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Accords Lausanne 2015

Le programme nucléaire de l'Iran est négocié entre 2013 et 2015. Un accord est conclu le 2 avril 2015 à Lausanne (Suisse), entre l'Iran d'une part, et les États-Unis, la Chine, l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et la Russie d'autre part, et accepté définitivement le 15 juillet[1].

Contexte Modifier

L'Iran est suspectée d'avoir mis en place un programme nucléaire militaire jusu'en 2003 et peut-être au-delà sous couvert de programme civil, mais s'est toujours opposée à une enquête sur ce programme, malgré les sanctions internationales pesant sur elle depuis lors. Après un échec en 2006, Téhéran considère la réouverture des négociations avec Washington en fin d'année 2012, car l'embargo contre l'Iran pénalise fortement le pays. Le but de cet embargo est précisément de limiter les activités suspectes autour du nucléaire iranien. L'élection d'Hassan Rohani, présenté comme modéré, succédant à Mahmoud Ahmadinejad, favorise le dialogue. Le guide suprême de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, accepte de mettre sa méfiance des Américains de côté, et de soutenir l'action au nom des intérêts économiques du pays. C'est un changement d'alliance historique qui peut intervenir, car les États-Unis avaient jusqu'alors soutenu Israël face aux puissances arabes de la région (Arabie Saoudite exceptée), tandis que l'Iran était, depuis la révolution islamiste de 1979, un adversaire certain pour eux. Hassan Rahoni rencontre le ministre américain John Kerry en septembre 2013, puis tient une conversation téléphonique avec le président Obama, une discussion inédite entre l'Iran et les États-Unis depuis la rupture des relations en 1980[2][3].

Reprise du dialogue Modifier

Plusieurs rencontres ont lieu entre les diplomates des deux pays à Genève, à Vienne, à Lausanne ou bien à New York[4]. Si les différents pays se montrent favorables à l'évolution de la diplomatie, ils buttent sur plusieurs points : durée de l'accord, modalité des levées de sanctions, nombre de centrifugeuses réduites[5].

Négociations de Lausanne Modifier

Les négociations finales commencent le 25 mars 2015, à Lausanne, en Suisse, avec les représentants de chacun des pays, ainsi que de l'Union européenne. C'est-à-dire l'Américain John Kerry, l'Iranien Mohammad Javad Zarif, le Chinois Wang Yi, le Français Laurent Fabius, l'Allemand Frank-Walter Steinmeier, le Britannique Philip Hammond, le Russe Sergueï Lavrov, et la commissaire européenne Federica Mogherini[6]. Cependant, la date butoir du 31 mars est dépassée et , le 1er avril, alors que les discussions se compliquent, Laurent Fabius et Sergueï Lavrov quittent les négociations. L'accord trouvé le lendemain prévoit la levée de l'embargo, en échange de quoi l'Iran s'engage à réduire son nucléaire, c'est-à-dire réduire de 19 000 à 6 104 le nombre de ses centrifugeuses, machines qui enrichissent l'uranium[7][8].

Un accord final devra être assuré d'ici le 30 juin 2015[9].

Réactions Modifier

Lors de son retour en Iran, Mohammad Javad Zarif est acclamé par la population dans les rues. Nombreux sont les Iraniens à manifester publiquement leurs soulagements et leurs espoirs[10].

Depuis Washington, le président des États-Unis Barack Obama salue une "entente historique avec l'Iran qui, si elle est pleinement appliquée, l'empêchera d'obtenir l'arme nucléaire". Il met cependant en garde contre toute dérive car "l'Iran sera plus inspecté que n'importe quel autre pays au monde". Des personnalités comme le président iranien Hassan Rahoni, les ministres américain et français John Kerry et Laurent Fabius, ont réagit sur les réseaux sociaux, dans une tonalité positive mais prudente. L'Union européenne et la France, par exemple, assurent que les sanctions seront réactivées en cas de non-respect de l'accord[11][12].

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, qui s'est fortement opposé à cet accord, notamment en prenant la parole devant le congrès américain sans autorisation de Barack Obama, l'accuse de menacer la paix de son pays, de la région, mais aussi du monde[13]. Son ministre des Renseignements, Youval Steinitz, a assuré que le pays conserverait son dispositif militaire tant que l'Iran posséderait l'arme nucléaire[14].

Fin des négociations Modifier

Nucléaire iranien 13 juillet 2015

Ce dossier long de douze ans est bouclé par un accord le 14 juillet 2015 dans lequel l'Iran accepte de réduire sa puissance nucléaire en échange de la levée des sanctions, mais elles seront rétablies dans un délai de soixante-cinq jours en cas de non-respect. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu parle d'une "erreur historique"[15][16].

Le 21 octobre 2015, le guide suprême d'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, apporte son soutien à l'accord sans cacher certaines réserves[17].

Références Modifier

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