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Chaban
Jacques Chaban-Delmas
Informations biographiques
Naissance

Jacques Michel Pierre Delmas
7 mars 1915
XIIIe arr. (Paris)

Décès

10 novembre 2000 (à 85 ans)
VIIe arr. (Paris)

Nationalité

Française

Parti politique

RPF (1947-1955)
RS (1955-1958)
UNR (1958-1968)
UDR (1968-1976)
RPR (1976-1997)

Conjoint(e)

Odette Hamelin
Marie-Antoinette Îon
Micheline Chavelet

Enfants

Clotilde (avec Hamelin)
Christian (avec Hamelin)
Valérie (avec Hamelin)
Jean-Jacques (avec Îon)

Diplôme

Faculté de droit de Paris
Sciences Po

Profession

Journaliste

Religion

Catholicisme

Résidence

VIIe arr. (Paris)


Jacques Chaban-Delmas (7 mars 1915 - 10 novembre 2000) est un résistant et un homme politique français.

Natif de Paris où il a fait ses études de droit et de science politique, Jacques Delmas passe en zone libre après la défaite de 1940 et exerce des fonctions de haut-fonctionnaire dans les ministères du régime de Vichy en même temps qu'il est en liaison avec la résistance qu'il nourrit en renseignement. Son nom de résistant est Chaban. Il est nommé général de bridage en 1944 et participe à la libération de Paris.

Après la Seconde Guerre mondiale, il est élu député de Gironde en 1946 et maire de Bordeaux en 1944. Son affiliation politique change bien qu'il se situe perpétuellement au centre-droit, exception faîte lorsqu'il rejoint le RPF du général de Gaulle. Il est quatre fois ministre sous la Quatrième République : Travaux publics de juin à août 1954 puis de septembre 1954 à février 1955, ministre d'État de février 1956 à juin 1957 et Défense nationale de novembre 1957 à mai 1958.

Après la chute de la Quatrième République, il continue à siéger comme député à l'Assemblée nationale qu'il préside pendant toute la durée de la présidence du général de Gaulle. Georges Pompidou le nomme Premier ministre en raison de son profil d'ancien résistant. A Matignon, il imprime sa marque par son discours de politique générale dans laquelle il appelle à fonder une « nouvelle société », moderne et libérale à l'intérieur, europhile et atlantiste à l'extérieur. Il est congédié trois ans plus tard, en juillet 1972, en raison de ce projet, de sa désinvolture et d'une campagne de presse menée autour de ses feuilles d'impôts.

Jacques Chaban-Delmas se présente à l'élection présidentielle de 1974, porté par des sondages favorables, mais sa campagne descendante l'entraîne en troisième position avec le score de 15,10%. Il appelle à voter en faveur de Valéry Giscard d’Estaing.

Réélu député de Gironde en 1973 après son départ de Matignon, il est à nouveau président de l'Assemblée nationale de 1978 à 1981 à la fin du septennat giscardien et de 1986 à 1988 pendant la première cohabitation. Il se retire en 1997 de ses mandats de député et de maire de Bordeaux, qu'il a occupé tous deux pendant un demi-siècle. Décédé en 2000 à 85 ans, il a droit à un hommage national aux Invalides.

Jeunes années Modifier

Famille et jeunesse Modifier

Fils de Pierre Delmas et de Georgette Barroin, Jacques Delmas naît le 7 mars 1915 dans le XIIIème arrondissement de Paris. Il se souvient avoir été un enfant fragile mais élevé dans un grand amour maternel, lequel irritait son père, "un très bel homme, fin, nerveux, artiste et coléreux", jusqu'à la naissance, en 1923, de sa sœur Nicole. Son grand-père paternel était un chanteur d'opéra à succès, qui avait épousé Clémentine Marquizeau, professeur de piano. Ses parents divorcent lorsqu'il a douze ans. Le jeune Jacques en tient son père responsable et rompt ses liens avec lui, puis se reparleront dans les années 1970. Sa mère se remarie un an après le divorce avec Maurice Legendre, qui avait été pilote de chasse dans la Première Guerre mondiale[1]. Son arrière-grand-père, Louis Théodore Delmas né en 1814 et épouse en 1850 Marie Serre, et son père Julien fut cavalier de la garde municipale de Bordeaux[2].

Études Modifier

Avant le divorce, les Delmas habitent rue Coypel aux Gobelins, dans le XIIIe arrondissement. C'est dans l'école privée Jeanne-d'Arc du quartier qu'il entame sa scolarité. Il intègre aussi, dans un parcours chaotique, les lycée Bossuet et les Bons Pères de Notre-Dame de Boulogne. S'il obtient de bons résultats au début, la découverte du sport vient bousculer son niveau et, au terme d'études au lycée Lakanal à Sceaux, il obtient 2,04 de moyenne à l'écrit de son baccalauréat, et doit donc redoubler son année de première. Il obtient une licence de Droit, étudie à l'IEP de Paris, récipiendaire de plusieurs diplômes[3].

Vie privée Modifier

Il épouse Odette Hamelin, avec qui il a trois enfants : Clotilde, Christian et Valérie. Un temps avec Marie-Antoinette Îon, il épouse en 1971 Micheline Chavelet et ont un fils, Jean-Jacques.

Seconde Guerre mondiale Modifier

Il intègre le ministère de la Production industrielle après la débâcle de 1940 mais se lie dès la fin de l’année à la Résistance. Jacques Delmas se fait notamment appeler « Chaban » comme nom secret, nom issu d’un village du Périgord. Couvert par son poste, il peut être actif dans le renseignement, et participe à des organisations comme le Comité de financement intérieur de la Résistance (COFI) puis au Comité français de Libération nationale d’Alger, lié à la région parisienne, et jouant à ce titre un rôle dans la Libération de Paris. Présenté à Charles de Gaulle par le maréchal Leclerc, il est fait Compagnon de la Libération et participe au gouvernement provisoire de la République française, et devient alors un des gaullistes de la Résistance[4].

IVe République Modifier

Situation politique Modifier

Sous la IVe République, il est du Parti radical et rejoint aussi le RPF du général de Gaulle, lui permettant d’être élu maire de Bordeaux en 1947.

Au gouvernement Modifier

Il est proche de milieux de centre-gauche. Ainsi, il est successivement ministre des Travaux publics de Pierre Mendès-France, ministre d’État de Guy Mollet et ministre de la Défense de Félix Gaillard[5].

Maire de Bordeaux Modifier

Présidence de Charles de Gaulle Modifier

Chaban assemblée

Proche du général de Gaulle, il participe à la création de l’Union pour la nouvelle République et est élu président de l’Assemblée nationale en 1958, poste qu’il conserve jusqu’en 1969.

Pendant les événements de mai 68, Chaban préside cinq séances à l’Assemblée nationale, et passe le reste du temps à Bordeaux, qui connait aussi la montée de la fièvre étudiante, et certains étudiants tentent même de prendre d’assaut l’hôtel de ville un jour où il est à Paris[6].

Primature ministérielle Modifier

Nomination à Matignon Modifier

A son élection, Georges Pompidou se sent obligé de nommer un authentique résistant gaulliste à Matignon, lui qui est souvent par les gaullistes historiques de devoir son ascension à des relations et de n’avoir rejoint la Résistance qu’à la Libération après des années neutres pendant la Seconde Guerre mondiale. Sa préférence pour Jacques Chirac est balayée par le jeune âge du secrétaire d’État et le risque d’animosité des gaullistes[7]. Bien qu’il n’apprécie pas Chaban qui ne l’a guère soutenu dans l’affaire Markovic, il lui propose le poste car, comme il le déclare à Jean-René Bernard, son conseiller à l’économie et l’Europe, « que voulez-vous, Chaban plait »[8]. Chaban connait bien le Parlement quand Georges Pompidou n’a été député qu’une année. Mais surtout, Chaban incarne l’ouverture aux centristes et à l’Europe, comme le montre le gouvernement, composé de 39 ministres et secrétaires d’Etat, venus de l’UDR et des Républicains indépendants[9].

La Nouvelle Société Modifier

Les conseillers de Jacques Chaban-Delmas viennent d’horizons plus progressistes et novateurs. Simon Nora est chargé des questions économiques. Cet ancien inspecteur des Finances a été collaborateur de Pierre Mendès-France et l’auteur d’un rapport sur la modernisation des entreprises publiques. Jacques Chaban-Delmas lui a dit que c’était précisément parce qu’il était mendésiste qu’il le prenait dans son équipe. Il amène avec lui des hommes du Club Jean-Moulin comme Gérard Worms et Yves Cannac. Jacques Delors, syndicaliste de la CFTC puis de la CFDT, s’occupe des questions sociales et culturelles. A l’époque, il a une solide réputation de chrétien de gauche et de militant syndical qui provoque l’ire des conservateurs. Ils lui ont été conseillé par François Bloch-Lainé, familier du monde de la finance qui est à ce moment-là président du Crédit lyonais nationalisé en 1945. D'autres noms sont Pierre Hunt , Ernest-Antoine Seillière et Jacques Eisenman.

Il prononce deux discours, les 26 juin et 16 septembre, dans lesquels il développe l'idée de "Nouvelle Société". Tout en saluant l’action du général de Gaulle et en proclamant la fidélité à son héritage, il entend modifier la ligne sur plusieurs plans. Chaban appelle à plus d’ouverture en politique extérieure, et évoque surtout un plus grand engagement en faveur de la communauté européenne, pas seulement sur le plan économique comme l’avait fait de Gaulle (marché commun) mais aussi politique, c’est-à-dire un fédéralisme puisqu’il parle d’un « destin propre » alors que la ligne gaulliste s’oppose à tout transfert de souveraineté. Il propose aussi l’entrée de la Grande-Bretagne, point de désaccord fondamental. L’étatisme des années 1960 est lui aussi critiqué, Chaban appelle à la nécessaire « décolonisation administrative ».Le discours du 16 est approuvé par 369 voix contre 85.  

En matière d'information, il supprime le secrétariat d'État à l'Information, remplacé par un porte-parole, et choisit de supprimer le contrôle du pouvoir sur l'information, sans désengager l'État financièrement car le caractère public de l'organisation garantie la qualité des programmes. Celui qui incarne ce changement est Pierre Desgraupes, réputé de gauche, un des chefs de file de la contestation en mai 1968 dans l'audiovisuel public, nommé directeur de l’information de l’ORTF. Le conseiller de Pompidou, Pierre Juillet, accuse Jacques Chaban-Delmas de « livrer l’ORTF à nos pires ennemis »[10]. Il prend des mesures de décentralisation, d'abord un décret de novembre 1970 qui instaure la décentralisation en matière d'équipements collectifs, puis une loi du 31 décembre 1970 qui retire la tutelle de l'État sur les communes. En matière de politique universitaire, l’orientation est au centre avec l’équivalence qui est décidée entre les baccalauréats généraux et techniques, le soutien à la création des IUT (Instituts universitaires de technologie) et la formation des apprentis[11]. Le temps de Jacques Chaban-Delmas à Matignon est marqué par la contractualisation et la mensualisation, ainsi que par une véritable politique de formation professionnelle continue et une revalorisation de certaines prestations sociales (ex: minimum vieillesse). Enfin, un ministère de l'Environnement est créé.

Complications et démission Modifier

Jacques Chaban-Delmas cherche à dépasser le clivage droite/gauche. Il est partisan d’une ouverture vers l’opposition au risque de voir les socialistes s’allier avec les communistes pour les législatives de 1973. Preuve que les rapports sont tendus, les ministres courcircuitent le chef du gouvernement pour s’adresser directement au président[12]. Jacques Chaban-Delmas fait naître le mépris des parlementaires qu’il ne reçoit que peu, divise l’Élysée entre pro-Chaban comme Michel Jobert et anti-Chaban comme Marie-France Garaud et Pierre Juillet. Ces derniers l'accusent d'usurper le rôle du président de la République, mais les Français aussi, qui sont 40% en 1970 à penser que c'est lui qui définit les grandes orientations contre 38% pour Georges Pompidou[13]. Les relations sont tendues au sommet de l'État, et il semblerait que Pierre Juillet et Marie-France Garaud aient activement travaillé à la chute du Premier ministre. Cette dernière rapporte une anecdote qui illustre les tracas usuels qui viennent semer la zizanie : "Quand Georges Pompidou disait "Bon, on verra", cela voulait dire "non" et qu'il ne voulait plus en entendre parler. Quand Quand Chaban entendait "bon", c'était fait dans l'après-midi"[14].

Une succession d'événements viennent précipiter la chute de Jacques Chaban-Delmas : le surgissements d’affaires en janvier 1971 comme ses impôts par Le Canard enchaîné, la faible participation au référendum sur l’entrée du Royaume-Uni dans l’Europe le 23 avril 1972 (40%), et surtout le vote de confiance par l’Assemblée nationale le 23 mai 1972 pour réaffirmer son autorité après les révélations du Canard enchaîné (368 voix contre 96). Par ce dernier geste, a opposé la légitimité présidentielle à la légitimité parlementaire dans des pratiques qui rappellent la IVème République[15]. Avec la tenue d’élections législatives en 1973, Georges Pompidou pousse Jacques Chaban-Delmas à la démission et le remplace le 5 juillet par Pierre Messmer. Plus tard, Marie-France Garaud dira, en parlant de Georges Pompidou : "Il avait besoin d'un Premier ministre qui lui garantisse l'appui de l'Assemblée. Non d'un homme qui lui explique, à lui qui avait passé six ans à Matignon, comment gérer la Sécurité sociale !"[16].

Candidature à l'élection présidentielle de 1974 Modifier

Candidat à l'élection présidentielle française de 1974, sa campagne est considérée comme un échec, et il recueille finalement le maire score de 15,10%, faisant de lui le troisième homme de l'élection. Pour le second tour, il apporte son soutien sous condition à Valéry Giscard d’Estaing face à François Mitterrand.

Rôle dans la politique après 1974 Modifier

Président de l'Assemblée nationale Modifier

Relations avec le centre-droit Modifier

Retraite Modifier

Il publie ses Mémoires pour demain en 1998 et disparaît en 2000.

Positionnement politique Modifier

Jacques Chaban-Delmas est un fervent européen.

Hommages Modifier

Références Modifier

  1. Jacques Chaban-Delmas, Mémoires pour demain, Flammarion, 1998 (p.14-17)
  2. Patrick et Philippe Chastenet, Chaban, Seuil, 1991
  3. Jacques Chaban-Delmas, Mémoires pour demain, Flammarion, 1998 (p.17-28)
  4. Jean-François Sirinelli, Dictionnaire historique de la vie politique française au XXe siècle, PUF, 2003
  5. Jean-François Sirinelli, Dictionnaire historique de la vie politique française au XXe siècle, PUF, 2003
  6. Jacques Chaban-Delmas, Mémoires pour demain, Flammarion, 1998
  7. Alain Frerejean, C'était Georges Pompidou, Fayard, 2011
  8. Alain Frerejean, C'était Georges Pompidou, Fayard, 2011
  9. Jean Vigreux, Croissance et contestations 1958-1981, Seuil, 2014
  10. Alain Frerejean, C'était Georges Pompidou, Fayard, 2011
  11. Alain Frerejean, C'était Georges Pompidou, Fayard, 2011
  12. Alain Frerejean, C'était Georges Pompidou, Fayard, 2011
  13. Jacques Chaban-Delmas, Mémoires pour demain, Flammarion, 1998 (p.449)
  14. Patrick et Philippe Chastenet, Chaban, Seuil, 1991 (p.405)
  15. Christophe Verneuil, Histoire politique de la France 1914-2007, Ellipses, 2007
  16. Patrick et Philippe Chastenet, Chaban, Seuil, 1991

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