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Chevènement
Jean-Pierre Chevènement
Informations biographiques
Naissance

9 mars 1939
Belfort, Territoire de Belfort (France)

Décès

-

Nationalité

Française

Parti politique

SFIO (1964-1969)
PS (1969-1993)
MDC (1993-2002)
Pôle républicain (2002-2003)
MRC (2003-2015)

Conjoint(e)

Denise Grunberg

Enfants

Raphaël
Jean-Christophe

Diplôme

IEP de Paris
ÉNA
Université de Vienne

Profession

Conseiller commercial au ministère des Finances

Religion

Catholicisme

Résidence

5e arr. (Paris)


Jean-Pierre Chevènement (9 mars 1939 - ...) est un homme politique français.

Historiquement attaché au Territoire de Belfort, il y exerce plusieurs mandats dont ceux de député de 1973 à 2002 sauf en période ministérielle et de maire de Belfort des années 1980 aux années 2000. Il a un importante carrière ministérielle puisqu'il a été ministre de la Recherche et de l’Industrie (1981-1983), de l’Éducation nationale (1984-1986) et de la Défense (1988-1989) sous la présidence de François Mitterrand, puis de l’Intérieur (1997-2000) dans le gouvernement de cohabitation de Lionel Jospin. En 2002, il se porte candidat à l’élection présidentielle et termine en sixième position avec 5,33% des suffrages. Il quitte son dernier mandat de sénateur en 2014.

Ayant commencé à la tête du CERES, étant devenu membre de la SFIO puis du PS, il quitte ce dernier en 1993 et fonde un parti souverainiste de gauche qu'il abandonne en 2015. Jean-Pierre Chevènement n’est pas seulement une figure importante de la gauche contemporaine, il en est aussi un électron libre, comte-tenu de ses idées parfois en contradiction avec le PS, qui ont aboutit à trois démissions de sa part (en 1983, en 1991 puis en 2000), lançant en 1983 une phrase restée célèbre : « Un ministre, ça ferme sa gueule ; si ça veut l'ouvrir, ça démissionne ».

Jeunes années Modifier

Famille, études et jeunesse Modifier

Né le 9 mars 1939 à Belfort, fils d’instituteurs, Jean-Pierre Chevènement est diplômé de l’Institut d’études politiques en 1960 et de la faculté de droit de Paris avant d’être reçu à l’ÉNA (promotion Stendhal) en 1965. Son père a été fait prisonnier pendant la bataille de France.

Guerre d'Algérie Modifier

Carrière politique Modifier

Parcours au sein des socialistes Modifier

En décembre 1964, il adhère à la SFIO et fonde en janvier 1966 le Centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste (CERES), de tonalité marxisante, club de réflexion créé avec l’accord de Guy Mollet. Partisan d’une profonde rénovation de la SFIO qui s’enracine dans l’union de la gauche, il appuie les projets de François Mitterrand tout en se consacrant durant cette période à la réflexion doctrinale (colloques, essais).

En 1969, le CERES conquiert la direction de la Fédération de Paris de PS, et en fait un laboratoire de sa stratégie, notamment dans ses rapports avec le PCF. A la veille du Congrès d’Epinay, Jean-Pierre Chevènement rejoint l’alliance de François Mitterrand et des notables modérés du parti pour renverser la direction sortante d’Alain Savary et Guy Mollet et imposer son programme. La motion d’Epinay, reprise de celle du CERES, marque son succès tactique.

Mitterrand Chevènement

Secrétaire national du PS avec pour fonction d’élaborer le programme du parti (Changer la vie), il lui donne une tonalité volontariste et maximaliste : planification, nationalisations, réforme de l’Etat en sont les axes essentiels. Le programme socialiste adopté, il participe activement à la mise en œuvre du Programme commun avec les communistes, signé le 27 juin 1972. Le CERES, qui s’est organisé en tendance très structurée, et son leader sont alors à l’apogée de leur influence : ils contrôlent le discours du parti (formation, programme) et son implantation dans les entreprises.

A partir de 1973, alors que l’influence du CERES croît dans le parti (atteignant jusqu’à 25%), son discours se radicalise : prônant un double dépassement de la social-démocratie et du stalinisme à travers l’union de la gauche, Jean-Pierre Chevènement prend référence sur l’expérience chilienne de l’Unité populaire puis sur la révolution des Œillets portugaise, et entre en conflit avec François Mitterrand, soucieux de modérer l’image du parti au moment où le pouvoir se rapproche. Mis à l’écart de la campagne présidentielle de 1974, Jean-Pierre Chevènement combat l’entrée de la « deuxième gauche » de Michel Rocard dans le PS aux Assises du socialisme (octobre 1974).

Le CERES passe dans l’opposition au Congrès de Pau (1975). Malgré un bref rapprochement avec les rocardiens pour faire l’autogestion la référence doctrinale du PS, Jean-Pierre Chevènement dénonce la dérive « droitière » du PS au moment où les relations PCF-PS s’enveniment. Au congrès de Nantes (juin 1977), il s’en prend à la « gauche américaine » constituée par les rocardiens qu’il accuse de développer une culture néo-libérale dans le parti et de pousser à la rupture de l’union de la gauche. Parallèlement, l’enracinement jacobin du CERES s’approfondit : c’est le moment où Jean-Pierre Chevènement lance un appel aux gaullistes pour rejoindre la gauche contre l’« américanisation » de la société française, où il défend la dissuasion nucléaire (convention sur la défense de 1978) contre les pacifistes et les atlantistes.

Lorsqu’en 1977, la réactualisation du Programme commun échoue, les relations entre la direction du PS et le CERES connaissent une phase de tension très aiguë.

Il faudra la défaite électorale de mars 1978 et la rupture entre Michel Rocard et François Mitterrand pour que Jean-Pierre Chevènement opère un tournant tactique. Au Congrès de Metz, bien qu’affaibli (la motion Chevènement n’obtient que 15% des mandats), le CERES est l’allié obligatoire pour François Mitterrand face à la coalition Mauroy-Rocard. Jean-Pierre Chevènement, de retour à la direction du parti, se voit à nouveau chargé de définir l’orthodoxie doctrinale en rédigeant le Projet socialiste : adopté en 1980, ce document, qui pourfend vigoureusement les thèses de la « deuxième gauche », reprend les thèmes chers à Jean-Pierre Chevènement, du rôle de l’État au volontarisme économique et à l’indépendance nationale.

Présidence de François Mitterrand Modifier

Chevènement 80's

Député du territoire de Belfort (1er circonscription) à partir de 1973, il devient ministre d’Etat, chargé de la Recherche et de la Technologie dans le gouvernement Mauroy. En 1982, il récupère le département de l’Industrie, avec pour espoir de constituer un grand ministère conforme à sa vision de l’interventionnisme public. En fait, ses rapports avec les dirigeants du secteur public se dégradent au point que ceux-ci s’émeuvent auprès de François Mitterrand de son colbertisme excessif. Désavoué par le chef de l’État, le ministre de l’Industrie remet sa démission mais celle-ci ne sera acceptée qu’en mars 1983 lorsque Jean-Pierre Chevènement tente en vain de convaincre le chef de l’État d’opter pour une politique économique volontariste et de sortir du Système monétaire européen.

Jean-Pierre Chevènement ne reste qu’un an dans l’opposition interne du parti. En juillet 1984, il entre dans le gouvernement de Laurent Fabius au ministère de l’Éducation. Après l’échec du projet Savary, il se présente comme l’héritier de Jules Ferry, prônant la remise en valeur de l’éduction civique et de l’élitisme républicain. Cette réorientation contribue à désarmer la guerre scolaire.

Le tournant « républicain » de Jean-Pierre Chevènement ne se limite pas à l’État : il rejaillit sur le parti. En avril 1986, la transformation du CERES en « Socialisme et République » marque l’aboutissement d’une évolution qui fait de la défense de l’indépendance nationale, grâce à l’« alliance des productifs » par-delà les clivages de classe, le nouveau projet politique. Ce discours national, voire nationaliste, où la constante reste l’anti-américanisme, l’anti-européisme et l’exaltation du rôle de l’État, vaut à Jean-Pierre Chevènement de perdre quelques troupes.

Au lendemain de la réélection de François Mitterrand, Jean-Pierre Chevènement est nommé ministre de la Défense dans le gouvernement Rocard : un poste logique pour celui qui a été le premier des socialistes ralliés à la dissuasion nucléaire et qui a toujours tendu des passerelles entre le PS et l’armée. Mais, si le ministre de la défense est à l’aise dans ses nouvelles fonctions, le membre du gouvernement Rocard l’est moins : Jean-Pierre Chevènement n’apprécie ni l’engagement européen du chef de l’État, ni son rapprochement avec les États-Unis qui va culminer avec l’engagement français dans la guerre du Golfe : après une phase de résistance feutrée, il démissionne le 29 janvier 1991 à la suite des premiers raids aériens français sur le territoire irakien.

Regagnant sa mairie de Belfort (conquise en 1983) puis récupérant son siège de député lors d’une élection partielle, il va se lancer de plus en plus ouvertement dans une bataille politique autonome. Au Congrès de Rennes, où il ne recueille que 8,5% sur sa motion, il avait appuyé sans illusion l’alliance Jospin-Rocard. A celui de l’Arche, ses contrepropositions recueillent 12 % des mandats mais le texte adopté, qui tourne le dos aux orientations auxquelles il avait jadis présidé, le convainc que la page est tournée. Lors du débat sur le traité de Maastricht, il mène une vigoureuse campagne pour le non au référendum de ratification de septembre 1992, en porte-à-faux avec le PS dont il a quitté la direction en juillet 1992. Constituant un Mouvement des citoyens le 30 août qui pratique la double appartenance avec le PS, il rompt au lendemain des législatives de mars 1993, après avoir été réélu avec trois de ses fidèles. Refusant de participer à la refondation rocardienne du PS, il s’appuie désormais sur ses propres forces, le Mouvement des citoyens ayant refusé de donner suite aux rapprochements initiaux avec l’opposition interne du Parti communiste.

Gouvernement Jospin Modifier

Soutenant Lionel Jospin à l’élection présidentielle de 1995 et participant à la coalition victorieuse de la « gauche plurielle » en 1997, Jean-Pierre Chevènement intègre le gouvernement au poste de ministre de l’Intérieur. A ce poste, il s’illustre par la création de la police de proximité et en parlant de « sauvageons » à l’égard de délinquants. Échappant miraculeusement à un accident opératoire qui le plonge dans le coma le 2 septembre 1998, il reprend ses fonctions ministérielles mais supporte difficilement la politique du gouvernement en Corse, fondée sur le dialogue avec les nationalistes, qu’il considère attentatoire à l’unité nationale. Il démissionne le 29 août 2000 du gouvernement au lendemain des « accords de Matignon » entre le gouvernement et les élus corses.

Candidature à l’élection présidentielle de 2002 Modifier

Prenant ses distances d’avec la gauche plurielle, Jean-Pierre Chevènement se prépare désormais à l’élection présidentielle de mai 2002 où il se présente le 4 septembre 2001 sous l’égide du « Pôle républicain » qui a succédé au MDC. Mais faute de réussir à rassembler les « souverainistes des deux rives », il subit un échec cuisant (5,33% soit plus de 1,5 millions de voix) qui se prolonge aux élections législatives de juin 2002 où il est lui-même battu par le candidat que le PS investit en représailles de la présidentielle.

Souvent accusé d'être responsable de l'élimination de Lionel Jospin, il répond : "Il est évident qu'entre Lionel Jospin et moi, il y avait, sur de nombreux sujets - la Constitution européenne, par exemple, qu'il a pris l'initiative de lancer avec Jacques Chirac, mais aussi l'avenir des services publics [...] ou bien encore la Corse et la sécurité, et bien d'autres sujets - des différences qui faisaient que ma candidature était tout à fait légitime. Quand je pense que seulement 11% seulement des ouvriers ont voté pour M. Jospin, M. Jospin devrait s'interroger sur les raisons pour lesquelles cette désaffection s'est manifestée"[1].

Fin de carrière Modifier

Il cesse d’être maire de Belfort en 2007 et devient sénateur en 2008. Il siège à la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées dont il est le vice-président. Lionel Jospin, qui lui voue une haine inexpiable, agit de telle sorte qu’il ne puisse devenir président de la commission des Affaires étrangères du Sénat. Il choisit de ne pas se représenter aux élections sénatoriales de 2014, marquant le départ d'une figure historique de la gauche et de l'ère mitterrandienne. Il quitte ensuite la présidence d'honneur du MRC en juin 2015 pour "reprendre sa liberté" de parole et relancer le cercle République moderne qu'il avait lancé en 1983 après son départ du gouvernement, qu'il préside en parallèle de la Fondation Res Publica, fondation de recherche reconnue d'utilité publique en 2005[2].

En 2007, il soutient Ségolène Royal et lui conseille notamment de mettre des drapeaux tricolores et de chanter la Marseillaise dans ses meetings. Cette décision lui vaut la critique de Bernard-Henri Lévy. Il annonce sa « candidature pédagogique » pour 2012 mais annonce son soutien à François Hollande le 13 mars sur le plateau de TF1, précisant qu’il l’appuie « les yeux ouverts ».

Jean-Pierre Chevènement est nommé représentant du Quai d'Orsay pour la Russie, dans le thème de la diplomatie économique. Au moment de la crise ukrainienne, il se rend à plusieurs reprises à Moscou et rencontre notamment Vladimir Poutine en mai 2014 à ce sujet et apprend que le président russe a été congédié sans ménage[3].

Il démissionne de son parti le 13 juin 2015 pour transcender les courants et ainsi recréer son alliance souverainiste des "républicains des deux rives" allant de la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon à la droite gaulliste de Nicolas Dupont-Aignan. Mais les difficultés apparaissant, comme le refus du premier de se joindre au deuxième ou les déclarations favorables de l'économiste Jacques Sapir envers le Front national exclu de cette alliance, lui font reporter sine die son projet. Il apparaît toutefois à l'université d'été de Debout la France et le chef du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis s'exclame "Qu'est-ce que tu fais là-bas ? Jean-Pierre reviens-nous, tu vas attraper froid"[4][5][6].

Positionnement politique Modifier

Sénateur Chevènement

Il s'oppose à l'idée d'un euro sous forme de monnaie unique. Il note que "le fonctionnement de la monnaie unique entraîne une polarisation de la richesse à une extrémité, l'Europe du Nord, et du sous-développement à une autre, l'Europe du Sud. Il est partisan de sa transformation en monnaie commune[7].

Il est partisan de l'idée de la Nation, qui est "la nation politique, de la communauté des citoyens", en opposition à "la nation de souche, ethnico-culturelle, qui avait été théorisée en Allemagne au XIXe siècle"[8].

Regrettant la suspension du service militaire par Jacques Chirac, Jean-Pierre Chevènement se prononce en faveur de son rétablissement, qui serait obligatoire et d'une durée de deux ou trois mois[9].

Il regrette « les ratés de l’intégration », d'autant qu'il défend la nécessité « de transmettre l’amour de la France » car le France « se débine en permanence et n’enseigne plus sa propre histoire ». Il demande une « vision positive du pays »[10].

Carrière politique Modifier

Mandats locaux Modifier

Mandats parlementaires Modifier

Fonctions ministérielles Modifier

Citations Modifier

"Vous savez que c'est le dogme néolibéral et que c'est le dogme qui est au cœur de l'Acte unique que Jacques Delors et François Mitterrand nous avaient fait avaler autrefois. D'ailleurs tout le monde l'a voté, tous les partis sauf les communistes. Même moi, je n'y est vu que du feu. J'étais au conseil des ministres, on nous a apporté un dossier de trois-cent pages, une demi-heure après il était adopté, personne ne l'avait lu. Ça s'est passé en 1985. Le RPR l'a ensuite fait adopter en 1987. Que dit cet Acte unique ? Il y a le principe de la concurrence libre et non-faussée qui doit s'appliquer dans tous les domaines. Et on a fait trois-cent directives, par exemple pour libérer les mouvements de capitaux à l'égard des pays tiers, c'est-à-dire qu'on a instauré les règles du capitalisme financier à l'échelle mondiale sans harmonisation préalable de la fiscalité sur l'épargne, donc on a favorisé les paradis fiscaux. Tout ça est le produit de l'Acte unique qui est le grand œuvre de Jacques Delors, il faut quand-même le reconnaître"

- Jean-Pierre Chevènement dans une interview avec Jean-Jacques Bourdin le 29 juin 2016[11].

Bibliographie Modifier

Les deux premiers ouvrages sont publiés sous le pseudonyme de Jacques Martin.

  • L'énarchie ou les mandarins de la société bourgeoise (1967)
  • Socialisme ou Socialmédiocratie (1969)
  • Le vieux, la Crise et le Neuf (1975)
  • Le Service militaire (1977)
  • Être socialiste aujourd'hui (1979)
  • Le Pari sur l'intelligence (1985)
  • Apprendre pour entreprendre (1985)
  • Une certaine idée de la République m'amène à… (1992)
  • Le Temps des Citoyens (1993)
  • Le Vert et le Noir. Intégrisme, pétrole, dollar. (1995)
  • France-Allemagne, parlons franc (1996)
  • Le Bêtisier de Maastricht (1997)
  • La République contre les bien-pensants (1999)
  • La République prend le maquis (2001)
  • Le Courage de décider (2002)
  • Défis républicains (2004)
  • Pour l'Europe, votez non ! (2005)
  • La Faute de M. Monnet (2006)
  • La France est-elle finie ? (2011)
  • Sortir la France de l'impasse (2011)
  • 1914 - 2014, l'Europe sortie de l'Histoire ? (2013)

Liens externes Modifier

Références Modifier

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