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Pompidou
Georges Pompidou
Informations biographiques
Naissance

Georges Jean Raymond Pompidou
5 juillet 1911
Montboudif, Cantal (France)

Décès

2 avril 1974 (à 62 ans)
4e arr., Paris (France)

Nationalité

Française

Parti politique

UNR (?-1967)
UDR (1967-1974)

Conjoint(e)

Claude Cahour

Enfants

Alain Pompidou (adoptif)

Diplôme

École normale supérieure
École libre des sciences politiques

Profession

Professeur
Universitaire
Haut-fonctionnaire

Religion

Catholicisme

Résidence

24 quai de Béthune (Paris)


Georges Pompidou (5 juillet 1912 - 2 avril 1974) est un homme d’État français. Il est le 19e président de la République du 20 juin 1969 au 2 avril 1974.

Natif d’Auvergne, il étudie au lycée Louis-le-Grand et ressort diplômé de l’École normale supérieure, où il a étudié la philologie classique et la littérature française, avant d’embrasser une carrière d’enseignant au lycée Saint-Charles à Marseille de 1935 à 1938 puis au lycée Henri-IV à Paris de 1939 à 1944. Il passe la Seconde Guerre mondiale à enseigner sans participer à la résistance active, bien qu’il ait agit en faveur de connaissances juives. Ses engagements de jeunesse du côté de mouvements de gauche se sont érodés au cours d’un voyage dans l’Allemagne nazie en 1933 qui l’a convaincu que l’option pacifiste n’était pas une solution.

Au sortir de la guerre, il obtient un poste au cabinet de Charles de Gaulle par un ami et entre dans le cercle resserré du Général. Puis il devient directeur de la fondation Anne-de-Gaulle et chef du cabinet privé de De Gaulle. Son gaullisme se définit moins par son adhésion au mouvement que par son admiration pour l’homme. Il s’éloigne de la politique pour entrer à la banque Rothschild en 1952, dont il devient directeur général en 1956, puis s’en rapproche à nouveau lors du retour au pouvoir du général de Gaulle en mai 1958. Il entre au Conseil constitutionnel et dirige le cabinet du président pendant six mois, se voyant aussi demander de gérer des négociations secrètes avec le gouvernement algérien pendant la guerre, avant d’être nommé Premier ministre en 1962. Il exerce cette fonction pendant six ans, lui permettant de détenir encore le record de longévité à la primature, au cours desquels il dirige quatre gouvernements successifs et apparaît comme l’homme de l’industrialisation prospère de la France. Il est limogé en 1968 après la crise et se présente à l’élection présidentielle de 1969, qu’il remporte au second tour avec 58,21% des voix.

Sa présidence correspond à une croissance soutenue, une industrialisation continue et une agriculture intensive. A l’international, il permet la relance de la communauté économique européenne (CEE) par la convocation du sommet de La Haye en 1969 qui autorise l’entrée du Royaume-Uni, de l’Irlande, du Danemark et de la Norvège en 1973. Sa diplomatie poursuit l’œuvre d’indépendance du général de Gaulle mais favorise l’apaisement des relations avec les États-Unis. Une certaine considération pour l’environnement apparaît également. Son mandat est interrompu par son décès en 1974 des suites d’une maladie rare, connue sous le nom de morbus de Walderström. Il est le quatrième président français à mourir en fonction et le seul de la Cinquième République. Sa présence est tenue en haute considération par les commentateurs politiques. Pourtant, il est aussi le président le plus oublié de l'histoire récente en raison de son bref pouvoir et de sa politique souvent présentée comme une poursuite ou une normalisation de l'œuvre gaullienne, coincé entre la stature de son prédécesseur et le réformisme de son successeur, bien que l'institut Georges-Pompidou développe un traitement politique, historique et mémoriel de son action.

Jeunes années Modifier

Famille et enfance Modifier

Études et carrière Modifier

Vie privée Modifier

Seconde Guerre mondiale Modifier

Premières activités politiques Modifier

Rencontre avec Charles de Gaulle Modifier

Poursuite de sa carrière professionnelle Modifier

Retour au pouvoir du général de Gaulle Modifier

Premier ministre Modifier

Premier gouvernement Modifier

Deuxième gouvernement Modifier

Troisième gouvernement Modifier

Quatrième gouvernement et mai 1968 Modifier

Georges Pompidou, avec son secrétaire d’État à l’Emploi Jacques Chirac, amènent une sortie de crise en faveur du monde ouvrier avec les accords de Grenelle (augmentation des salaires et du SMIG, meilleure reconnaissance des structures syndicales). Le président de Gaulle comprend le risque qu’il prend à garder Georges Pompidou, qui peut lui faire ombrage, et le remplace à Matignon le 10 juillet par son ministre des Affaires étrangères, Maurice Couve de Murville, « hectoplasme frisottant » selon les mots de Pompidou[1].

De Matignon à l'Élysée Modifier

Période de retrait Modifier

"En réserve de la République", Georges Pompidou fait un voyage privé à Rome mais accepte de répondre aux questions de journalistes à l’ambassade de France, et notamment à Jacques Chapuy (RTL) qui lui demande quel avenir il se voit. Sans se douter encore de la portée de ses paroles[2], Georges Pompidou répond qu’il est prêt à se présenter à une élection présidentielle une fois le Général partie. Il laisse entrevoir un avenir après de Gaulle, qui ne peut plus faire jouer la stratégie du « après moi, le chaos ».

Élection présidentielle de 1969 Modifier

Le référendum du 27 avril 1969 est perdu à 52,41%. De Gaulle, qui ne reconnait que le peuple comme souverain légitime, annonce sa démission pour le lendemain. Georges Pompidou se porte candidat deux jours plus tard, et reçoit le ralliement de l’UDR et des Républicains indépendants de Valéry Giscard d’Estaing. Seuls les gaullistes de gauche n’apportent pas leur soutien. Il établit son bureau de campagne rue Desgenettes, une rue parallèle au boulevard de Latour-Mautourg, qui va de la rue de l'Université au quai d'Orsay[3]. Le 15 juin, Georges Pompidou est élu président de la République avec 58,21% des voix face au président du Sénat Alain Poher. Il choisit Jacques Chaban-Delmas comme Premier ministre.

Président de la République Modifier

Premiers pas Modifier

Son cabinet à l'Élysée est composé de Michel Jobert et Édouard Balladur (secrétaires généraux), Anne-Marie Dupuy (directrice de cabinet), Bernard Esambert , et surtout Pierre Juillet et Marie-France Garaud qui forment un tandem de gaullistes redoutés.

Par ses discours sur la "Nouvelle Société", un concept que Georges Pompidou abhorre, Jacques Chaban-Delmas apparaît remettre en cause les fondamentaux du gaullisme et déçoit sa majorité. Il semble aussi s'émanciper de la tutelle présidentielle. Jacques Fauvet, dans les colonnes du Monde, relate ainsi la conférence de presse de Georges Pompidou de septembre 1969 : "Le Premier ministre ayant fait la semaine dernière devant l'Assemblée nationale un discours de président de la République, le chef de l'État s'est trouvé condamné à faire une déclaration de chef de gouvernement."[4]

Commentant la dévaluation d'août 1969, Jacques Fauvet fait observer : "La Ve République survit surtout au gaullisme sous un aspect capital : le rôle du président de la république. Jamais sous un autre régime le chef de l'Etat n'a pris une part aussi personnelle et aussi directe à une décision d'ordre monétaire... Une fois de plus, il s'est affirmé non comme un arbitre mais comme le chef de l'exécutif et l'inspirateur d'une politique"[5].

Modernisation industrielle Modifier

Communauté européenne et États-Unis Modifier

Politique africaine Modifier

État de santé Modifier

Décès et funérailles Modifier

Héritage Modifier

Positionnement politique Modifier

Carrière politique Modifier

Anecdotes Modifier

  • Georges Pompidou est le seul président de la Cinquième République à ne pas avoir rencontré le pape[6].

Décorations Modifier

  • 1965 : Docteur honoris causa de l'université de New Delhi (Inde)[7]

Citations Modifier

C’est en Mai 68 que Georges Pompidou a acquis aux yeux des Français l’image d’un homme entre les mains duquel le destin de la France pouvait être remis un jour. résultat paradoxal de ces quelques semaines où l’Etat vascilla et où le régime de la Ve République faillit être englouti. […] C’est en accompagnant les mouvements de l’opinion publique que Georges Pompidou a conquis aux yeux de tous la position nationale qui en fit un recours en cas de besoin. Il le dut à sa force de caractère, à son égaltié d’humeur, à sa ténacité à maintenir une ligne, à ses qualités humaines, à sonr efus de dramatiser, à sa compréhension des maux profonds de l’opinion.

- Édouard Balladur, L’arbre de mai, Atelier Marcel Jullian, 1979.


Suprêmement cultivé, c’était un des rares hommes d’Etat avec lequel on avait plaisir à discuter de sujets extérieurs à la politique. Pompidou était manifestement un président du style de De Gaulle. Il pratiquait la même distance. Pompidou était un homme d’une intelligence, d’une dignité et d’une force de caractère extraordinaires.

- Henry Kissinger, A la Maison Blanche, 1979[8].


Le modèle pompidolien, c'était aussi et surtout un patriotisme économique. A l'époque, la SNFC ne mettait pas en concurrence les entreprises du monde entier pour acheter ses rames de TGV. Sous Pompidou, on n'oubliait pas aussi de moderniser les trains de banlieue. On ne condamnait pas les Français les plus modestes à prendre le car. Le modèle pompidolien, c'était aussi un scientisme. La recherche française était le joyaux du régime. On lui donnait crédits et facilités. Le nucléaire, l'aviation, le train,... Oh ! on ne gagnait pas à tous les coups mais on les jouait tous à fond. Le modèle pompidolien, c"était enfin la maîtrise souveraine de la monnaie au service de l'économie et non pas l'économie au service d'une monnaie [...] Sous Pompidou, il n'y avait pas de déficit budgétaire, pas de dette, et les prélèvements obligatoires étaient sous les 40% de la richesse nationale. En 1970, un grand institut de prévision américaine avait annoncé que l'économie française dépasserait celle de l'Allemagne en 1980.

- Éric Zemmour, chronique du 16 septembre 2016 sur RTL.


Articles Modifier

Références Modifier

  1. Alain Frerejean, C'était Georges Pompidou, Fayard, 2011
  2. Alain Frerejean, C'était Georges Pompidou, Fayard, 2011
  3. Jacques Chaban-Delmas, Mémoires pour demain, Flammarion, 1998 (p.424)
  4. Jacques Chaban-Delmas, Mémoires pour demain, Flammarion, 1998 (p.444)
  5. Le Monde du 10-11 août 1969
  6. Hollande reçu au Vatican : retour sur les relations de nos présidents avec le pape
  7. François Hollande devient docteur honoris causa par l’université d’Athènes
  8. Portrait de Georges Pompidou

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