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Marie-France Garaud
Informations biographiques
Naissance

Marie-Françoise Quintard
6 mars 1934
Poitiers, Vienne (France)

Décès

-

Nationalité

Française

Parti politique

RPR (pas officiellement)
RPF (1999)

Conjoint(e)

Louis Garaud

Enfants

2 fils

Diplôme

Faculté de Poitiers

Profession

Avocat

Religion

Catholicisme

Résidence

7e arr., Paris (France)


Marie-France Garaud (6 mars 1934 - ...) est une conseillère et femme politique française.

L'historien Jean-Paul Cointet juge qu'elle « se situe dans la filiation des conseillers du prince, que taraude l'envie de l'action et que retient l'inévitable désenchantement de celle-ci »[1].

Jeunes années Modifier

Jeunesse et études Modifier

Née Marie-France Quintard, le 6 mars 1934 à Poitiers,dans une famille bourgeoise, elle est la fille d'un avoué cossu, conseiller général d'un canton du sud de la Vienne. Après des études de droit à la faculté de Poitiers, elle devient avocat au barreau de Paris[2][3].

Vie privée Modifier

Elle a épousé Louis Garaud, en 1959, avocat discret de Poitiers issu d'une longue lignée de gens de robe et d'universitaires, devenu avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation. Le couple a deux fils et des petits-enfants[4][5][6][7].

Elle pratique la chasse et l'équitation[8].

Dans les cabinets Modifier

Présidence de Charles de Gaulle (1957-1968) Modifier

A vingt-trois ans, elle monte à Paris où elle devient attaché juridique au ministère de la Marine (1957-1960), puis elle rejoint le cabinet de son ancien professeur de droit civil à la faculté de Poitiers Jean Foyer en 1961, au ministère de la Coopération puis au ministère de la Justice jusqu'en 1967. Elle y est attachée parlementaire puis chargée de mission, elle rend ainsi bien des services et dispose d'une solide expérience du milieu parlementaire.

Au moment du remaniement ministériel de cette dernière année, elle serait allé proposer ses services à l'hôtel de Lassay, siège de la présidence de l'Assemblée nationale, mais les économies nécessaires à réaliser auraient poussé un des membres du cabinet de Jacques Chaban-Delmas à la refuser. Cependant, repérée par Georges Pompidou lorsqu'elle était à la Justice, le Premier ministre lui fait intégrer son cabinet à Matignon en 1967, en tant que chargée de mission[9]. Elle se trouve à l'Assemblée nationale lorsqu'elle reçoit un billet de Pierre Juillet, qu'elle ne connait pas encore, pour une convocation à Matignon. Georges Pompidou, en vue de l'élection présidentielle, juge ses services utiles pour une ouverture au centre, dans la mesure où elle s'entend avec René Pleven, Joseph Fontanet et Jacques Duhamel. Elle aurait fait "des pieds et des mains" pour y entrer[10].

Conseillère du président Pompidou (1968-1974) Modifier

Après la démission de Georges Pompidou en 1968, elle fait partie de la poignée de fidèles qui cotoient Pompidou et écoutent ses critiques du gouvernement[11]. Lors de l'affaire Markovic, elle prend vigoureusement sa défense[12]. Pendant la campagne de 1969, elle obtient des ralliement de centristes d'opposition comme René Pleven, Joseph Fontanet et Jacques Duhamel. Ni Garaud ni Juillet ne sont consultés pour la formation du gouvernement. Elle devient conseiller technique au secrétariat général de la Présidence lorsque Georges Pompidou s'installe à l’Élysée, et y reste jusqu’en 1974, date du décès du président.

Elle forme avec Pierre Juillet un tandem redouté, le "couple diabolique", tant leur influence est importante. Ensemble, ils sont ceux qui font et défont les ministres et leur politique. Ils ont l’oreille du président de la République qui leur accorde toute sa confiance et auquel ils ont un accès permanent. Ils forment un fameux "cabinet noir", plus attiré par un rôle d'influence que par une action politique directe. Michel Jobert, dans un de ses ouvrages, parle de "conseillers de la nuit" car leurs agissements ne sont pas toujours officiels. Leur bureau est situé en face de celui du président, avec lequel ils sont en contact quotidien.

Ils mènent une entreprise de démolition du Premier ministre Jacques Chaban-Delmas dont ils contestent fortement le projet de "Nouvelle Société", bien qu'elle ait par ailleurs de bonnes relations avec l'un des inspirateurs, Jacques Delors[13]. Ils téléphonent chaque matin au secrétaire général de l'UDR, René Tomasini, de façon à mettre des bâtons dans les roues du Premier ministre chaque jour. Dans le duo, Marie-France Garaud est surtout chargée d'aller à la rencontre des parlementaires pour mener à bien leurs plans[14]. Elle fait notamment remonter les plaintes de parlementaires qui notent la négligence du Premier ministre à leur égard[15]. Les manières de Jacques Chaban-Delmas agacent, comme l'explique Marie-France Garaud : "Il existe une règle non écrite dans nos institutions. En cas de désaccord entre le président et le Premier ministre, rien ne doit sortir de l'Élysée. Or avec Chaban, par intempérance de langage ou par habitude des mœurs d'une république précédente, on en retrouvait le compte rendu le lendemain dans France-Soir. On ne doit pas faire pièce au roi par l'extérieur!"[16].

Pierre Juillet et Marie-France Garaud sont les inspirateurs du référendum de 1972 sur l'élargissement de la Communauté européenne à plusieurs pays dont le Royaume-Uni. Jean-René Bernard et Jean-Bernard Raimond, compétents sur ces sujets, apprennent la nouvelle quand le président l'annonce aux Français. Leur but est faire un mauvais coup au Premier ministre mais le fort taux d'abstention (40%) déjoue le plan[17].

Il est remplacé par Pierre Messmer. Marie-France Garaud dit qu'"on savait que Messmer gommerait d'un seul coup, par sa seule présence, l'image d'affairisme accolée au régime. Avec lui on ne parlerait plus d'argent, alors qu'avec Chaban on n'aurait jamais pu empêcher quelqu'un de crier, dans une salle, durant la campagne électorale : "Et tes impôts!""[18].

Conseillère de Jacques Chirac (1974-1979) Modifier

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A la mort de Georges Pompidou, Marie-France Garaud est promue conseiller référendaire à la Cour des comptes par Alain Poher[19]. Avec Pierre Juillet et Jacques Chirac, ils soutiennent la candidature de Valéry Giscard d’Estaing à la présidence de la République[20], mais elle se montrera ensuite très critique sur le président, sur son approche de la fonction[21]. Il explique ensuite l'avoir fait pour éviter l'arrivée au pouvoir des communistes[22]. Le 4 avril, après les obsèques de Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing a promis à Pierre Juillet et Marie-France Garaud de laisser une marche de manœuvre à son Premier ministre[23]. Jacques Chaban-Delmas l'accuse d'avoir monté la candidature d'Edgar Faure pour le destabiliser, car cela l'a effectivement poussé à déclarer sa candidature avant même que les funérailles de Georges Pompidou aient eu lieu, marquant le début d'une campagne ratée[24]. La tactique consiste à multiplier les candidatures à droite pour permettre à Pierre Messmer de s'imposer comme ultime recours[25].

Elle s’attache alors au tout jeune Premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac. Il devient « son » poulain et elle va tout faire, avec Pierre Juillet, pour lui ouvrir les portes qui mènent à l’Élysée, sûre qu’il a un avenir présidentiel. Elle refuse la direction du cabinet que Jacques Chirac lui propose à Matignon pour ne pas être "attelée comme un cheval". Le duo s'est entiché de lui dès 1967, alors qu'il n'était que secrétaire d'État à l'Emploi[26][27]. Les plus perfides disent alors qu’elle « s’est trouvée une marionnette dont elle va tirer les ficelles ». Elle dit elle-même que Jacques Chirac est le fils que Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chaban-Delmas auraient pu avoir ensemble. Dans le cadre de la campagne interne à l'UDR, elle aide Jacques Chirac, avec Tomasini et Charles Pasqua, en obtenant par exemple le soutien du secrétaire général du parti Alexandre Sanguinetti. Jacques Chirac est élu secrétaire général le 14 décembre par 57 voix contre 27.

En 1978, elle provoque la candidature d'Edgar Faure pour empêcher Jacques Chaban-Delmas d'être élu président de l'Assemblée nationale [28]. Son échec pèse lourd dans le discrédit du tandem Garaud-Juillet.

C’est elle, dit-on, qui pousse Chirac à démissionner. Elle, aussi, qui lui suggère de créer un nouveau parti politique néo-gaulliste censé le porter au pouvoir, le RPR. Elle, toujours, qui joue un rôle actif dans la victoire de Chirac à la mairie de Paris en 1977. Elle, enfin, qui va lui « dicter » le fameux « appel de Cochin » en 1979. Las, ce dernier discours est le faux pas qui va mettre un terme à son ambition. « Le parti de l’étranger » fustigé par Chirac provoque un fameux scandale. Le Premier ministre Raymond Barre dit sa "tristesse" devant l'"enflure du propos" et moque l'"éloquence du menton"[29]. Jacques Chirac se sépare de son âme damnée. Elle lui reprochera longtemps de ne pas l’avoir suivie et de ne pas avoir eu la reconnaissance qu’elle pensait mériter. Ce départ aurait été fait sous pression de Bernadette Chirac, qui assurait "Ce sera elle ou moi!", pensant que la "Walkyrie guerrière" manipule son mari. Marie-France Garaud a eu à l'égard de Bernadette Chirac une attitude très hautaine, la jugeant incompétente en politique et la déconsidérant jusque dans son rôle d'épouse du Premier ministre, comme lorsqu'elle l'a apostrophé en octobre 1975 avant un dîner officiel à Matignon "Qu'es-ce que vous faîtes là, vous ? Vous avez vu l'heure ! Allez vous habiller !" ou bien lors d'un dîner où elle lui reproche de ne pas savoir tenir une maison parce que la langouste n'est pas assez cuite. Ensuite, dans une interview pour Elle à Christine Clerc, Bernadette Chirac enfonce le clou : "C'est une femme intelligente et pleine de charme. Mais elle a beaucoup de mépris pour les gens. Elle les utilise, puis les jette. Moi, elle me prenait pour une parfaite imbécile". Pour Jacques Chirac, l'entrevue est terrible : "C'est Hiroshima !"[30]. Elle reprend son poste à la Cour des comptes.

Engagement politique Modifier

Candidature à l'élection présidentielle de 1981 Modifier

Dans l'émission L'événement du 23 octobre 1980, répondant aux questions de Julien Besançon, Marie-France Garaud annonce sa candidature à l'élection présidentielle française de 1981 : "je ne roule pour personne, je défends des idées ; les hommes politiques français disent tous la même chose ; la démocratie c'est la vérité, les Français peuvent l'accepter ; pour faire accepter ce discours je suis prête à me présenter à la présidence de la République, oui je suis candidate ; je suis une femme, libre et je me bats pour mes idées"[31]. Dans son passage télévisuel du 13 avril 1981, elle lit publiquement une lettre qu'elle a envoyé quatre mois plus tôt au président de la République Valéry Giscard d’Estaing, dans laquelle elle émet ses déceptions[32]. Son directeur de campagne est Pierre Appaillange, conseiller à la cour des comptes[33].

Son programme est le suivant :

  • Acheter français : face aux entreprises étrangères qui conquièrent des marchés en France (15% du marché français selon elle) dans des domaines où la France produit pourtant elle-même les matières premières, il faut abaisser les coûts de production (charges fiscales, sociales et financières, et non salariales car les salaires sont moins élevés en France que dans des pays comparables comme l'Allemagne) et favoriser leurs possibilités d'investir. Les économies peuvent aussi être faites en instituant un "ticket modérateur" pour le risque mineur compensé par une mutualité publique ou privée, en limitant les remboursements selon les revenus, réformer le système hospitalier, "gouffre parce qu'il n'est pas géré et que personne n'est responsable".
  • Redonner vie à nos régions : lutter contre l'"uniformisation" par l'institution de de siccards et de fonds régionaux. Donner plus de pouvoir aux conseils régionaux pour favoriser leur action sur un point intéressant de leur territoire local.
  • Construire des liens avec le reste du monde : importer nos produits et nos méthodes (la France étant un pays à vocation agricole) dans les pays en peine de ressources alimentaires ou ne difficultés d'exploitation. Ceci doit permettre d'utiliser des matière premières jusqu'alors vaines, à la fois par le pays exploité et le pays exploitant.
  • Mettre en place des "mesures de sauvegarde" comme le font d'autres pays, sans ce ça ne soit un "protectionnisme institutionnalisé".
  • Donner plus de transparence aux dialogue social. Elle met en cause la CGT, utilisée par le PFC comme un instrument de sa politique. Il faut aussi donner le droit à un employé de se présenter à une élection dans l'entreprise sans avoir à demander l'autorisation d'un syndicat.
  • Réhausser l'outil militaire.

Sa campagne, ardente, combative, est axée sur un plaidoyer en faveur des institutions de la Ve République, qu'elle juge menacées par un retour au régime d'Assemblée, sur la défense des valeurs et la dénonciation du danger d'hégémonie soviétique[34]. Elle termine avant dernière de l'élection avec le score de 1,33% des voix, soit 386 000 voix, devant Huguette Bouchardeau. Ses voix et celles de Michel Debré pèsent 3% pour l'électorat gaulliste.

Engagement souverainiste (1992-2004) Modifier

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Elle fonde en 1982 et préside depuis lors l'Institut international de géopolitique, centré sur l'économie, la politique et la stratégie internationale, qui publie la revue trimestrielle Géopolitique, laquelle entend toucher un public large et diversifié[35].

Elle est de toutes les batailles, de la droite la plus radicale et une décennie plus tard, rallie le mouvement de Philippe de Villiers. En 1992, elle bataille ferme contre l’adoption du traité de Maastricht et appelle à voter « non » au référendum. Elle devient, en 1999, député européen au Parlement de Strasbourg sur la liste présentée par Charles Pasqua et Philippe de Villiers.

Après la politique Modifier

Elle tient aujourd'hui une exploitation agricole - production de noix et élevage de moutons - dans le Poitou avec un de ses deux fils, avocat comme elle, où elle se rend toutes les fins de semaine[36].

Elle apporte son soutien à Marine Le Pen dans l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2017. Considérant que la souveraineté est l'enjeu essentiel de ce scrutin, elle vante « le sens de l'État » de la candidate FN, avec laquelle elle a échangé par téléphone dans la semaine, considérant également qu'« elle est la seule candidate qui n'est pas pieds et poings liés devant les Allemands » et qu'« elle est la seule à avoir le tempérament pour rétablir la souveraineté de la France ». L’intéressée répond dans un tweet : « Ma gratitude va à Marie-France Garaud pour son soutien inestimable. C'est une grande dame qui force le respect ». La réception est aussi chaleureuse du côté de sa nièce Marion Maréchal-Le Pen qui fut la première a réagir en parlant d'« un soutien de poids » venu d'« une femme brillante et respectée de tous » [37][38][39].

Positionnement politique Modifier

Marie-France Garaud est essentiellement une gaulliste souverainiste. Elle s’est opposée au traité de Maastricht en 1992, à la création de l’Euro en 1998 et à la Constitution pour l’Europe en 2005. La souveraineté est pour elle la liberté pour une collectivité de décider de son avenir. Elle cite régulièrement la définition qui en est donnée par Jean Bodin, à savoir quatre éléments - battre monnaie, faire les lois, rendre justice et décider de la paix et de la guerre – et déplore qu’aucun des quatre n’existent encore en raison de l’intégration européenne en partie, puisque l’euro est une monnaie unique gérée par une banque centrale européenne à Francfort, le droit français est inféodé au droit européen de la Cour de Justice européenne du Luxembourg, et la France est rentrée en 2008 dans le commandement intégré de l’OTAN américain. Ceci la conduit à penser que « nous ne sommes plus un État que l’on gouverne mais une société que l’on gère »[40].

Elle est également un partisan résolu de la Ve République dans son fondement gaulliste de 1962, à savoir le refus des partis[41]. Elle s’est par exemple opposée au passage au quinquennat en 2000[42]. Elle est l’auteur d’un mot célèbre prononcé le 16 mai 2006 sur France 2 : « Mitterrand a détruit la Ve République par orgueil, Giscard par vanité et Chirac par inadvertance »[43].

Notons aussi qu’elle ne semble pas être féministe dans la mesure où elle refuse la féminisation des noms de métiers et titres[44][45], mais qu’elle aurait soutenu la loi autorisant l’IVG de Simone Veil[46], avec qui elle a des relations courtoises semble-t’il[47].

Portrait Modifier

Personnalité Modifier

Une femme droite, un peu « sèche », « sévère », « austère », « crispée », « rarement souriante », souvent « cruelle », « manipulatrice »… autant dire que "Marie-la-France" est « soignée » par ceux qui la décrivent. Les parlementaires, comme les ministres les plus importants, les éditorialistes qui l’ont côtoyée lorsqu’elle était la conseillère spéciale de Georges Pompidou mais surtout celle de Jacques Chirac à Matignon, n’ont pas de mots assez durs. Elle est pourtant décrite comme belle et sensuelle, d'une intelligence ravageuse. Sans doute ce mélange lui vaut-il le surnom de "Walkyrie guerrière"[48][49].

Le 10 décembre 1973, Newsweek voyait en elle "la femme la plus puissante de France", ses détracteurs la traitaient de "Rastignac en jupons", de "Cruella", de "diabolique", d'"éminence grise" du président Pompidou, d'"Anaconda", l'homme qui gouverne la France", selon Le Nouvel Observateur, Françoise Giroud de "personnage terrifiant" et "d'une des femmes les plus haïes de France parce qu'elle a beaucoup humilié et au-delà"... On dit que, conseillère à l'Elysée, le seul bruit de ses talons dans les couloirs faisait frémir les ministres...

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On lui prête les meurtres politiques de Chaban-Delmas, de Sanguinetti et de bien d'autres. Elle mit, avec Pierre Juillet, Jacques Chirac sur orbite pour débarrasser la France de Valéry Giscard d’Estaing. La fondation du RPR, la démission fracassante de Jacques Chirac quand il était Premier ministre de VGE, la conquête de la mairie de Paris : c'était elle... Les grands discours de Jacques Chirac, c'était elle aussi...

Pour Arthur Conte : "Elle respire l'amitié chaude [...]. Il faut pourtant contempler le cou. C'est par lui, puissant et souple, que se trahit la Walkyrie guerrière, âpre au combat"[50].

Ses ennemis jugent "la Marie-France" cynique, intrigante et ses scrupules. Michel Jobert l'a surprise un jour à fouiller son bureau. Ses amis vantent son charme, sa perspicaicté, sa culture, son opiniâtreté et son sens de la formule devenu légendaire[51].

Catherine Nay la juge impitoyable avec les médiocres. "Elle parle net et cru, abuse des métaphores amoureuses, rustiques et guerrières. Sacher-Masoch serait mort de plaisir sous ses coups de fouet"[52].

Relations avec Jacques Chaban-DelmasModifier

Jacques Chaban-Delmas la décrit ainsi : "Intelligente, compétente, impérieuse, dure, cynique et rancunière, c'était la "Belle Dame sans Mercy". Aussi à l'aise dans les salons que Juillet l'était peu, elle lui servait, si je puis dire, d'homme de main"[53].

Le 29 ou le 30 mai 1968, après une réunion parlementaire houleuse, Jacques Chaban-Delmas lâche un "Je vous emmerde" à un de ses contradicteurs, Christian de La Malène, puis ajoute à Marie-France Garaud "Ce que je viens de dire s'adressait particulièrement à vous, madame". Le lendemain, dans le bureau de Georges Pompidou, il refuse de lui faire des excuse et elle refuse de lui serre la main, obligeant le Premier ministre à temporiser[54].

Vingt ans après la présidence de Georges Pompidou, il refuse de répondre aux questions de journalistes à son sujet. En privé, il dit cependant "Je ne sais pas pourquoi elle m'en veut à ce point. Bon, on ne va pas perdre de temps avec cette... Elle a fait beaucoup de mal, beaucoup ! Au départ de Foyer, elle est venue nous proposer ses services. Elle n'étais pas laide - elle avait du charme, même, sans doute des compétences et de l'intelligence. Pour des raisons d'exiguïté de bureau, mon chef de cabinet n'a pas trouvé à l'employer. Elle m'en a toujours voulu". Marie-France Garaud réfute la version des faits, qu'elle juge "absurde"[55]. En 1980, il déclare sur la candidature de Marie-France Garaud à l'élection présidentielle que "nous sommes en république, chacun est libre de se présenter et nous pouvons dire que la candidature à la présidence de la République est maintenant banalisée" (p.500).

Une rumeurs veut qu'une autre raison de cette relation ait était le manque de tact de Chaban vis-à-vis d'elle, l'absence de courtisanerie[56]. Pour sa part, elle se défend de toute antipathie ("Comment pourrait-on en avoir"?" précise t'elle). Elle considère que le contentieux entre Jacques Chaban-Delmas et Georges Pompidou n'est pas uniquement lié à des raisons personnelles : "Chaban n'est pas si naïf qu'il veut le faire croire. Avec Pompidou, il comprenait ce qu'il voulait bien comprendre. C'est un Poisson, ne l'oubliez pas"[57].

Carrière politique Modifier

Représentation culturelle Modifier

Garaud Chirac Juillet La Loi.JPG
  • 2013 : La Rupture (Laurent Heynemann) jouée par Géraldine Pailhas.
  • 2014 : La Loi (Christian Faure) jouée par Émilie Caen.

Citations ... Modifier

... de Marie-France Garaud Modifier

Méfiez-vous, car ce système est une sorte de manège avec des forces centripètes et des forces centrifuges. Quand on s'éloigne du centre, on est irrémédiablement aspiré à l'extérieur, dans les marges.

- A Philippe de Villiers lorsqu'il se lance en politique de façon autonome[58].


Mais Pierre avait une philosophie qu'il n'a jamais cessé de me redire : baissez la tête pour éviter les couteaux, levez les pieds pour franchir les pièges et riez. Et lorsque vous ne saurez pas de quoi rire, riez surtout de vous : c'est un sujet inépuisable.

- Entretien avec Le Monde en 2006[59].


C'est vrai qu'il avait du charme. Un charme adolescent... celui d'un être inaccompli. Le genre de charme qui exerce une tentation sur les autres. Seulement, il n'avait pas de ligne fixe.

- Entretien avec Le Monde en 2006[60].


Croyez-moi, nous n'avions pas l'intention de le conduire jusqu'à la présidence de la République. Si Jacques Chirac n'avait pas tenu à Matignon, qui n'est que de la gestion, comment pouvait-il tenir à l'Elysée, alors que la fonction réclame une vision ?

- Entretien avec Le Monde en 2006[61].


Comprenez bien : lorsque Chirac a conquis la mairie de Paris, nous nous sommes un peu retrouvés comme des parents soulagés d'avoir casé le petit dernier. D'ailleurs, d'habitude, on ne sort jamais de la Mairie de Paris pour aller plus haut. Vous conviendrez que ce n'est pas de veine....

- Entretien avec Le Monde en 2006[62].


Les gens ne sont pas assez bien pour avoir de l'audace mais ne sont pas assez mal pour faire la révolution [...] Faire une Révolution ? Je suis tout à fait pour, à mon âge je ne risque rien.

- Conférence à l'IEP de Paris le 2 novembre 2015 pour l'association Critique de la raison européenne[63].


Je crois qu'au temps des hussards noirs et des jésuites tous les hommes étaient bien éduqués. Aujourd'hui c'est abyssal.

- Conférence à l'IEP de Paris le 2 novembre 2015 pour l'association Critique de la raison européenne[64].


On confie les rênes du pays à des gens qui se comportent comme ne le ferait pas une mère de famille.

- Marie-France Garaud[65].


... sur Marie-France Garaud Modifier

Même si chacun y allait avec entrain de sa ballottade, c’était malgré tout Marie-France qui tenait par le licol tous ces pur-sang au galop d’essai. C’est elle qui frappait les formules. Vêtue de laines surannées, portant le haut chignon soigné de la Belle Epoque, elle avait une allure de grande dame. Elle mordait comme un homme. Mais souriait comme une femme qui, captant les ondes et les éloges, fait tourner la crinoline. Elle faisait voler les mots et les gros mots avec distinction. Elle savait lire les visages, connaissait l’âme humaine ; elle devinait les travers, sa culture historique lui avait fait gagner mille ans. elle anticipait les trahisons et savait se lover jusque dans les inclinations des humeurs ou les hésitations fatales. Elle semblait tout savoir du jeu des caractères, de la virevolte des sentiments. On craignait ses débordements d’ironie. Les traits sifflaient sans qu’on les voie partir. Elle avait le curare facile et la colère joyeuse.

- Philippe de Villiers sur Marie-France Garaud dans Le moment est venu de dire ce que j'ai vu.


Articles Modifier

Notes et référencesModifier

  1. Jean-François Sirinelli, Dictionnaire historique de la vie politique française au XXe siècle, PDF, 2003 (p.514-515)
  2. Jean-François Sirinelli, Dictionnaire historique de la vie politique française au XXe siècle, PDF, 2003 (p.514-515)
  3. Marie-France Garaud, au bon souvenir de Jacques Chirac
  4. Patrick et Philippe Chastenet, Chaban, Seuil, 1991 (p.363-364)
  5. Jean-François Sirinelli, Dictionnaire historique de la vie politique française au XXe siècle, PDF, 2003 (p.514-515)
  6. Marie-France Garaud, au bon souvenir de Jacques Chirac
  7. Marie-France Garaud : Libre Journal de Serge de Beketch 2006. Radio Courtoisie
  8. Patrick et Philippe Chastenet, Chaban, Seuil, 1991 (p.363-364)
  9. Jacques Chaban-Delmas, Mémoires pour demain, Flammarion, 1998 (p.446-448)
  10. Patrick et Philippe Chastenet, Chaban, Seuil, 1991 (p.363-364)
  11. Patrick et Philippe Chastenet, Chaban, Seuil, 1991 (p.335)
  12. Jean-François Sirinelli, Dictionnaire historique de la vie politique française au XXe siècle, PDF, 2003 (p.514-515)
  13. Patrick et Philippe Chastenet, Chaban, Seuil, 1991 (p.398)
  14. Jacques Chaban-Delmas, Mémoires pour demain, Flammarion, 1998 (p.448, 454-455)
  15. Patrick et Philippe Chastenet, Chaban, Seuil, 1991 (p.363-364)
  16. Patrick et Philippe Chastenet, Chaban, Seuil, 1991 (p.369)
  17. Claire Chazal, Balladur, Flammarion, 1993
  18. Patrick et Philippe Chastenet, Chaban, Seuil, 1991 (p.441)
  19. Jean-François Sirinelli, Dictionnaire historique de la vie politique française au XXe siècle, PDF, 2003 (p.514-515)
  20. Mathias Bernard, Valéry Giscard d'Estaing : les ambitions déçues, Armand Collin, 2014
  21. Marie-France Garaud, La fête des fous, 2006
  22. Passage télévisuel de Marie-France Garaud du 13 avril 1981 (INA)
  23. Patrick et Philippe Chastenet, Chaban, Seuil, 1991 (p.459)
  24. Jacques Chaban-Delmas, Mémoires pour demain, Flammarion, 1998 (p.448, 469-470)
  25. Jacques Chaban-Delmas, Mémoires pour demain, Flammarion, 1998 (p.459)
  26. Marie-France Garaud, au bon souvenir de Jacques Chirac
  27. Claire Chazal, Balladur, Flammarion, 1993
  28. Patrick et Philippe Chastenet, Chaban, Seuil, 1991 (p.490)
  29. Christiane Rimbaud, Raymond Barre, Perrin, 2015
  30. Robert Schneider, Premières dames, Perrin, 2014
  31. Candidature de Marie-France GARAUD
  32. Passage télévisuel de Marie-France Garaud du 13 avril 1981 (INA)
  33. Pierre Favier et Michel Martin-Roland, La décennie Mitterrand : Les défis (1988-1991), Éditions du Seuil, 1999
  34. Jean-François Sirinelli, Dictionnaire historique de la vie politique française au XXe siècle, PDF, 2003 (p.514-515)
  35. Jean-François Sirinelli, Dictionnaire historique de la vie politique française au XXe siècle, PDF, 2003 (p.514-515)
  36. Marie-France Garaud, au bon souvenir de Jacques Chirac
  37. Marie-France Garaud : «Marine Le Pen a le sens de l'État»
  38. Marine Le Pen remercie la gaulliste Marie-France Garaud pour "son soutien inestimable"
  39. Un nouveau soutien de poids pour Marine Le Pen : Marie-France Garaud, une femme brillante et respectée de tous.
  40. Marie-France Garaud
  41. Marie-France Garaud
  42. Rétrocontroverse : 2000, la folle bataille du quinquennat
  43. Dicocitations : le dictionnaire des citations
  44. Marie-France Garaud : « L’Allemagne est le maître de l’empire européen »
  45. Invitée de l’émission "Parlons-en", Marie-France Garaud précise son rôle auprès de Jacques Chirac, Premier ministre
  46. [C'est du moins qu'elle est représentée dans le téléfilm La Loi de Christian Faure
  47. Marie-France Garaud invitée de Radio Courtoisie (03 mars 2015)
  48. Robert Schneider, Premières dames, Perrin, 2014
  49. Marie-France Garaud, au bon souvenir de Jacques Chirac
  50. Patrick et Philippe Chastenet, Chaban, Seuil, 1991 (p.363-364)
  51. Patrick et Philippe Chastenet, Chaban, Seuil, 1991 (p.364-365)
  52. Patrick et Philippe Chastenet, Chaban, Seuil, 1991 (p.363-364)
  53. Jacques Chaban-Delmas, Mémoires pour demain, Flammarion, 1998 (p.448)
  54. Patrick et Philippe Chastenet, Chaban, Seuil, 1991 (p.363-364)
  55. Patrick et Philippe Chastenet, Chaban, Seuil, 1991 (p.363-364)
  56. Patrick et Philippe Chastenet, Chaban, Seuil, 1991 (p.363-364)
  57. Patrick et Philippe Chastenet, Chaban, Seuil, 1991 (p.405)
  58. Philippe de Villiers : «Le pouvoir n'a plus de pouvoir : c'est une clownerie»
  59. Marie-France Garaud, au bon souvenir de Jacques Chirac
  60. Marie-France Garaud, au bon souvenir de Jacques Chirac
  61. Marie-France Garaud, au bon souvenir de Jacques Chirac
  62. Marie-France Garaud, au bon souvenir de Jacques Chirac
  63. CRE Sciences Po (@CRE_SciencesPo) | Twitter
  64. CRE Sciences Po (@CRE_SciencesPo) | Twitter
  65. « On confie les rênes du pays à des gens qui se comportent comme ne le ferait pas une mère de famille »

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