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Mao Zedong 16 février 1965
Mao Zegong
Informations biographiques
Naissance

26 décembre 1893
Shaoshan, Hunan (Chine)

Décès

9 septembre 1976 (à 82 ans)
Pékin (Chine)

Nationalité

Chinoise

Parti politique

Parti communiste chinois

Conjoint(e)

Luo Yixiu (1907-1910)
Yang Kaihui (1920-1930)
He Zizhen (1930-1937)
Jiang Qing (1939-1976)

Enfants

Mao Anying (avec Yang)
Mao Anqing (avec Yang)
Mao Anlong (avec Yang)
Yang Yuehua (avec He)
Un fils (avec He)
Mao Anhong (avec He)
Une fille (avec He)
Li Min (avec He)
Un fils (avec He)
Li Na (avec Jiang)

Diplôme

Première école normale de Changsha
Université de Pékin

Profession

Aide bibliothécaire

Religion

Athéisme

Résidence

Zhongnanhai


Mao Zedong (16 décembre 1893 - 9 septembre 1976) est un homme d’État chinois.

Président du Parti communiste chinois de 1943 à 1976, il est le fondateur de la République populaire de Chine en 1949 et en est le dirigeant et la figure centrale jusqu’à sa mort. Il détient donc un pouvoir absolu pendant vingt-sept ans sur un quart de la population mondiale, parmi laquelle il cause la mort de quarante à soixante-dix millions de morts en temps de paix, le plus lourd bilan de l’Histoire de l’humanité. Homme controversé donc, il n’en demeure pas moins un personnage majeur de l’Histoire moderne et a pu s’attirer des jugements positifs par certains aspects de son action. Son positionnement marxiste-léniniste s’appelle le maoïsme. Son nom est aussi retranscrit sous le nom de « Mao Tsé-toung » dans les langues occidentales mais il est généralement appelé « Mao » ou « le président Mao ».

En 1998, le Time l’inclut dans sa liste des cent personnalités les plus importantes du XXe siècle.

Jeunes années Modifier

Naissance et famille Modifier

Né le 26 décembre 1893, Mao Tsé-toung voit le jour dans la vallée de Shaoshan, vallée de la province de Hunan, au centre de la Chine, où quelques six-cent familles cultivent le riz, le thé et le bambou depuis de siècles. Les ancêtres de Mao y vivent depuis cinq-cents ans. Son père, Mao Xunsheng (1870-1920), un des rares Chinois de l’époque à être alphabétisé, gère lui-même une exploitation agricole. Il a été marié à quinze ans à la septième fille de la famille Wen, appelée donc la Septième Sœur Wen (1867-1919), avec laquelle il a eu deux enfants morts en bas âges avant de donner naissance à Mao. Ce dernier a reçu un prénom composé signifiant littéralement « qui brille sur l’est ».

Éducation Modifier

Jusqu’à l’âge de 8 ans, c’est-à-dire jusqu’en 1902, le jeune Mao réside chez sa famille maternelle, les Wen, chez qui il travaille dans les champs. Il rejoint ensuite la famille paternelle à Shaoshan. Il reçoit une éducation complète mais il est un élève rude qui épuise quatre maîtres, alors son père, avec lequel ses relations sont conflictuelles, accepte de l’envoyer pour cinq mois dans une école moderne située à vingt-cinq kilomètres. Lui dont les capacités intellectuelles sont puissantes, il s’y épanouit et choisit de poursuivre en 1911 dans une école de Changsha. A contrario, sa relation avec sa mère est très affective, au point qu’il se convertit au bouddhisme comme elle en est une fervente, mais il délaisse sa foi à l’adolescence.

En 1908, âgé de quatorze ans, il est marié à sa nièce Luo de dix-huit ans, mais elle décède en 1910 sans avoir marqué la vie de Mao.

Décès et réactions Modifier

État de santé Modifier

A la fin de sa vie, Mao est confronté à sa santé dégradée. Les premiers signes réellement inquiétant remontent à 1972 lorsqu’il est victime de graves crises. Le temps passant, il devient de plus en plus infirme et éprouve des difficultés pour les gestes les plus simples. Il ne parvient plus à lire et doit s’aider d’une loupe à partir de 1974, avant de n’y plus parvenir et de devoir se faire lire les documents et même les faire signer par d’autres. Il doit également renoncer à la cigarette alors qu’il s’agissait d’un de ses passe-temps favoris. En décembre 1974, il renonce à la nage après avoir manqué de se noyer dans sa piscine couverte de Changsha. Plus grave encore, il éprouve des difficultés à parler depuis 1973. Julie Nixon, la fille de l’ancien président américain, qu’il rencontre, parle de « grognements durs, primitifs, pénibles » qui empêchent l’intelligibilité pour les interprètes. Il faut bientôt l’oxygéner quotidiennement. Il éprouve des difficultés à manger et il doit être nourri allongé. L’homme qui gouverne un des pays les plus grands du monde n’a plus de prise sur les événements et ne comprend plus son pays. La renaissance de l’ancienne élite chinoise ne lui saute pas aux yeux. Il est totalement dépendant de son entourage, composé uniquement de médecins, d’infirmières, de personnel de maison et de sa femme qui l’accompagne dans ses derniers jours. Le pays est tenu dans l’ignorance de l’état du « Grand Timonier »[1][2].

Prenant conscience de l’image pitoyable qu’il renvoie, il choisit de ne plus se montrer dans les réunions et quitte la capitale le 17 juillet 1974. Il part emménagé dans le Sud et y reste neuf mois, dans ce qui doit être le dernier voyage de sa vie. C’est au cours de l’état que son identifiés les maux qui le rongent. Le premier est la cataracte, qui affecte sa vue, mais on lui fait savoir qu’elle peut être soignée d’ici un an, lorsqu’elle sera à maturité. Il se fait opérer de l’œil gauche le 23 juillet 1975. La rapidité et le succès de l’opération lui en fait demander une autre pour l’œil droit à son chirurgien. Le deuxième, en revanche, est une maladie très rare et incurable, dite sclérose latérale amyotrophique, plus connue sous le nom de syndrome de Charcot, maladie neurologique qui atrophie ses muscles et leur fonctionnement, que ce soit aux jambes, aux bras, à la gorge ou à la langue, d’où les difficultés croissantes à marcher ou manger qui rendent sa vie si inconfortable. Cette maladie progresse et entraine crises d’étouffements et infections des poumons, mais il est décidé de ne pas en informer Mao ni son entourage, pour des raisons humaines mais aussi à l’évidence politicienne. Sa durée de vie est pronostiquée à deux années[3][4].

Tous les témoins de l’époque s’accordent sur un point : son acuité mentale et intellectuelle n’est pas affectée. La diminution de ses facultés tient plus à l’âge du vieil homme, devenu octogénaire en 1973, qu’aux multiples maux qui l’accablent. Il continue à recevoir des dignitaires étrangers. Les deux derniers sont le Premier ministre de Singapour Lee Kuan Yew le 12 mai et le Premier ministre du Pakistan Alî Bhutto le 27 mai 1976. Mais lorsqu’il voit son état sur les photographies de la rencontre avec ce dernier, bavant, le teint cireux et la mâchoire pendante, il décide de ne plus faire d'apparition publique. Sa personnalité, redevenu optimiste après le succès de son opération de la cataracte, plonge dans la frustration et l’apitoiement. Il reste peu loquace sur ce qui adviendra après lui, prédisant surtout de graves troubles en Chine, et ne laisse d’ailleurs pas de testament alors qu’il en aurait eu le temps s’il l’avait souhaité[5][6].

Alors que sa santé poursuit sa dégradation de jour en jour et est perceptible à l’œil nu, il contracte deux infarctus en 1976, l’un le 11 mai et l’autre le 26 juin. Le deuxième, particulièrement grave, manque de le tuer. Il mène désormais une vie recluse et solitaire. Il a été transporté en juillet 1976 dans un bâtiment anonyme à Zhongnanhai, tout simplement désigné par un nom de code, 202, protégé contre les séismes, après que Pékin ait été victime d’un puissant tremblement de terre. Ses anciens collègues sont pour la plupart disparus, souvent par sa volonté, comme Liu Shaoqui, Lin Biao, Wang Ming, le maréchal Peng Dehuai, Zhou Enlai, et le maréchal Zhue De[7][8].

Décès et réactions Modifier

Le 8 septembre, il prononce ses dernières paroles lorsqu’il demande à sa maîtresse et infirmière, Meng, « Je me sens très mal. Appelle les médecins », et tombe presque aussitôt dans le coma. C’est en pleine nuit, à minuit dix, le 9 septembre 1976, qu’il meurt âgé de 82 ans[9].

L’annonce du décès de Mao Tsé-toung n’est pas une surprise.


A l'international, la disparition d'un homme aussi conséquent dans un pays aussi important bouscule l'actualité et fait la Une de la presse mondiale. En France, la télévision interrompt son programme pour diffuser des images transmises par satellite américain. Le président Giscard d'Estaing réagit le jour-même : "Avec le président Mao Tsé-toung s’éteint un phare de la pensée mondiale. Venu de la profondeur populaire de la Chine, l’ayant arraché à son humiliation passée, il a réussi par la seule vigueur de son action et par l’audace de sa réflexion, à lui rendre la place centrale que lui reconnaissait l’histoire. Par la voix de son président, le peuple français adresse à l’immense peuple chinois l’expression de ses profondes condoléances pour la perte de celui qu’il appelait son Grand Timonier"[10].

Mausolée de la place Tienanmen Modifier

Peu de temps après la mort de Mao Tsé-toung, vingt-deux litres d’une formule de formol sont injectés dans le cadavre qui enfle dans des proportions telles qu’il faut le masser pour faire descendre le liquide. L’un des participants presse si fort que la peau se déchire sur la joue droite. Contrairement au souhait du défunt, le corps n’est pas incinéré et il est décidé en bureau politique de l’embaumer. Le docteur de Mao, Li Zhisui, raconte plus tard dans un livre parut en 1994, La vie privée du président Mao, les dessous de l’opération. Lui et ses équipes n’ont pas trouvé de techniques chinoises assez poussées pour le projet et il ne pouvait se tourner vers les Soviétiques, qui avaient réussis avec la dépouille de Lénine, car les relations diplomatiques sont mauvaises. Ils se sont tournés vers les Vietnamiens, qui eux l’ont fait pour Hô Chi Minh, mais ils sont jaloux de leurs secrets et refusent de les communiquer, ce qui n’est pas pernicieux puisque la conservation du corps est mauvaise. Ils envoient finalement deux représentants au musée de Madame Tussauds à Londres pour prendre exemple sur les figures de cire de personnages historiques. Au retour, Mao est reproduit en mannequin de cire.

Les cérémonies officielles sont organisées sous l’œil acéré de Jiang Qing profitant de sa double qualité de veuve et de membre de la direction du Parti. Le 15 septembre, le corps est exposé au public dans un cercueil de verre au bâtiment du congrès national populaire. Des Chinois venus par centaine passent devant dans des scènes d’effusions et de pleurs.

Du 24 novembre 1976 au 24 mai 1977, un mausolée gigantesque est construit sur la place Tienanmen là où se dressait la porte sud datant des dynasties Ming et Qing. 700 000 Chinois y participent bénévolement et utilisent symboliquement des matériaux venus de toute la Chine, du granit du Sichuan à la porcelaine de Canton. La même année de 1977, un portrait du président Mao est accroché sous la terrasse de la porte de la Paix céleste. Avec l’ouverture de la Chine à l’économie de marché et au tourisme à partir des années 1980, le mausolée est ouvert au public gratuitement. Les visiteurs doivent attendre environ une heure d’attente avant de pénétrer dans la salle et de passer sans s’arrêter et sans appareil photographique devant le cercueil de verre pare-balles. Il n’existe donc pas de photographie du corps dans les décennies suivant la disparition mais les spécialistes le disent en mauvais état. Il existe aussi des interrogations autour du corps, certains pensant qu’il ne s’agit pas du vrai mais de la reproduction en cire[11][12].

Perception de Mao après sa mort Modifier

Discours officiel du Parti communiste Modifier

1981 est une date importante dans la mémoire historiographique de Mao. Le XIe comité central adopte le 27 juin une résolution, appelée « résolution sur quelques questions de l’historie du parti depuis la fondation de la République populaire », qui fixe la nouvelle version officielle, sorte d’histoire renégociée qui entérine une dissension entre Mao Tsé-toung et la Révolution culturelle. La Révolution est présentée comme une période d’égarement idéologique, une « grave erreur gauchiste », un « exemple négatif » dont il faut tirer des leçons. Pourtant, elle reste un sujet tabou en Chine malgré quelques assouplissements car elle reste malgré tout associée à Mao dans la conscience contemporaine. L’autre raison pour laquelle le régime ne s’attarde pas trop à critiquer cette période a été formulée par Deng Xiaoping un an auparavant : « Quand nous écrivons sur [les] erreurs [de Mao], nous ne devons pas les exagérer, sinon nous discréditerions le président Mao Zedong et cela reviendrait à discréditer notre Parti et notre État ». Le discours rejette donc généralement les fautes sur d’autres. L’avis global de la résolution considère que la contribution de Mao Tsé-toung dépasse de loin ses erreurs au regard de l’ensemble de sa vie ou, selon le même Deng Xiaoping, « Mao, c’est 70% de positif et 30% de négatif ». Depuis, les histoires officielles suivent de près cette résolution qui, au regard des écrits de Deng, a été le fruit de débats et de délibérations considérables au sein du Parti. Le Parti veille seulement à ce que la version officielle ne soit pas contredite, comme lorsqu’il exclut Bo Xilai en 2012, le secrétaire du Parti de la ville de Chongqing, qui a organisé un retour politique et idéologique à la « culture rouge » dans les années 2000 et était devenu une figure de proue de la « nouvelle gauche chinoise ». Ce courant défend le retour du socialisme maoïste et un nationalisme réaffirmé, et même temps que Bo revivifiait la Révolution culturelle[13].

Cependant, loin d’avoir répudié Mao, le Parti communiste chinois continue de l’honorer et de lui conférer un statut d’icône nationale. Il reste très présent dans les discours officiels qui affirment que l’œuvre politique et économique entamée depuis les années 1980 se situe dans la droite ligne de la pensée de Mao et qu’elle a seulement été adaptée aux évolutions et aux réalités de la société. Le discours officiel établit l’existence d’un « marxisme chinois » composé de la Nouvelle démocratie de Mao et de l’économie de marché de Deng. En fait, le Parti a jugé plus judicieux de récupérer Mao pour la cause réformiste afin de ne pas créer de divisions. A mesure que la Chine s’éloigne du maoïsme et s’insère dans la mondialisation, le souvenir de Mao devient moins encombrant pour le Parti qui reste tolérant lorsque le pays plonge dans une fièvre maoïste lors du centième anniversaire de sa naissance en 1993. Les dirigeants successifs ne s’éloignent guère de cette version. La presse occidentale perçoit même un retour aux méthodes de Mao avec les deux premiers présidents chinois du XXIe siècle, Hu Jintao et Xi Jimping, qui durcissent le régime et récupèrent l’image du disparu à des fins politiques et nationalistes[14][15][16][17][18][19].

Célébration du culte de la personnalité Modifier

Dans l’opinion publique, l’image dominante est donc celle de l’icône nationale véhiculée par l’État, l’éducation, les médias et les nombreuses séries télévisées, tous contrôlés par le Parti. Son effigie figure sur les billets de 500 yuans et des bustes le représentant sont placés aux entrées des campus universitaires chinois et sur les places du Peuple de certaines grandes villes. Le régime entretient le culte de sa personne en commercialisant toute sorte d'objets à son effigie (posters, badges, mugs, livres). Son rôle est retenu dans la Nouvelle révolution démocratique, la transition vers le socialisme et la guerre antijaponaise. Une censure stricte règne autour de l’ère maoïste, empêchant les Chinois d’avoir une vision éclairée de cette période de leur Histoire. La place de Mao dans les livres scolaires est réduite à quelques paragraphes et aucune commémoration de la période ne vient lever les tabous. Seules la Longue Marche et la fondation de la République populaire sont retenues. Les seuls à s'aventurer dans la critique sont des bulles universitaires très circonscrites qui ne s'assument pas publiquement. Le trentième anniversaire de sa mort, en 2006, est célébré sans éclat particulier[20][21][22].

En 2015, une statue géante de Mao, le représentant assis en train de réfléchir, est édifiée dans la province de Hénan en Chine centrale. La structure de 36,6 mètres est faite de métal et de béton et recouverte de peinture dorée. Son coût a été évalué à 3 millions de yuans, c’est-à-dire 420 000 euros. Achevée en décembre après neuf mois de travaux, elle est démolie en un jour en janvier 2016 au motif qu’elle n’avait pas d’autorisation des autorités locales[23][24].

Mémoire controversée Modifier

Les détracteurs de Mao Tsé-toung le perçoivent comme un dictateur tyrannique qui a dirigé son pays d'une main de fer et entraîné la mort de millions d'hommes et de femmes à travers deux révolutions, une guerre civile, une guerre étrangère en Corée, une famine avec la Grand Bond en avant et une décennie de terreur avec la Révolution culturelle. Ses partisans saluent son œuvre historique en ayant réunifié le pays et vaincu les Japonais ainsi que son œuvre nationale en terme de systèmes scolaire, médical, routier et ferroviaire. Ils lui accordent aussi d'avoir taillé une place et forgé une image à la Chine dans le monde en lui ayant donné une frontière, une armée, un drapeau et un siège au Conseil permanent de sécurité de l'ONU[25][26].

A l'étranger Modifier

La réputation de Mao Zedong est cependant bien différente à l'étranger. Si on excepte une petite minorité se réclamant de lui et de sa pensée, il est globalement considéré comme un tyran comparable à Adolf Hitler et à Joseph Staline, les deux dictateurs totalitaires les plus haïs en Occident. C'est cette image qui domine dans les consciences populaires. Il en va de même dans les ouvrages spécialisés écrits par des journalistes, historiens ou écrivains, à la différence qu'ils remettent l'homme et son action dans son contexte, non pour absoudre mais pour comprendre et avoir une vision plus large. En même temps que son bilan assez unanimement considéré comme désastreux, ils n'omettent pas de mentionner ses mérites comme l'unification de la Chine. On peut citer les biographies écrivent par Ross Terrill (1980), Jonathan Spence (1999) et Philip Short (2001). Il n'existe aucune biographie française de Mao Zedong en français, seulement des traductions dont la non moins célèbre est Mao : l'historie inconnue en 2005[27].

Héritage Modifier

A la mort de Mao Tsé-toung, la Chine n'est pas devenue une superpuissance comme les États-Unis et l'URSS malgré les hautes ambitions qu'il s'était fixé. Elle dispose de l'arme nucléaire mais son système de lancement ne lui permet pas de l'utiliser à l'extérieur des frontières donc son effet de dissuasion est faible. L'armée est obsolète, la marine n'est pas apte, ses usines sont défectueuses, la technologie et la recherche scientifique dépassés[28][29].

La conséquence immédiate de la mort de Mao est de mettre un terme à dix ans de Révolution culturelle. Cet épisode tragique a coûté la vie à un nombre considérable de personne, estimé à trois millions par Song Yongyi dans son livre dédié mais il est écrémé dans les années 1980 lorsque le régime veut reconnaître les "fautes" du maoïsme. Cependant, les manifestations de la place Tienanmen de 1989 rétablissent la censure. La réalité de cet épisode n'est donc pas connu des Chinois. Les plus démunis regrettent cependant le temps d'une pauvreté digne et partagée de façon égale après l'ouverture à l'économie de marché. Dans le monde occidental, la Révolution culturelle a suscité engouement, fascination et incompréhension dans les années 1970, avant de tomber dans l'oubli à la fin du siècle et au-delà[30].

Dans les deux dernières années de sa vie, Mao Tsé-toung a été confronté à une vive opposition à sa politique. Après sa mort, Deng Xiaoping s'emploie à démanteler la majeure partie de son héritage. L'ancien secrétaire général du PCC consacre l'économie libre-échangiste, la gestion collective du pouvoir et l'abandon de la lutte des classes. La Chine post-maoïste est politiquement communiste et économiquement capitaliste. Son travail est souvent analysé par opposition au maoïsme. En conséquence, il a façonné le communisme chinois en quarante ans et a été le seul des dirigeants de la terre du Milieu à engager vraiment le pays dans le modèle socialiste. Son héritage économique n'est pas retenu puisque c'est la politique de ses successeurs qui permet à la Chine d'entrer dans le XXIe siècle à la quatrième place des économies mondiales, avant de devenir troisième en 2010 et finalement première en 2015. Avec lui disparaît aussi le dernier des fondateurs du parti[31][32][33][34][35][36].

Dans les aspects positifs, doivent être notés la rapide progression du secteur industriel et le retour à la croissance dans le monde agricole, ainsi que le développement des infrastructures comme l'amélioration des routes et la construction de chemins de fer, et enfin l'accessibilité de l'électricité pratiquement partout. On observe également l'augmentation du niveau de vie passé à 65 ans. Pour les femmes, elles ont acquis l'égalité des sexes et l'accès au travail. L'éducation populaire s'est aussi considérablement développée avec la construction de nombreux collèges et écoles et l'alphabétisation a beaucoup progressé. Dans le même temps, quand Deng Xiaoping prend le pouvoir e 1978, il hérite d'une Chine aux 6,5 milliards de yuan de déficit, aux 20 millions de chômeurs et aux 100 millions environ de sous-alimentés[37].

Mao Tsé-toung a instauré le premier régime durable depuis la chute de l'empire millénaire, faisant de lui une personnalité majeure de l'Histoire de son pays. Il est probablement le Chinois le plus connu au monde.

Anecdotes Modifier

  • Au cours de son éducation, il a appris l'anglais sans jamais parvenir à le maîtriser.
  • Pendant les manifestations de 1989 sur la place Tiananmen, trois étudiants maculent d’encre le portrait du président Mao qui surplombe la place le 23 mai, écopant ainsi d’une peine d’emprisonnement qu’ils purgent jusqu’en 2006, soit seize ans, et ressortent avec des troubles mentaux et un régime d’interdictions strict. Ils s’expatrient à l’étranger, deux aux États-Unis, un au Canada, et y obtiennent l’asile politique. Trois autres atteintes ont eu lieu depuis et ont été punies de peines d’emprisonnement néanmoins plus légères (en 2007, 2010 et 2014).

Références Modifier

  1. Jung Chang et Jon Halliday, Mao : l'histoire inconnue, tome II, folio histoire, 2011
  2. Jean-Luc Domenach, Mao, sa cour et ses complots, Fayard, 2013
  3. Jung Chang et Jon Halliday, Mao : l'histoire inconnue, tome II, folio histoire, 2011
  4. Jean-Luc Domenach, Mao, sa cour et ses complots, Fayard, 2013
  5. Jung Chang et Jon Halliday, Mao : l'histoire inconnue, tome II, folio histoire, 2011
  6. Jean-Luc Domenach, Mao, sa cour et ses complots, Fayard, 2013
  7. Jung Chang et Jon Halliday, Mao : l'histoire inconnue, tome II, folio histoire, 2011
  8. Jean-Luc Domenach, Mao, sa cour et ses complots, Fayard, 2013
  9. Jung Chang et Jon Halliday, Mao : l'histoire inconnue, tome II, folio histoire, 2011
  10. La mort du président Mao vue la télévision française (1976)
  11. Mausolée de Mao Zedong
  12. Mausolée de Mao Zedong, Pekin
  13. « Il n’y a pas de consensus sur Mao en Chine »
  14. Song Yonggyi, Les massacres de la Révolution culturelle, Buchet Chastel, 2008
  15. Jean-Luc Domenach, Mao, sa cour et ses complots, Fayard, 2013
  16. Le lourd héritage de Mao
  17. La chute de Bo, l'héritage de Mao
  18. Mao Zedong dans l'historiographie et le discours officiel chinois aujourd'hui
  19. En Chine, le règne de Xi, « Mao moderne »
  20. « Il n’y a pas de consensus sur Mao en Chine »
  21. Mao Zedong dans l'historiographie et le discours officiel chinois aujourd'hui
  22. Ce qu'il reste de l'héritage de Mao en Chine
  23. Pas de pitié pour la statue géante de Mao
  24. Chine : la statue géante de Mao Tsé-Toung a été détruite
  25. « Il n’y a pas de consensus sur Mao en Chine »
  26. Ce qu'il reste de l'héritage de Mao en Chine
  27. Linda Benson, La Chine depuis 1949, Éditions de l'université de Bruxelles, 2012
  28. Jung Chang et Jon Halliday, Mao : l'histoire inconnue, tome II, folio histoire, 2011
  29. Linda Benson, La Chine depuis 1949, Éditions de l'université de Bruxelles, 2012
  30. Song Yonggyi, Les massacres de la Révolution culturelle, Buchet Chastel, 2008
  31. Jung Chang et Jon Halliday, Mao : l'histoire inconnue, tome II, folio histoire, 2011
  32. Alain Bouc, La Chine à la mort de Mao, Éditions du Seuil, 1977
  33. Ce qu'il reste de l'héritage de Mao en Chine
  34. Le plénum sous le spectre de Mao
  35. La chute de Bo, l'héritage de Mao
  36. Mao Zedong dans l'historiographie et le discours officiel chinois aujourd'hui
  37. Linda Benson, La Chine depuis 1949, Éditions de l'université de Bruxelles, 2012

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