, d'ouvrir une enquête visant Presses de France pour "escroquerie au préjudice de l'État", "abus de biens sociaux" et "blanchiment de ces délits". Cette société dirigée par Axel Loustau, proche de Marine Le Pen, a été remboursée de 4,7 millions d'euros par l'État pour ses frais de campagne puisqu'elle a imprimé les tracts et les professions de foi de nombreux candidats aux élection régionales de 2015. Or les enquêteurs ont constaté que seul 1,2 million de cette somme a été débitée aux sous-traitants imprimeurs[85].

Enquête sur les assistants parlementaires européens Modifier

A la demande du président du Parlement européen Martin Schulz, l'Office européen de lutte antifraude lance une enquête en mars 2015 car vingt des soixante-trois sont également membres du bureau national du parti, ce qui n'est pas illégal mais a attiré l'attention de l'Office car le nombre lui paraît important. Le domicile de Jean-Marie Le Pen, dans les Hauts-de-Seine, est perquisitionné une journée durant le 16 février 2016, le siège du Front national à Nanterre l'est également le lendemain[86][87][88].

Le 31 octobre, l'Union européenne réclame 339 000 euros, l'équivalent du salaire perçu par deux de ses assistants entre 2010 et 2016. L'un d'eux, Thierry Légier, est le garde-du-corps de la présidente[89].

Le 15 décembre, le parquet de Paris ouvre une enquête pour "abus de confiance et recel", "escroqueries en bande organisée", "faux et usage de faux" et "travail dissimulé". Le parti, qui dénonce une manœuvre politique avant une échéance électorale, porte plainte pour "faux intellectuel" contre l'Olaf et le secrétaire général du Parlement européen Klaus Welle. Marine Le Pen avait en effet demandé au second des preuves de ses accusations mais c'est l'Olaf qui la remercie pour sa lettre le 12 octobre, soit le jour de sa réception, laissant penser que Welle l'a envoyé à l'organisme et qu'il existe donc une collusion politique. L'Olaf plaide l'"erreur matérielle". Aussi, l'avocat s'étonne que l'affaire soit ouverte à Paris alors qu'elle dépend de la Cour européenne du Luxembourg[90].

En décembre 2016 et janvier 2017, Marine Le Pen reçoit deux missives du Parlement européen l’enjoignant à rembourser les salaires de sa chef de cabinet Catherine Griset avant le 31 janvier, employée du 3 décembre 2010 au 15 février 2016, et de son garde du corps Thierry Légiet avant le 28 février, employé pour une courte période fin 2011, au risque de se voir ponctionner la moitié de son indemnité parlementaire et de ses frais de séjour jusqu’au remboursement intégral des sommes[91].

Selon un rapport confidentiel de l'Olaf, révélé publiquement par Mediapart et Marianne le 16 février 2017, Marine Le Pen aurait produit un contrat de travail et un bulletin de salaire « apparemment faux » pour employer Thierry Légier et le rémunérer pour l'équivalent de 9 649 euros à plein temps pour les trois derniers mois de 2011. Outre qu'elle trouve cette somme « extrêmement élevée », l'Olaf assure qu'elle a reconnu que Thierry Légier n'avait pas été employé et pas rémunéré, et que les sommes auraient servies à « la régularisation de dépenses de salaires et charges antérieurs qui n’avaient pas été payées » par le garde-du-corps[92].

Le 20 février, le siège du parti à Nanterre est perquisitionné. Deux jours après, Catherine Griset et Thierry Légier sont entendus par la police et placés en garde à vue. La première est mise en examen pour "recel d’abus de confiance" et le domicile du second est lui-aussi perquisitionné. Le 22, Marine Le Pen refuse de se rendre à la convocation par l'Office anticorruption de la police judiciaire de Nanterre comme le lui permet son immunité parlementaire et explique qu'elle ne s'y rendra pas avant la fin de la période électorale de 2017. Elle refuse à nouveau, début mars, de se rendre à une convocation en vue d'une mise en examen. Le FN maintient qu'il s'agit d'une opération politique en période électorale. Le 9 mars, l'avocat du Parlement européen révèle à BFM TV que l'institution se porte partie civile dans le procès en arguant qu'elle ne pouvait rester « inactive » dans une affaire « qui concerne l'argent des contribuables ». Le même jour, Charles Hourcade, collaborateur de la l'eurodéputée Marie-Christine Boutonnet, est mis en examen pour "recel d'abus de confiance" portant sur une somme de 37 000 euros brut (six mois de salaire pour le deuxième semestre 2014). Fin mars, la justice française dépose deux demandes de levée d'immunité au Parlement européen concernant Marine Le Pen et Marie-Christine Boutonnet. Cette dernière sera mise en examen le 20 juin. Alors qu'une procédure de levée nécessite plusieurs mois, l'institution répond mi-avril qu'une session sera organisée dans la première semaine de mai, pendant l'entre-deux-tours, à laquelle Marine Le Pen est convoquée sans obligation de s'y rendre. Mais le vote ne doit pas intervenir avant les élections législatives. Elle répond à une convocation du pôle financier le 30 juin 2017, après la session électorale comme elle s'y était engagée, dont elle ressort mise en examen pour "abus de confiance", alors qu'elle s'est limitée à lire une déclaration sans répondre aux questions[93][94][95][96][97][98][99][100][101].

Enquête sur des fichiers secrets trouvés au siège de Nanterre Modifier

Le 8 mars 2017, le parquet de Nanterre ouvre une enquête pour "violation du secret professionnel", "détournement de données à caractère personnel contenues dans un fichier informatique" et "recel" "contre X", après la perquisition du 20 février au siège du FN qui a permit à l'OCLCIFF de découvrir dans le bureau du directeur de cabinet de Marine Le Pen une fiche issue du Fichier des personnes recherchées (FPR) et la copie papier d'un e-mail envoyé par un CRS anciennement frontiste à Wallerand de Saint-Just, envoyant le comte-rendu d'une réunion de direction de la Préfecture de police de Paris (PP) du lendemain des attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Les trois intéressés réagissent en niant être au courant de ces fichiers et de l'enquête[102].

Enquête sur les fonds présumés détournés de Nord-Pas-de-Calais Modifier

Le 5 avril 2017, Le Canard enchaîné révèle que le parquet de Lille a ouvert une enquête en janvier 2016 pour "détournement de fonds publics" au sujet du groupe FN du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais. Celui-ci, présidé par Marine Le Pen, est soupçonné d'avoir utilisé les moyens de la région pour préparer la campagne de 2012. L'élu du sud David Rachline aurait bénéficié des conditions du conseil régional du nord puisqu'il était responsable de l'activité numérique de la campagne. Celui-ci se défend en prétextant une tentative de déstabilisation pendant la campagne présidentielle en cours. Il reconnaît le lendemain avoir été salarié pour trois mois et s'étonne de l'ouverture de cette enquête quinze jours avant le premier tour pour des faits remontant à cinq ans[103][104].

Les Français et le Front national Modifier

Perception dans l'opinion publique Modifier

Un sondage d'avril 2016 indique que 77% des Français estiment que le Front national peut discriminer certaines populations, 63% que son programme est dangereux pour l'économie, 61% qu'il est dangereux pour la démocratie, 41% qu'il défend bien les classes populaires, 37% qu'il propose des solutions concrètes pour la France et 30% qu'il a la capacité de gouverner la France. Ils sont 37% à se dire d'accord avec ses idées et 63% en désaccord[105].

Électorat du Front national Modifier

L'enquête de la SOFRES faîte après les élections législatives de 1986 révèle que l'électorat du Front national est, après celui du PCF, le plus actif avec un taux de 63% contre 49% pour le RPR-UDF et le plus masculin à hauteur de 53%. A l'inverse, il est le plus jeune avec 18% chez eux contre 11% pour le centre-droit et sous-représenté chez les personnes âgées 11% contre 25%. L'ensemble des couches de la population sont touchées par le vote frontistes, bien que certains milieux lui restent extrêmement rétif comme les personnes âgées, les cadres supérieurs, les mieux diplômées et les catholiques pratiquants réguliers, tandis que les couches populaires comme les ouvriers, les artisans et commerçants, les employés et les cadres moyens représentent la moitié de son électorat, loin des 34% du RPR-UDF. Pascal Perrineau fait observer qu'il s'agit d'un électorat antagoniste à celui du poujadisme trente ans plus tôt. Ces élections de 1986 marquent un basculement dans l'électorat frontiste qui s'est prolétarisé ou popularisé, en remplacement d'un électorat bourgeois aux scrutins de 1984 et 1985 qui s'en est retourné vers la droite classique. Ce changement de nature engage un changement de motivations selon le chercheur, qui pointe les causes d'un mécontentement social après une protestation politique[106].

Cette même enquête de la SOFRES fait état d'un électorat plus pessimiste que les autres : 76% considèrent que les choses ont tendance à aller de plus en plus mal (contre une moyenne française de 53%), 86% jugent inefficace la politique menée contre l'inflation (moyenne de 69%) et 58% estiment que le rôle de la France s'affaiblit dans le monde (37% chez l'ensemble des Français). Leur première motivation, jusqu'à 64%, est liée à l'immigration et l'insécurité, quand elle ne l'est considérée comme telle que par 18% des Français qui privilégient l'emploi, le pouvoir d'achat et les acquis sociaux[107].

Une enquête CSA de 1990 relève en quantité l'antipathie que suscitent les minorités chez les électeurs FN et les compare à la moyenne nationale : 82% contre 39% pour les Maghrébins, 55% contre 21% pour les Noirs d'Afrique, 45% contre 20% pour les Asiatiques, 42% contre 23% pour les Pieds-noirs, 38% contre 18% pour les juifs, 36% contre 12% pour les Européens du sud, 30% contre 12% pour les Antillais, 15% contre 12% pour les Alsaciens et 9% contre 5% pour les Bretons[108].

Le vote juif est minimal du temps de Jean-Marie Le Pen, comme de 4,3% en 2007, mais progresse nettement avec Marine Le Pen, puisqu'il est de 13,5% en 2012 pour un score national de 17,90%[109].

Si le vote des jeunes en faveur du FN était déjà non-négligeable du temps de Jean-Marie Le Pen, notamment à l'élection présidentielle de 2002, il devient véritablement important après la dédiabolisation puisqu'un tiers de la jeunesse se déclare prêt à voter pour elle début 2016. Aux élections régionales de 2015, 34% des 18-30 ans ont voté pour le parti[110].

Un sondage de mai 2016 révèle un électorat hétéroclite pas forcément en phase avec la ligne du parti, pratiquement divisé de moitié sur des sujets comme le système de redistribution ou la démocratie, alors qu'ils soutiennent très majoritairement le retour de la peine de mort, le protectionnisme économique, le rejet de l'islam et la refonte de la politique migratoire commune[111]

Place du FN dans la vie politique Modifier

Résultats électoraux Modifier

Nombre d'élus Modifier

Avant l'élection présidentielle de 2017, le Front national est représenté par deux députés, treize maires, vingt-quatre députés européens, deux sénateurs, soixante-deux conseillers départementaux, trois-cent-soixante-treize conseiller régionaux. Depuis l'accession de Marine Le Pen à la présidence du FN, le nombre d'élus a augmenté au point que la question des parrainages pour l'élection de 2017 ne se pose pas pour al première fois dans l'Histoire du parti[112].

Autre Modifier

Références Modifier

  1. Crise au Front National : Bruno Gollnisch a hypothéqué sa maison pour faire campagne en camping-car
  2. Marion Maréchal-Le Pen, pièce essentielle du FN pour 2017
  3. Un ancien du NPA devient le communicant du FN à Paris
  4. Une nouvelle association veut défendre le Front national dans la communauté juive
  5. FN: un parti comme les autres selon un sondage
  6. Selon Marine Le Pen, le FN séduit de nombreux cadres politiques et syndicalistes pour les élections départementales
  7. "Cible de premier choix" de Daech, le FN réclame la protection de l'État
  8. Le danger pour le FN a un nom : Florian Philippot
  9. Défections en série chez les élus FN
  10. DERRIÈRE LA VAGUE DE DÉMISSIONS AU FN, DES ACCUSATIONS D'AUTORITARISME ET D'INACTION
  11. Démissions en masse au FN
  12. Comment le FN a tenté de faire annuler une interview de Jean-Marie Le Pen sur France Inter
  13. Jean-Marie Le Pen face à Jean-Jacques Bourdin en direct
  14. Marine Le Pen : "Jean-Marie Le Pen est dans la provocation volontaire"
  15. Exclusif. Marion Maréchal-Le Pen désavoue son grand-père sur « les chambres à gaz »
  16. Chambres à gaz : Gilbert Collard et Jean-Marie Le Pen s'écharpent sur Twitter
  17. VIDEO. Cambadélis : "Jean-Marie Le Pen dit tout haut" ce que beaucoup pensent au FN
  18. La République, Pétain, le «monde blanc», Valls : Jean-Marie Le Pen dérape encore
  19. Communiqué de Presse de Jean-Marie Le Pen
  20. Communiqué de Presse de Marine Le Pen, Présidente du Front National
  21. Au Front national, guerre ouverte entre les Le Pen
  22. Qui soutient Jean-Marie Le Pen au Front national?
  23. Le 20 heures du 9 avril 2015
  24. Selon le Canard Enchaîné, Philippot aurait menacé de démissionner si Marine Le Pen ne sanctionnait pas son père
  25. Le 20 heures de TF1 largement en tête des audiences avec Marine Le Pen
  26. Le 20 heures du 9 avril 2015
  27. La potion économique du FN
  28. La commission de Bruxelles veut encore faire payer les automobilistes
  29. 1er mai: comment le défilé du FN s'est imposé, avec puis sans Jean-Marie Le Pen
  30. 1er mai: comment le défilé du FN s'est imposé, avec puis sans Jean-Marie Le Pen
  31. Documentaire - Adieu Le Pen
  32. Suppression du défilé du 1er mai : "décision unanime" au FN, selon Philippot
  33. 1er-mai : le FN renonce au défilé et opte pour le banquet
  34. Jean-Marie Le Pen défilera lui le 1er mai
  35. Un 1er mai discret pour le FN?
  36. Comme un air de déjà vu ?
  37. Ni droite, ni gauche : FN !
  38. Les petits web soldats du FN
  39. Les petits web soldats du FN
  40. Les petits web soldats du FN
  41. Congrès du FN: L’ascension de Marion Maréchal-Le Pen gêne-t-elle la direction du Front National?
  42. Le Front national a emprunté 9 millions d’euros à une banque russe
  43. Pourquoi quatre banques françaises ont refusé un prêt au FN
  44. L'indéfectible soutien du FN à la Russie de Poutine
  45. Poutine et le FN : révélations sur les réseaux russes des Le Pen
  46. Deux hauts responsables russes en « guest stars » au congrès du FN
  47. Les drôles de liens du FN vers le Youtube russe
  48. Financement du FN : des hackers russes dévoilent des échanges au Kremlin
  49. La Russie, un modèle sociétal et un allié stratégique pour le FN
  50. La Russie, un modèle sociétal et un allié stratégique pour le FN
  51. Candidate FN malgré elle: Annick Rouchon, 77 ans, aveugle et tête de liste aux départementales
  52. C dans l'air - Le Pen : la chute 05/05/15
  53. Discours de Bruno Gollnisch au Congrès de Tours
  54. Gollnisch trouve des "excuses" à Pétain
  55. Documentaire - Adieu Le Pen (à 22min40)
  56. Jean-Marie Le Pen sur le livre d'Eric Zemmour: "Bien sûr" que Vichy est excusable
  57. Jean-Marie Le Pen récidive sur le « point de détail »
  58. La République, Pétain, le «monde blanc», Valls : Jean-Marie Le Pen dérape encore
  59. Le Front National 53 hors de contrôle : deux candidats fans de Pétain
  60. Une francisque sur la page Facebook d'un candidat FN nommé Thierry Petain
  61. Blog familial pétainiste de candidats FN
  62. Attentats: Jean-Marie Le Pen adepte de la théorie du complot
  63. Jean-Marie Le Pen furieux de l'"outrecuidance" de Philippot: "Je ne bois pas d'alcool"
  64. Marion Maréchal-Le Pen "ne comprend pas cette obsession pour la République"
  65. Zemmour face à Harlem Desir (à partir de 12 minutes)
  66. Selon Marine Le Pen, la politique du gouvernement dans les quartiers mènerait au racisme
  67. Le FN cajole l'électorat juif
  68. Le FN suscite toujours le malaise des institutions juives
  69. Florian Philippot sur France Inter
  70. L'ex-UMP Sébastien Chenu minimise l'irritation de Marion Maréchal – Le Pen et Bruno Gollnisch après son ralliement au RBM
  71. La République, Pétain, le «monde blanc», Valls : Jean-Marie Le Pen dérape encore
  72. “Le Front national a un double visage sur l’homosexualité”
  73. Entre le FN et les Bleus, c'est quoi le problème ?
  74. Comprendre l'affaire qui menace le FN et Marine Le Pen
  75. Jeanne, le microparti du FN, mis en examen
  76. Affaire Jeanne : le trésorier du FN inquiété
  77. Financement du FN : Wallerand de Saint-Just mis en examen
  78. Le FN mis en examen dans l'enquête sur son financement
  79. Financement du FN : le parti contre-attaque
  80. Marine Le Pen reporte à nouveau son rendez-vous devant la justice
  81. La Cour de cassation rejette la requête du FN contre les juges
  82. Enquête sur le financement du FN: Marine Le Pen entendue comme témoin assisté
  83. Financement des campagnes de 2012 : le parquet demande un procès pour le FN et 2 de ses dirigeants
  84. Un proche de Marine Le Pen mis en examen dans l'affaire des financements des campagnes du FN
  85. Enquête sur le financement des régionales 2015: "Ça en devient drôle", dit Marine Le Pen
  86. Pourquoi les assistants parlementaires du FN sont dans le viseur de l'Office antifraude
  87. Nouvelle perquisition dans les bureaux de Jean-Marie Le Pen
  88. Perquisition en cours au siège du Front national, à Nanterre
  89. Le Parlement européen réclame 339 000 euros à Marine Le Pen
  90. Une enquête ouverte sur l'affaire des assistants du Front national au Parlement européen
  91. Assistants parlementaires : Marine Le Pen sommée de payer 340.000 euros
  92. Assistants parlementaires: Mediapart et «Marianne» publient un rapport qui accable Marine Le Pen
  93. Emplois présumés fictifs: les deux ex-assistants parlementaires de Marine Le Pen placés en garde à vue
  94. Assistants parlementaires FN: pourquoi Marine Le Pen a pu refuser de répondre aux enquêteurs
  95. Assistants parlementaires : Marine Le Pen convoquée en vue d’une mise en examen
  96. Soupçons d'emplois fictifs : un nouvel assistant parlementaire d'une eurodéputée FN mis en examen pour "recel d'abus de confiance"
  97. Les juges demandent la levée de l'immunité parlementaire de Marine Le Pen
  98. Immunité parlementaire : Marine Le Pen sera convoquée début mai au Parlement européen
  99. L’examen de la demande de levée de l’immunité de Marine Le Pen ne débutera pas avant juin
  100. Assistants d'eurodéputés FN: Marine Le Pen mise en examen pour abus de confiance
  101. Assistants parlementaires : l'eurodéputée FN Marie-Christine Boutonnet mise en examen
  102. Enquête ouverte après la saisie de documents policiers au siège du FN
  103. Enquête préliminaire pour soupçons d'emplois fictifs au FN à la région Nord-Pas-de-Calais
  104. Soupçons d'emplois fictifs: David Rachline reconnaît avoir été salarié de la région Nord
  105. 2017: seul un Français sur 10 pronostique une victoire du FN
  106. Michel Winock, Histoire de l'extrême-droite en France, Éditions du Seuil, 1994
  107. Michel Winock, Histoire de l'extrême-droite en France, Éditions du Seuil, 1994
  108. Michel Winock, Histoire de l'extrême-droite en France, Éditions du Seuil, 1994
  109. Une nouvelle association veut défendre le Front national dans la communauté juive
  110. [Echobox Présidentielle 2017 : un tiers des jeunes prêts à voter Marine Le Pen]
  111. Les électeurs se divisent sur des sujets majeurs
  112. Depuis 2012, le nombre d'élus Front national n'a cessé de croître

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