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Paul Pauly
Informations biographiques
Naissance

22 juillet 1901
Aubusson, Creuse (France)

Décès

27 juin 1973 à Champagne-sur-Oise, Val d'Oise (France)

Nationalité

Française

Parti politique

Parti socialiste

Conjoint(e)

Camille Lavaud

Enfants
Diplôme
Profession

Percepteur

Religion
Résidence

Aubusson, Creuse (France)
Paris (France)


Paul Pauly (22 juillet 1901 - 27 juin 1973) est un homme politique français. Sénateur, il fut également président du Conseil général de la Creuse et maire d'Aubusson.

Jeunesse Modifier

Né à Aubusson, dans la Creuse, Paul Pauly mena toute sa carrière politique dans cette ville. Auparavant, il a été percepteur à Ahun puis à Felletin, sous l'Occupation et à la Libération. Parallèlement à ces fonctions, il est de 1926 à 1936 secrétaire départemental de la Fédération des fonctionnaires.

En 1936, il est médiateur dans divers conflits entre les salariés et les employeurs de plusieurs entreprises aubussonnaises.

Passionné de tapisserie, fils de tapissier, né dans une famille issue de plusieurs dynasties bien connues de tapissiers d'Aubusson (Blanchet, de Chanet, Corneille, Deyrolle, Jaudoin, Moluçon, du Plantadis, Vallenet... ), Paul Pauly aura à cœur, tout au long de ses mandats, de défendre et promouvoir la tapisserie d'Aubusson. Le sénateur de la Creuse contribue, en particulier, à l'acquisition par l'État de tapisseries de prestige destinées à diverses résidences de la République française, dont l'Élysée.

Après avoir participé à la Résistance, il est membre du Comité local de libération (CLL).

Carrière politique Modifier

Quatrième République Modifier

C'est à Aubusson, après la guerre, qu'il entame une carrière politique particulièrement longue. Il est élu successivement conseiller municipal de sa ville natale le 5 mai 1945, puis premier adjoint au maire le 19 mai, enfin conseiller général du canton d'Aubusson le 23 septembre 1945. L'année suivante, il devient président du Conseil général de la Creuse. Constamment réélu à ces différentes fonctions, il restera conseiller municipal et président du Conseil général jusqu'à son décès.

Le 8 décembre 1946, il est élu au Conseil de la République sur la liste SFIO. Il ne quittera plus la Haute Assemblée jusqu'à son décès.

Au Conseil, Paul Pauly siège à la commission des finances, de 1947 à 1958. Il est également membre de la commission de comptabilité de 1955 à 1958, et siège ponctuellement dans diverses commissions : production industrielle, suffrage universel, travail, affaires économiques, reconstruction, justice.

Le parcours de Paul Pauly au sein du Conseil de la République se distingue par le nombre de rapports qu'il effectue pour la commission des finances. Il est ainsi rapporteur de la commission sur les projets de loi de finances en 1946-47 et de 1950 à 1958. Il rédige généralement les rapports concernant les affaires économiques et financières, les charges communes et les services financiers.

Paul Pauly intervient régulièrement à la tribune du Conseil, en tant que rapporteur de la commission des finances, mais également lors de discussions de projets ou de propositions de loi touchant aux finances.

Paul Pauly sera successivement réélu le 7 novembre 1948 et le 19 juin 1955. Maire d'Aubusson et conseiller général de la Creuse depuis 1945, Paul Pauly est élu président de l'assemblée départementale et conseiller de la République à partir de 1946. A la Chambre haute, il acquiert très rapidement la réputation de spécialiste des questions financières. Inscrit au groupe socialiste, il vote contre le projet de loi relatif aux pleins pouvoirs le 2 juin 1958, mais pour la révision constitutionnelle.

Cinquième République Modifier

Aux élections sénatoriales de 1959, les deux sénateurs SFIO sortants de la Creuse, Paul Pauly et Gaston Chazette, se représentent devant les grands électeurs. Alors que le maire d'Aubusson est réélu au second tour, le radical Eugène Romaine l'emporte devant Chazette, alors en conflit avec le parti communiste. Au renouvellement de septembre 1962, les sénateurs Romaine et Pauly sont confirmés dans leur fonction.

De 1959 à 1968, Paul Pauly siège à la commission des affaires culturelles, puis jusqu'à son décès en 1973 à la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la nation. Au sein de ces deux commissions, il est nommé rapporteur du budget de l'éducation jusqu'en 1968, puis de l'imprimerie nationale et, enfin, des services financiers, au début des années 70. Homme d'une grande rigueur, il se plaît fréquemment à souligner lors de la discussion annuelle du projet de loi de finances, qu'une vieille déformation professionnelle l'incite « à la prudence, sinon à la méfiance, chaque fois qu'il faut parler des chiffres ».

Envisageant la fiscalité avant tout comme un instrument de redistribution des richesses et un facteur de progrès, il s'oppose à de multiples reprises aux choix budgétaires des gouvernements qui se succèdent. C'est particulièrement le cas en matière d'éducation. En tant que rapporteur de la commission des affaires culturelles ou en son nom personnel, il ne cesse de souligner la faiblesse de l'effort financier fait par l'Etat en faveur de l'école, alors que le nombre des écoliers est en pleine augmentation. Pour le sénateur de la Creuse « défendre la jeunesse, c'est mettre à sa portée tous les moyens de faire valoir ses aptitudes et ses goûts » (1963).

Ses compétences en matière financière et fiscale expliquent ses constantes désignations de 1959 à 1972 à la commission spéciale chargée de vérifier et d'apurer les comptes. Il est également choisi en 1964 pour faire partie de la commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi portant réforme du code des pensions civiles et militaires de retraite.

Sénateur d'une grande activité, Paul Pauly intervient également pour défendre les intérêts de la Creuse. En 1960, il demande l'aide de l'Etat pour faire face aux dommages causés par les inondations dans le Centre de la France, et tout particulièrement dans son département. Début 1966, après avoir eu connaissance des résultats du dernier recensement, il adresse au plus haut niveau de l'Etat, Charles de Gaulle compris, un véritable cri d'alarme. L'exode rural frappe en effet de plein fouet le département. C'est à cette époque que s'accélère, sous l'impulsion de Michel Debré, député de La Réunion, l'arrivée en métropole des enfants que l'on nomme parfois « Les Réunionnais de la Creuse » . Cet épisode, complexe et douloureux, est régulièrement l'objet de controverses.

Réélu au second tour des élections sénatoriales, le 26 septembre 1971, Paul Pauly apporte toute son expérience lors de l'importante discussion du projet de loi portant création et organisation des régions. Durant la séance du 30 mai 1972, il explique son hostilité à la mise en place de ce qu'il nomme « vingt-deux petits parlements flanqués de vingt-deux gouverneurs missi dominici de Charlemagne ou intendants de l'Ancien régime », et conclut son intervention en lançant cette mise en garde : « Votre projet, timide aujourd'hui, sera dangereux demain. Allez-vous défaire la France au moment où vous voulez faire l'Europe ? ». Comme la majorité du groupe socialiste, il vote contre cette loi.

En parallèle de son activité politique nationale, Paul Pauly conserve d'importantes fonctions locales. Constamment réélu dans le canton d'Aubusson, il continue à présider également le Conseil général de la Creuse, à partir duquel il s'efforce de favoriser la modernisation des équipements de ce département très rural. Il reste également maire d'Aubusson.

Après avoir très largement remporté les élections municipales de janvier 1971, il laisse Viktor Pakomoff, jusqu'alors premier adjoint, devenir maire. Il est aussi vice-président des maires de la Creuse et membre de la commission de développement économique régionale (CODER) du Limousin.

Paul Pauly décède en 1973. Au Sénat, il est remplacé par son suppléant, Michel Moreigne, et par André Chandernagor au Conseil général de la Creuse.

Références Modifier

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